(Lurgentiste.com)– Raphaël Nitcheu, le directeur général du « Labo Nitel » avait le visage grave ce 11 septembre 2021. Normal. Le sujet abordé face à la presse à Yaoundé l’était tout autant. Il s’agissait ni plus ni moins, d’un point de presse sur « la circulation d’une version contrefaite du Drépanovax», un médicament développé par ce laboratoire de recherche Ethnobotanique des plantes issues de la flore africaine et camerounaise et utilisé dans la lutte contre la drépanocytose.

« Un réseau d’individus sans foi ni loi, excellant dans la contrefaçon, l’usurpation de titre, arnaque et escroquerie commercialise une version contrefaite et d’origine douteuse du drépanovax sur l’ensemble du territoire camerounais et au-delà », dénonce le Directeur général de ce laboratoire.  Comme mode opératoire, « ce réseau d’arnaque publie régulièrement des informations concernant le Drépanovax sur les réseaux sociaux en particulier sur Facebook », explique Raphaël Nitcheu.

L’affaire remonte à plusieurs semaines déjà affirme-t-il. Son équipe et lui disent avoir été alertés par des patients. Son laboratoire « décline toutes responsabilités des actes délictueux posés par ce réseau de faux agents se réclamant travailler pour le compte du LABO NITEL et attire l’attention de ses patients à plus de vigilance, sous réserve de poursuites judiciaires contre tous ces délinquants devant les tribunaux pour leurs actes criminels ». A la question de savoir comment distinguer les deux produits, le staff du Labo Nitel fait savoir que la couleur (Maron) du produit « contrefait » est différente de la sienne (noir).

En réalité, Raphaël Nitcheu accuse son ancien collaborateur d’être à la tête de ce réseau. « Dans un premier temps ce monsieur a contacté M. Nitcheu pour être son webmaster. La collaboration n’a pas été franche. Nous avons dû nous en séparer », confie le staff de Raphaël Nitcheu. Ce que réfute cet ancien collaborateur contacté par L’urgentiste. «Je ne sais pas fabriquer ce produit et je ne l’ai jamais fait. Ils ont besoin d’un bouc émissaire pour justifier leur baisse d’activité », se défend ce dernier.

Divorce

Selon lui, le divorce remonte à mars 2021. «Je faisais le travail de rabattage pour lui. Je lui ramenais des clients et j’avais une commission. J’ai pris mes distances à cause des plaintes de plusieurs plaintes des parents qui ne trouvaient pas guérison. J’ai d’ailleurs passé le temps à réconforter les parents qui après deux ans de traitement, leurs enfants ne trouvaient pas guérison », poursuit cet informaticien.

Et de conclure : « Ils n’ont jamais guéri personne et n’ont pas une autorisation de mise sur le marché. Avoir un brevet d’invention ne vous donne pas l’autorisation de commercialiser votre produit». En effet, le 26 septembre 2019, dans un communiqué radio presse, le ministre de la Communication annonçait que le Drépanovax ne bénéficie pas pour le moment, d’une autorisation de mise sur le marché.

En tout cas, le Drépanovax a obtenu un certificat de non toxicité de l’Institut de Recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM) en 2008. D’après le promoteur, les équipes du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome) ont entre mars 2018 et mai 2019, évalué la qualité de son produit. Elles ont conclu que « l’utilisation du Drepanovax n’est pas toxique pour l’organisme. Il n’affecte ni le foie, encore moins les reins ».

A noter que pour accéder au traitement extrait des plantes camerounaises, il faut au préalable ouvrir un dossier de prise en charge à l’agence centrale dudit laboratoire à Yaoundé. Ce dossier doit comporter le résultat de l’examen d’électrophorèse d’hémoglobine, précise-t-on ici.

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