(Lurgentiste.com)- Le paludisme fait des ravages chez les enfants de moins de 5 ans. 2603 d’entre eux sont morts du fait de cette maladie en 2021, sur les 3782 personnes décédées au Cameroun. Soit 69%, selon les chiffres officiels du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) rendus publics au moment où se célèbre ce 25 avril, la 15e journée mondiale de lutte contre cette maladie. Toujours au cours de l’année écoulée, 1 million 412 mille 362 cas ont été classés paludisme grave et 33% sont des enfants de moins de 5 ans. Ces enfants payent donc le plus lourd tribut de cette maladie endémique la plus courante au monde puisque c’est dans cette tranche d’âge qu’on recense plus de 2/3 des décès.

En guise de stratégies de prévention, le gouvernement a misé sur des interventions spécifiques qui leur sont dédiées. D’abord, la Chimioprévention saisonnière (CPS) du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord. Rappelons qu’elle consiste en l’administration pendant trois jours consécutifs, d’un traitement préventif du paludisme chez les enfants de trois à 59 mois pendant la période de juillet à octobre de chaque année. En 2021 donc, 1,9 million d’entre eux ont reçu un traitement préventif contre cette maladie dans ces deux régions au cours des 4 cycles de la campagne.

Mais, la principale innovation introduite depuis cette année 2022 est le traitement préventif intermittent chez les nourrissons (TPIN) par les services de vaccination dans 8 régions du pays non éligibles par la CPS. Le TPIN est délivré par le biais des services du Programme Elargi de vaccination (PEV). De manière précise, chaque nourrisson va donc recevoir gratuitement dès l’âge de 10 semaines, un comprimé de Sulfadoxine Pyriméthamine. Et ce, jusqu’à l’âge de 15 mois. Soit cinq doses au total (10 semaines, 14 semaines, 6 mois, 9 mois et 15 mois). Cette intervention qui a été adoptée pour améliorer l’ensemble des services de prévention du paludisme pour ce groupe vulnérable « devrait réduire l’incidence du paludisme chez ces enfants d’au moins 20% », espère le PNLP.

Aussi, « Nous avons les moustiquaires qui sont spécialement dédiés à ces enfants de moins de 5 ans dans le cadre du PEV que désormais nous allons distribuer », précise le Dr Joel Marcelin Ateba, secrétaire permanent adjoint du PNLP.  D’ailleurs, de manière générale, le principal moyen de lutte antivectoriel reste l’utilisation systématique de la Milda. Mais, seulement 59% des personnes dorment effectivement sous une Milda dans les ménages selon l’EDS 2018 et 60% des moins de 5 ans l’utilisent.

L’autre mesure de lutte contre le paludisme chez les enfants est la prise en charge gratuite du paludisme simple et grave décrétée au pays en 2011 et 2014 respectivement. Cependant, cette gratuité est effective dans seulement 39% des formations sanitaires. En ce qui concerne le « RTS,S », tout premier vaccin antipaludique, les camerounais devraient encore attendre « probablement en 2023 » pour faire vacciner leurs enfants. Et pour cause, le pays est encore dans « la phase pilote de mise en œuvre de ce vaccin », a déclaré le Dr Dorothy Achu, Secrétaire permanent du PNLP.

En rappel, la situation épidémiologique de cette maladie fait état de 30% des consultations externes, 50% des hospitalisations dans les formations sanitaires et 3,1 millions de malades en 2021 (contre 2,6 millions de cas en 2020). Le Cameroun est ainsi le 11e pays dans le monde avec le plus nombre de malades d’après le dernier classement de l’OMS en 2021. La 15e édition se célèbre sous le thème: « Cultiver l’innovation pour réduire le fardeau du paludisme et sauver des vies ».

 

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