(Lurgentiste.com) – Le Cameroun prévoit de consacrer 3,044 milliards de FCFA à la mise en œuvre de son Plan stratégique national de recherche en santé (PSNRS) entre 2026 et 2030. Près du quart de cette enveloppe, soit environ 711 millions de FCFA, doit financer le fonctionnement des comités d’éthique et le dispositif de veille et de régulation bioéthique, selon le cadre financier détaillé du plan publié par le ministère de la Santé publique.
Ces dépenses se répartissent principalement entre deux postes. Le PSNRS programme 468,9 millions de FCFA pour rendre fonctionnels, d’ici 2030, les comités d’éthique dans les dix régions ainsi que dans les hôpitaux de première et deuxième catégories, avec deux à quatre sessions par an. Il prévoit 242,3 millions supplémentaires pour mettre en place un système national de veille et de régulation bioéthique. L’ensemble atteint 711,2 millions de FCFA, soit un peu plus de 23 % du budget total.
Cette charge explique en grande partie pourquoi la gouvernance et l’éthique constituent le premier poste du PSNRS, avec 978,2 millions de FCFA, soit 32 % du budget. Le document lui-même estime que la concentration des dépenses sur ce volet mérite une analyse de sensibilité et cite la mutualisation de certaines sessions ainsi que le recours aux outils numériques parmi les moyens susceptibles d’en réduire le coût.
3,044 milliards FCFA sur cinq ans
Le coût exact du plan atteint 3 043 734 291 FCFA. Outre les 978,2 millions consacrés à la gouvernance et à l’éthique, 816,9 millions sont affectés au renforcement des capacités, 641,4 millions à la mobilisation et à la pérennisation des financements et 607,2 millions à la production et à l’utilisation des résultats scientifiques.
La dépense annuelle moyenne ressort ainsi à 608,7 millions de FCFA, mais cette moyenne ne correspond pas aux crédits prévus chaque année. Le calendrier financier programme 447,3 millions en 2026, 563,8 millions en 2027, 732,9 millions en 2028, 551,9 millions en 2029 et 747,9 millions en 2030.
Le montant de 3,044 milliards inclut notamment 511 millions de FCFA consacrés à la territorialisation de la recherche. Cette composante doit permettre d’installer le dispositif dans les dix régions et de rapprocher la recherche opérationnelle des districts de santé, des formations sanitaires et des communautés.
Les 511 millions comprennent 15 millions pour la création des Comités régionaux de coordination de la recherche, 83 millions pour la désignation, la formation et l’équipement des points focaux régionaux et de district, et 30 millions pour intégrer la recherche dans les plans régionaux et les plans de développement des districts.
La principale enveloppe, 250 millions de FCFA, doit financer au moins une étude de recherche opérationnelle par région et par an. Les Journées régionales de recherche en santé disposent de 105 millions, tandis que 28 millions sont destinés au développement et à la maintenance d’un tableau de bord national et régional.
Un budget très inférieur à la cible de financement de la recherche
Rapporté à une population cible d’environ 30 millions d’habitants, le ministère évalue le coût du PSNRS à environ 20 FCFA par habitant et par an. Le document reconnaît que ce niveau reste très inférieur à la référence fixée par la Déclaration d’Alger de 2008, qui recommande aux États africains d’affecter au moins 2 % de leurs dépenses nationales de santé à la recherche.
À partir de dépenses nationales de santé estimées à 874 milliards de FCFA en 2019, le plan calcule que le respect de cette cible correspondrait à environ 17,5 milliards de FCFA par an. Ce montant est près de 29 fois supérieur aux 608,7 millions de FCFA de dépenses annuelles moyennes programmées dans le PSNRS. Cette comparaison repose toutefois sur les dépenses de santé de 2019 et non sur leur niveau en 2026.
Le ministère ne présente d’ailleurs pas les 3,044 milliards de FCFA comme l’ensemble des ressources nécessaires à la recherche en santé au Cameroun. Le document décrit cette enveloppe comme un socle de coordination et de structuration. Il constate parallèlement l’absence de données publiques consolidées permettant de mesurer précisément les dépenses nationales de recherche en santé et l’absence d’une ligne budgétaire spécifique identifiable dans les documents budgétaires de l’État.
Le financement du plan n’est donc pas à confondre avec des crédits déjà intégralement mobilisés. Le PSNRS prévoit de solliciter l’État, les collectivités territoriales, les établissements sanitaires, le secteur privé et les partenaires internationaux. Il identifie lui-même la dépendance aux financements extérieurs et le risque d’inexécution budgétaire comme deux menaces pour sa mise en œuvre.
Le plan doit parallèlement renforcer l’utilisation des résultats scientifiques dans les décisions sanitaires, après un précédent cycle 2014-2018 marqué, selon le ministère, par la fragmentation des initiatives, des financements insuffisants et une faible utilisation des résultats de recherche dans les politiques et programmes de santé.

