(Lurgentiste.com) – Au Cameroun, les nouveau-nés de mères positives à l’hépatite B pourront désormais recevoir le vaccin contre cette maladie. « Seuls les nouveau-nés de mères infectées, dont le test de dépistage est positif, seront vaccinés à la naissance », précise le Dr Shalom Tchokfe Ndola, secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination (PEV). Le vaccin sera administré dans les 24 heures suivant la naissance dans tous les établissements de santé offrant des services de vaccination et disposant d’une salle d’accouchement, selon le ministère de la Santé publique. Cette décision intervient face à la prévalence élevée de l’hépatite B chez les femmes enceintes (≥ 8 %) et au risque accru de transmission mère-enfant.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à éliminer la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et des hépatites virales. À long terme, les autorités sanitaires envisagent une vaccination systématique contre l’hépatite B dès la naissance pour tous les nouveau-nés camerounais, « qu’ils soient exposés ou non ». Actuellement, le vaccin pentavalent, introduit en 2005, est administré à 6, 10 et 14 semaines à tous les nourrissons. Cependant, selon le ministère de la Santé, ce délai retarde la protection contre le virus et expose les nouveau-nés à un risque élevé d’infections périnatales.
Selon le Programme élargi de vaccination, la prévalence de l’hépatite B est inférieure à 1 % chez les enfants vaccinés. Ainsi, en poursuivant la vaccination des nouveau-nés et en introduisant le vaccin dès la naissance, le Cameroun pourrait éliminer l’hépatite B dans les prochaines années, selon la direction du PEV. Il est important de noter que l’hépatite B peut entraîner des complications graves, telles que la cirrhose ou le cancer du foie.
Rappelons que le Cameroun est l’un des pays à haute endémicité pour l’hépatite virale. Selon les données, 1,3 % de la population est touchée par l’hépatite C, contre 11,2 % pour l’hépatite B. Le ministre de la Santé publique attribue cette prévalence élevée à l’ignorance et aux comportements à risque. Pour y remédier, le gouvernement a notamment réduit de 82 % le coût des médicaments contre l’hépatite C et de 60 % ceux contre l’hépatite B.