Chambre des comptes. Emile Mboudou et Arthur Essomba à la barre pour faute de gestion

Lurgentiste.com – Le Pr Emile Mboudou, directeur de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala (HGOPED), et le Pr Arthur Essomba, ancien directeur général du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé, ont comparu le 18 juin dernier devant un jury de la Chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun. Ils sont poursuivis pour fautes de gestion dans la conduite des affaires de ces deux importantes formations sanitaires publiques.

Le verdict est attendu pour le jeudi 3 juillet 2025, après la mise en délibéré de l’affaire. Selon des sources proches du dossier à la Chambre des comptes, les deux responsables ont présenté des justificatifs aux griefs retenus, sans que le contenu exact des reproches ne soit rendu public.

Périodes scrutées

L’audience publique ordinaire portait sur l’examen de la gestion financière et administrative des deux responsables hospitaliers durant leur mandat. Pour le Pr Mboudou, la période concernée s’étend de 2015 à 2020, tandis que pour le Pr Essomba, elle couvre les années 2016 à 2021, soit juste un an après son arrivée à la tête du CHU. Chaque dossier a été instruit par un jury composé, entre autres, de la magistrate Wack et d’un représentant du ministère public.

Des têtes couronnées du système sanitaire

Le Pr Emile Mboudou est une figure de premier plan dans le paysage médical camerounais. Gynécologue-obstétricien de renom, il préside la Société camerounaise de gynécologie-obstétrique (Sogoc), ainsi que le Comité de spécialisation en médecine du CAMES (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur). À la tête du HGOPED, il a notamment mis en place un centre de procréation médicalement assistée, destiné à prendre en charge les problèmes croissants d’infertilité dans la population.

Le Pr Arthur Essomba, quant à lui, a dirigé le CHU de Yaoundé de septembre 2015 à avril 2023. Chirurgien digestif de formation, il a également occupé le poste de directeur de l’organisation des soins et des technologies sanitaires au ministère de la Santé entre 2008 et 2015. C’est sous sa direction qu’ont débuté les travaux de réhabilitation du plateau technique du CHU dans le cadre du Plan d’urgence triennal. Il avait publiquement dénoncé les retards considérables de ces travaux, qui ont lourdement impacté le fonctionnement de l’établissement entre 2016 et 2021.

Crise

Durant la période analysée, le CHU de Yaoundé a connu une profonde dégradation de son plateau technique, due à l’absence de maintenance appropriée et au non-renouvellement des équipements. Le paiement des salaires du personnel a été irrégulier, entraînant huit arrêts de travail entre 2015 et 2021. Les patients dialysés ont manifesté à plusieurs reprises leur mécontentement face aux ruptures de soins.

L’établissement a également enregistré une baisse de fréquentation de 22 % par rapport à son taux d’activité de 2019. Enfin, les recettes mensuelles de l’hôpital ont chuté de près de 50 %, traduisant un effondrement progressif de sa viabilité financière.

Ces dysfonctionnements nourrissent les soupçons de mauvaise gestion, bien que les proches des mis en cause évoquent un contexte budgétaire difficile et des contraintes structurelles qui auraient limité leur marge de manœuvre.

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.
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