Le directeur exécutif du CRID revient entre autres, sur l’importance de l’utilisation des Milda dans la lutte contre le paludisme.

La Moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action a meublé les échanges sur les maladies à transmission vectorielles le 13 avril dernier à Mbankomo. Quelles peuvent être les meilleures Milda pour le Cameroun ?

Nous avons reconnu que bien que les Moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (Milda : Ndlr) qui sont distribuées par le ministère de la Santé publique soient efficaces, il y a un challenge. Les moustiques développent de la résistance contre les insecticides qu’on utilise pour imprégner ces moustiquaires. Une des questions c’étaient quelles peuvent être les meilleures moustiquaires que le Cameroun pourrait utiliser lors de la prochaine campagne de distribution massive et les travaux ont été claires sur les moustiquaires à utiliser. La bonne nouvelle c’est que ces moustiquaires font parties du lot que le Cameroun entend utiliser pour la prochaine campagne. Donc le Cameroun peut s’engager dans cette campagne avec un peu plus de confiance que l’outil choisi est bon et qu’on devrait réduire le fardeau du paludisme.

Quelles sont celles que vous avez notamment recommandé ?

Nous avons recommandé certaines moustiquaires qui sont dites des moustiquaires de nouvelles générations qui contiennent un type d’insecticides et un nouvel insecticide. Donc c’est une action combinée de deux produits qui davantage permettra de tuer les moustiques. Ces moustiquaires sont nettement plus efficaces. Nous nous sommes appuyés sur des études de cas des moustiques camerounais qui ont été mis en contact avec ces moustiquaires et nous avons vu qu’elles sont nettement plus efficaces à les tuer. Donc, la prochaine campagne se fera avec une base beaucoup plus solide des évidences qui montrent que ces moustiquaires sont plus solides. J’encouragerais les camerounais à utiliser les moustiquaires parce qu’on peut avoir les moustiquaires les plus efficaces mais si on ne les utilise pas, elles ne serviront à rien.

Des acteurs de la santé pensent qu’investir dans l’achat et la distribution des Milda est un gâchis et qu’il faut plutôt investir dans l’assainissement de l’environnement. Etes-vous de cet avis ?

C’est un point important. Au cours de nos travaux, nous avons parlé de la lutte intégrée c’est-à-dire ce n’est pas l’implication d’un seul secteur qui suffira pour éliminer le paludisme. Mais il faut une action intégrée qui implique plusieurs approches. Il y a la place pour la lutte antivectorielle utilisant les insecticides, mais il y a également la place pour l’aménagement de l’environnement qui pourra déjà réduire les gites à moustiques et réduire même par conséquent la densité de ces moustiques. Moins on est piqué, mieux c’est. Mais si on combine cette approche en utilisant la moustiquaire imprégnée, on a plus de chance d’atteindre nos objectifs. Parce qu’il faut dire que l’aménagement du territoire ou de l’environnement est efficace mais c’est aussi prenant en personnel, en logistique et il y a aussi un coût à cela. Donc nous pensons que la stratégie qui est mise sur pied pour l’instant pour la lutte antivectorielle qui utilise les moustiquaires imprégnées est celle qui est recommandée par l’OMS parce qu’il a été prouvé qu’elle est la plus efficace. Je pense qu’il faut faire confiance à cette méthode parce qu’elle a fait ses preuves. A titre de rappel, dans les années 2000, près de 2 millions de personnes mourraient à cause du paludisme mais présentement, on est à peine à un demi-million. C’est pour dire qu’il y a une réduction. Mais je ne dirai pas qu’elle doit être la seule. Je suis d’accord que d’autres approches pourraient être associées.

Un demi-million de décès dus au paludisme ce n’est pas rien avec par exemple 4000 personnes qui décèdent chaque année au Cameroun…

Nous ne disons pas que le nombre actuel de morts est insignifiant. Nous voulons plutôt dire qu’un progrès actuel a été fait. On a montré par des études évidentes que sur la réduction de la mortalité, l’utilisation des moustiquaires a contribué pour près de 70%. Donc c’est vraiment un outil à utiliser. Mais, il y a des challenges et nous les reconnaissons. C’est d’abord l’utilisation même de ces moustiquaires par les populations, l’éducation, la communication afin que les populations comprennent l’utilité de ces moustiquaires. Mais, il y a aussi les problèmes logistiques tels que nous assurer que les moustiquaires sont de bonne qualité et qu’elles sont distribuées dans les régions après chaque trois ans. On peut avoir des challenges temporaires mais c’est temporaire et ça ne devrait pas mettre en doute le fait que la distribution devra encore avoir lieu. Elle est importante parce que c’est le principal outil de lutte que nous avons présentement.

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