"Nous avons aussi droit à la vie".

(Lurgentiste.com)–   Au Cameroun, 4116 cas de violences ont été recensés en 2021. Elles ont été faites sur les minorités de sexe et de genre (MSG). Précisément, sur les lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et Queers (LBGBTQI). De ces chiffres, 2936 sont celles psychologiques, soit 71%. Les injures, la diffamation, les discours haineux, la discrimination, etc en sont quelques-unes, tel que le relève le rapport national annuel 2021 des violences et violations faites aux minorités sexuelles et du genre au pays rendu public le 13 mai dernier.

Bien plus. Ces violences psychologiques sont la cause de nombreuses maladies mentales pouvant entrainer la dépression, le stress post-traumatique, les insomnies, les angoisses permanentes ou les tentatives de suicide, les suicides. « Nous avons eu plusieurs cas de suicide par le passé. Surtout les personnes transgenres qui vivaient renfermées et lorsqu’elles exprimaient leur genre, elles étaient violentées, molestées et la seule solution pour elles c’était de se suicider en laissant des lettres », explique Michèle Engama, Président de la plateforme Unity.

Pour les 34 organisations de la société civile ayant travaillé à la production et publication dudit rapport, il y a lieu de s’inquiéter. « Tout être a le droit de vivre en paix, en joie et psychologiquement épanouie. Dès lors que quelqu’un est déjà psychologiquement atteint, comme disent généralement les médecins, même si vous prenez les médicaments vous n’aurez pas la guérison », indique le Président de la plateforme Unity.

Cependant, l’inquiétude vient aussi de ce que ces chiffres vont crescendo. En effet, « Les organisations dans leurs rapports annuels présentaient déjà 500 cas de violences au Cameroun en 2018. Il y a eu une certaine évolution parce que de 578 cas, nous sommes passés à 1380 cas de Violences. Puis nous nous sommes retrouvés à 2034. Aujourd’hui nous en sommes à plus de 4000 cas de violences faites en direction des minorités sexuelles et du genre au Cameroun », explique Jean Jacques Dissoke, membre du comité de rédaction du rapport

Répercussions

Mais ce n’est pas tout. Au Cameroun, ces différentes violations ont eu des répercussions significatives sur le plan de la santé, notamment dans le cadre de la lutte contre le VIH. En effet, « la discrimination et la stigmatisation vécues dans les milieux de soins est un facteur qui tend à éloigner les MSG des milieux de soins », regrettent ces OSC spécialisées dans les Droits de l’Homme. Aussi, cet état des choses est un frein pour l’atteinte des objectifs 95/95/95 relatifs au dépistage, au traitement et à la suppression de la charge virale au sein des populations clés soutiennent-elles.

Fort de ceci aujourd’hui donc, « On voudrait s’adresser à certaine personne pour la prise de certaines mesures. Elles peuvent être d’ordre législative, judiciaire, programmatiques au niveau de certains ministères », préconise Eva Mayer Etongue, experte en Droits de l’Homme. D’ailleurs, dans ce rapport de 31 pages intitulé « Le cri d’une communauté. De la désinformation au drame », des recommandations ont été faites à plusieurs institutions. Notamment le Parlement, certains ministères comme de la Justice, la Défense, le ministère de la Santé, les partenaires au développement qui soutiennent le mouvement. « Ce que nous attendons de manière concrète c’est que le rapport soit diffusé et que les différentes recommandations fassent l’objet d’une attention particulière par rapport à tous les acteurs qui sont concernés », conclut Eva Mayer.

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