La capacité en lits des trois régions septentrionales elle, est seulement de 40.

Au Cameroun, la disponibilité des ressources pour la prise en charge des patients infectés au Coronavirus par région ne rassure pas. C’est que, les capacités d’accueil des formations sanitaires publiques ne répondent plus à la demande sans cesse croissante des patients souffrants du virus mortel. En effet, les 1394 lits disposés dans les centres de traitement agréés des 10 régions sont tous occupés par les malades. Le taux d’occupation affiche d’ailleurs 100%, selon le rapport de situation de la riposte du 25 mai 2020.

Lequel renseigne que le pays ne compte que 40 respirateurs pour les 10 régions, avec cinq régions sans aucun respirateur. Pourtant, au mois d’avril, les autorités sanitaires avaient annoncé que le Cameroun s’est doté de 100 respirateurs. De sources crédibles, 45 ont déjà été réceptionnés. Ceux-ci viennent s’ajouter aux 20 respirateurs que comptais le pays avant le début de la pandémie. Ces appareils d’une importance capitale, sont utilisés lorsque la défaillance est d’ordre respiratoire. Ce qui est en général le cas avec le Covid-19.

Si le Cameroun essaie d’augmenter ses capacités de prise en charge de malades du Covid-19 de manière générale, le pays reste néanmoins sous-équipé. Malheureusement, le Grand-Nord l’est un peu plus. En fait, comme on pouvait s’y attendre, les trois régions septentrionales ne sont pas logées à la bonne enseigne. Elles ne peuvent compter que sur un seul respirateur, pour la prise en charge des malades présentant une défaillance d’ordre respiratoire (Ce qui est en général le cas avec le Covid-19). Et seule la région du Nord dispose de cet appareil. Pourtant, ils sont nécessaires pour traiter les patients les plus sévèrement atteints par le Covid-19.

La situation des lits n’est guère reluisante. L’Adamaoua en a 10, le Nord et l’Extrême-Nord 15 chacune. Soit un total de 40 lits dans la partie septentrionale. Il y a d’ailleurs deux semaines, les autorités sanitaires de cette région sonnaient le tocsin. La capacité d’accueil des deux centres de prise en charge des patients de l’hôpital régional de Maroua et l’hôpital régional annexe de Kousseri, étaient largement dépassé. Pourtant, ces deux formations sanitaires hébergent l’essentiel des patients Covid-19 sous soins intensifs.

Un cri de détresse à l’endroit des autorités administratives avait ainsi été lancé. « Il y a un sérieux problème d’espace.  L’espace de transit et celui d’hospitalisation sont occupés. Le service devient de plus en plus difficile », a indiqué le Dr Gerard Fetse Tama, directeur de l’hôpital régional de Maroua. A Ngaoundéré, l’on est conscient du déficit. « On ne peut pas dire que notre plateau technique est optimum pour répondre totalement à des besoins », avoue dans les colonnes de L’œil du Sahel, le Dr Elhadj Zakari Yaou Alhadji, délégué région de la santé publique pour l’Adamaoua.

Alternatives

Chaque responsable sanitaire y donc de sa méthode, pour trouver des alternatives. Dans la région de l’Adamaoua par exemple, « Si vous êtes positif avec un cas sévère, nous allons vous rapprocher de l’hôpital et on vous suit de telle manière que s’il y a des complications qu’on peut utiliser des équipements tels que des starters à oxygène, un aspirateur assistance respiratoire », fait savoir le délégué régional. Ce dernier remercie le ciel d’avoir permis de n’avoir pas eu jusqu’ici, des cas de Covid-19 graves ou sévères.

« Tous les cas que nous avons eu sont des cas asymptomatiques ou avec des symptômes légers que nous confinons soit au site de confinement retenu dans la ville. D’autres qui demandent la prise en charge à domicile », informe le délégué régional. Les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord ont respectivement notifiés leur premier cas les 16 avril, 18 avril et 29 avril. Selon les statistiques du 28 mai 2020 de la délégation régionale de Santé publique pour le Nord, cette région compte officiellement 87 patients atteints du Covid-19.

La région de l’Adamaoua elle, a notifié 13 cas positifs du Covid-19. L’Extrême-Nord au 25 mai, avait 89 cas, 5 décès et quatre personnels de santé infecté. Le gouvernement camerounais a récemment assoupli les mesures restrictives de lutte contre l’épidémie, rouvrant notamment les bars après 18 heures et levant les limitations sur le nombre de passagers dans les transports en commun. Ce qui a eu comme conséquence, l’explosion des contaminations. Le pays a enregistré 303 nouveaux cas et huit décès ce 29 mai 2020.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here