Un malade extirpé de la rue.

(Lurgentiste.com)– L’opération baptisée « Zéro malade mental dans les rues de Yaoundé » lancée en 2021 se porte bien. En un an, elle a permis de retirer environ 300 malades des rues de la capitale politique du Cameroun. La moitié d’entre eux « vit en communauté, c’est-à-dire que les familles ont accepté de reprendre les leurs, et ces derniers sont pris en charge à domicile par des bénévoles spécialisés en santé mentale », explique le Dr Laure Menguene, psychiatre et sous-directrice de la santé mentale au ministère de la Santé (Minsanté).

Pour ce qui est de l’autre moitié, elle est prise en charge au « village de l’Amour », l’espace aménagé dans l’enceinte de l’hôpital Jamot avec le soutien de la Communauté urbaine de Yaoundé et dédié à la campagne. Depuis le démarrage de cette opération, « beaucoup de malades retrouvent la santé », se satisfait le Dr Menguene. À date, apprend-on, une quarantaine de patients se trouve dans un état « stables », dans le centre de réhabilitation. « Nous invitons les personnes sceptiques à faire un tour au Village de l’Amour, pour voir nos frères et sœurs qui hier, étaient appelés fou, revenus dans un état de bien-être », se targue la psychiatre.

Chiffre en augmentation

Plus réjouissant encore à ses yeux, le nombre de malades extrait des rues est en augmentation. En effet, février 2022, l’effectif des personnes atteintes des maladies mentales ayant intégré le « Village de l’Amour » affichait 1572. Au mois de juin dernier, une dizaine de patients a été ajouté à cette liste. Rendu à ce mois d’octobre en cours, l’on dénombre en moyenne 300 patients pris en charge par les services compétents. « C’est une activité qui est en marche, qui progresse et qui fait des émules. Certains maires des grandes villes du Cameroun veulent s’inspirer de l’expérience de la ville de Yaoundé en matière de gestion des malades mentaux errants », s’enorgueillit Luc Messi Atangana, maire de la ville de Yaoundé.

Et ce dernier de rappeler que la mairie de Yaoundé a mis en place un comité interministériel pour organiser et gérer la prise en charge communautaire des personnes atteintes des maladies mentales, errantes dans la ville. « Nous sommes à presqu’un an de cette opération de retrait des malades mentaux dans les rues et nous constatons qu’il n’y a en plus assez. Là où nous les conduisons à l’hôpital Jamot, ces malades retrouvent leur santé », se satisfait l’édile.

C’était au cours de la réunion d’évaluation de cette campagne de sensibilisation communautaire pour la prise en charge des personnes atteintes des maladies mentales, présidée par ses soins. Elle a réuni les responsables de la maire de ville de Yaoundé et ceux du Minsanté et a servi de prétexte à la présidente en charge de cette opération, le Dr Laure Menguene, de faire un bilan à mi-parcours.  « C’est le lieu de remercier les pouvoirs publics, la communauté urbaine, le ministère de la Santé et tous les donateurs qu’on a dans le cadre de cette activité », a-t-telle déclaré.

Pour rappel, cette campagne a pour but de venir en aide aux personnes atteintes des maladies mentales et leur donner une chance de se réintégrer dans leurs cellules familiales. Cette initiative de la Communauté urbaine de Yaoundé, en partenariat avec le Minsanté se fonde sur une disposition de l’article 218 de la loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées. Elle vise aussi à faire changer les regards portés sur des personnes atteintes des maladies mentales.

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