"Le vaccin est sûr", dixit le Dr Phanuel Habimana.

Le pays doit trouver un moyen d’épuiser ses doses reçues en avril dans le temps, pour pouvoir bénéficier de nouvelles livraisons. 

31% du stock de vaccins dont dispose le Cameroun courent un risque de péremption. Il s’agit notamment de 185 milles doses du premier lot du vaccin de marque AstraZeneca qualifiées de « doses à risques » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En fait, ce sont des vaccins dont la date de péremption est fixée au 23 août 2021. « Nous sommes inquiets pour ces vaccins », confie le visage grave, une source à l’OMS. Ce d’autant plus qu’au rythme où vont les choses, il est un peu difficile de réussir à écouler ce stock avant ce délai.

Au Cameroun le taux de consommation global des vaccins anti-Covid est de 15,07% selon les statistiques officielles. En effet, sur 591 mille doses de vaccin obtenues par le Cameroun, seules 89 mille 180 ont été injectées au 16 juin. De fait, 61 jours après le lancement de cette vaccination, le pays n’a consommé que 26,4% du stocks Sinopharm disponible et 9,4% des vaccins de marque AstraZeneca. Plus grave, alors que 70 300 personnes ont reçu la première dose, seules 16 200 personnes se sont présentées pour la deuxième injection. « C’est un gâchis financier. Une dose coûte quand même 10 dollars », regrette notre source de l’OMS.

D’après le ministère de la Santé publique, le Cameroun a précommandé 300 mille doses de Sinopharm via l’ambassade de Chine au Cameroun, et environ 2000 doses de Spoutnik. Un groupe de la place a également fait une promesse d’un don de 8500 doses de Spoutnik au pays. Par ailleurs, 5 millions de Johnson and Johnson ont été pré-réservés et payés par le gouvernement camerounais. Seulement, « Les 5 millions de Johnson and Johnson en réalité nous ne les aurons que lorsque nous aurons déjà consommé le stock que nous avons en ce moment », précise Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique (Minsanté).

De plus, « La facilité Covax est prête à envoyer d’autres doses de vaccins mais nous ne pouvons pas le permettre. Il faut écouler celles disponibles. Ce serait du gâchis de recevoir un autre lot alors que celui-ci n’est pas écoulé », confie-t-on à l’OMS. Le Cameroun qui fait partie des 16 pays africains ayant un risque de péremption de ses doses de vaccins (juin, juillet et août 2021) est donc sous pression. « Nous devons trouver un moyen d’épuiser ces doses dans le temps », fait savoir le Manaouda Malachie. C’est la condition sine qua non pour sortir le pays de la catégorie des mauvais élèves en matière de vaccination anti-Covid-19 dans lequel il est désormais classé par les instances internationales.

Campagne de vaccination intensive en renfort

D’où la campagne de vaccination « intensive » que le pays s’apprête à organiser du 7 au 11 juillet 2021. « Nous avons entamé une communication stratégique mais nous devons aller vers une communication de proximité, dans une discussion avec les camerounais dans les communautés, les ménages et nous allons utiliser tout ce que nous avons aujourd’hui comme instruments pour pouvoir le faire. Nous pensons qu’il va falloir dire aux Camerounais quel est l’objectif de la vaccination, pourquoi nous nous vaccinons, quel est l’intérêt de se faire vacciner et les bénéfices de la vaccination », explique le Minsanté.

Pour cela, le gouvernement ambitionne d’associer à cette campagne entre autres, les relais communautaires, les leaders d’opinion et religieux, « ceux qui influencent l’opinion, les leaders des partis politiques et tous ceux qui sont susceptibles de convaincre nos concitoyens sceptiques, qui ont des idées pré conçues et reçues sur la vaccination », informe René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication.

Le gouvernement entend aussi par-là, à travers des spots TV et radios, informer, persuader et « dissiper ces thèses qui font croire que le vaccin est destiné à éliminer les Africains, des thèses qui n’ont pas raisons d’être », poursuit le Mincom.

A noter que d’après le rapport de la pharmacovigilance, les officiels de la santé ont enregistré environ 102 à 112 effets secondaires mineures et 6 cas « que l’on pourrait qualifier de cas graves » dont 3 décès. « Mais à l’investigation, aucun fait scientifique n’a relié un décès à la vaccination. Donc pour le moment, les cas de thromboses qu’on nous a signalé ailleurs on ne les a pas eu au Cameroun, des d’effets indésirables graves et de décès reliés à la vaccination on ne les a pas eu au Cameroun. Vous pouvez en être rassuré pour ce qui est des effets secondaires », insiste le Minsanté.

Par conséquent, « Les effets secondaires sont marginaux. Le vaccin est et reste le meilleur moyen de protection contre le Covid-19 et même des autres maladies. Si nous voulons recommencer à vivre comme avant, à ne plus porter le masque, il faut que nous consentions à nous faire vacciner », dixit le Mincom.

 

 

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