Cette maladie causée par différentes bactéries parmi lesquelles le méningocoque a déjà tué 64 personnes depuis lors. Une campagne de vaccination à l’attention de 300 000 réfugiés et communautés hôtes est prévue dans le Grand-Nord et à l’Est.

Depuis le début de l’année 2020, le pays a enregistré 514 cas de méningite et 64 décès. Soit une létalité de 12%. En 2019, la maladie a touché 2600 camerounais et 6% en sont morts. C’est que, le Cameroun traversé par la « ceinture de la méningite » est régulièrement confronté à des épidémies de méningite. Les dernières en dates remontent en 2017 à la prison centrale de Kondengui et en 2012, 2011, 2010 et 2009 à l’Extrême-Nord. A en croire les responsables de la santé publique de cette région, il s’avère donc important d’empêcher la survenue d’une autre flambée chez les populations à haut risque. Notamment, celles du milieu carcéral et dans les camps des réfugiés des trois régions septentrionales et de l’Est.

Voilà pourquoi une campagne de vaccination préventive contre la méningite à méningocoque a été lancée au camp des réfugiés de Minawao, le 28 juillet 2020. Elle va durer deux mois et cible prioritairement les populations du milieu carcéral, les camps des réfugiés et communautés hôtes des quatre régions sus évoquées.  Le but est de les immuniser contre cette maladie. 300 000 personnes (dont 57 613 personnes à Minawao) âgées de deux ans et plus sont ainsi concernées par cette opération organisée en deux phases.

La première, au mois de Juillet 2020 dans les régions de l’Extrême-Nord (où 106 000 doses de vaccin sont d’ores et déjà disponibles) et du Nord. La seconde phase, au mois d’Août 2020 dans celles de l’Adamaoua et de l’Est. 300 000 doses de vaccins d’une valeur de six milliards de Fcfa ont de ce fait été mis à la disposition du ministère de la Santé publique (Minsanté) pour cette campagne de vaccination. La campagne se déroulera en poste fixe et fixe temporaire.

Maladie redoutable

Cette campagne organisée par le Minsanté et ses partenaires à l’instar de l’OMS, l’Unicef, Gavi et ICG (International Coordinating Group) se justifie par le fait que le Cameroun est confronté régulièrement à des épidémies de méningites occasionnant de nombreux cas de décès. Ces épidémies sont généralement localisées dans les régions du Nord et l’Extrême-Nord, où le climat est propice au développement de cette maladie.

«Donc, la méningite est bien connue au sein des populations comme une maladie redoutable. De plus les pays voisins connaissent des épidémies de méningites récurrentes. Ce qui augmente encore le risque de propagation avec les mouvements de population d’un pays à l’autre ; le rassemblement de personnes réceptives est un facteur important de risque épidémique, comme en témoignent les nombreuses épidémies survenues chez les sujets vivant dans des communautés fermées », a précisé Alim Hayatou, Secrétaire d’Etat à la Santé Publique, en charge de la lutte contre les Epidémies et les Pandémies.

A en croire Dr Yomog Mathieu, Coordonnateur du bureau de terrain de l’OMS à Maroua, la méningite à méningocoques est une maladie qui constitue un problème majeur de Santé Publique dans 26 pays de la ceinture méningitique y compris le Cameroun. Des épidémies mortelles surviennent tous les 8 à 10 ans dans ces pays de la « ceinture de la méningite ». Environ 30 000 cas sont encore signalés chaque année dans ces pays.

A noter qu’une méningite peut être causée par différentes bactéries parmi lesquelles le méningocoque. La méningite à méningocoques se révèle mortelle dans 50% des cas si elle n’est pas traitée.

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