Dans certaines formations sanitaires, ils représentent près de 60 %.

Le climat social qui prévaut dans certaines formations sanitaires (Fosa) camerounaises a été passé au scanner vendredi 7 mai dernier. La session du dialogue social entre le ministère de la Santé publique et les partenaires sociaux du secteur de la santé a permis de dresser un tableau sombre de celui-ci, notamment dans les Fosa de trois régions : le Centre, le Littoral et l’Ouest. D’après la mission conjointe effectuée par Jean Jacques Andjongo, Inspecteur des services n° 5 au Minsanté, la majorité des Fosa ne respecte pas les textes réglementaires appliqués à la gestion des quotes-parts, des primes et prise en charge des personnels. Le constat fait est aussi celui d’un déficit criard en ressources humaines.

Plus grave, ces personnels souffrent d’une rémunération faible et irrégulière alors que certains présidents des comités de gestion s’octroient des charges et avantages qui sont « supportés par des Fosa à l’équilibre financier le plus souvent précaire ». Pour ne rien arranger, 4453 personnels sont en situation de précarité dans les Fosa publiques au Cameroun. Il s’agit des personnels occasionnels, temporaires et saisonniers. Dans certaines formations sanitaires, ils représentent près de 60 %. « Ce qui fait qu’à la fin du mois, il y en a qui ne sont pas payés », fait observer Bala Bala, président du Synpems.

Par ailleurs, le recensement des personnels précaires dans les Fosa a présenté des effectifs en inadéquation avec la catégorie de l’hôpital, selon Élysée Eyenga, Directeur des ressources humaines (DRH).  Les présidents du Syndicat national des personnels médico-sanitaire (Synpems) et du Syndicat national des personnels des établissements/entreprises du secteur de la santé au Cameroun (Cap/santé) ont d’ailleurs dénoncé des licenciements des personnels régulièrement en activité au sein de leur structure par les responsables des structures sanitaires au profit de nouvelles personnes.

« Des recommandations ont été formulées au terme de ladite mission allant dans le sens d’améliorer les conditions des personnels de santé. Parmi celles-ci, la réactivation du Comité de suivi du dialogue social Minsanté-partenaires sociaux », fait savoir le chef de la cellule de communication du Minsanté. Selon Claver Nken, au sujet du recrutement des personnels, le Dr Manaouda Malachie a souligné que des plaidoyers ont été menés au niveau de la haute hiérarchie, mais les disponibilités financières n’ont pas rendu possible l’absorption d’un grand nombre par la Fonction Publique.

Sauf que ces solutions sont loin de convaincre les syndicalistes. « Nous nous sommes rencontrés, les problèmes restent les mêmes », regrette Sylvain Nga Onana, Président de CAP/Santé. Ce d’autant plus que le texte sur la prise en charge des personnels de santé dans les Fosa demeure inappliqué. Alors que les syndicats évoquent une mauvaise volonté des dirigeants des hôpitaux, « Le Ministre a alors instruit la mise sur pied d’un groupe de travail pour l’examen dudit texte ».

 

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