Elle avait d’abord été reportée en 2019, après de vives polémiques sur l’efficacité, la fiabilité et le bien-fondé du Gardasil, seul vaccin actuellement commercialisé dans le pays pour lutter contre cette maladie.

Du 23 au 27 septembre prochain, une campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus est prévue sur l’étendue du territoire national. Elle cible 339 908 jeunes filles âgées de 9 ans. Car, considérées comme n’ayant pas encore été exposées, à travers les activités sexuelles, aux risques de contamination par le virus du papillome humain (VPH), responsable de la plupart des cancers du col de l’utérus.

« Dans notre contexte, la vaccination contre le cancer du col de l’utérus se présente comme étant l’intervention la plus appropriée pour réduire la morbidité et la mortalité dues aux cancers causés par le VPH », explique-t-on au Programme Elargi de Vaccination (PEV).  Surtout que « Les jeunes sont de plus en plus émancipés donc le plus tôt c’est le mieux », fait savoir un cadre d’une administration publique.

Controverses

Cette campagne prévue du 27 novembre au 1er décembre 2019 avait dû être reportée, après de vives polémiques sur l’efficacité, la fiabilité et le bien-fondé du Gardasil, seul vaccin actuellement commercialisé dans le pays pour lutter contre cette maladie. De sources médicale, ce vaccin protège contre quatre types de papillomavirus (6, 11, 16 et 18).

Il faut trois doses, prises dans des intervalles de deux et six mois, pour une immunisation totale. Malgré ceci, la « dangerosité » de ce vaccin est toujours incriminée. « Qu’est ce qui dit que les enfants qui prendrons ce vaccin seront à l’abri. Un tel vaccin sur des enfants peut logiquement créer d’autres problèmes de santé à long terme », craint une comptable.

Effets secondaires

En tout cas, les spécialistes rassurent quant à son efficacité. Même si des effets secondaires peuvent survenir par la suite, ils sont pour la plupart légers et passagers affirment-ils. Selon nos sources, dès 2014, le gouvernement camerounais a mis œuvre un projet de démonstration de l’introduction du vaccin anti-VPH en deux phases dans les districts de santé d’Edéa et de Foumban.

Cette phase pilote a permis de vacciner 14365 jeunes filles âgées de 9 à 13 ans pour une couverture post campagne de 69% pour les deux doses. Les autorités sanitaires assurent que les surveillances des complications pots-immunisation n’ont révélé aucun problème « sérieux » chez les sujets vaccinés.

Taux de prévalence inquiétant

Au Cameroun, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer féminin le plus fréquent. Il représente un taux de 14,9%, avec un nombre annuel de nouveaux cas et de décès respectivement de 2356 et de 15461 diagnostiqué en 2018. Une étude réalisée en communauté a estimé la prévalence des VPH à 39% parmi les femmes. Cette prévalence place le Cameroun parmi les pays présentant les prévalences les plus élevées du VPH dans le monde.

Voilà pourquoi, l’Organisation mondiale de la Santé qui rappelle que le cancer du col utérin est l’une des plus grandes menaces pour la santé des femmes, soutient la vaccination. Dans un communiqué de presse de deux pages rendu public le 28 octobre 2019, l’organisation onusienne réitéré que  « la vaccination contre le VPH constitue une stratégie efficace de prévention et de contrôle du cancer du col de l’utérus ».

A noter qu’il existe deux moyens efficaces pour le prévenir : le dépistage précoce (frottis) et la vaccination contre le HPV pour la prévention primaire avant le premier rapport sexuel.

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