(Lurgentiste.com) – Cinq mois après l’expiration du mandat du bureau sortant de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC), la date de la nouvelle élection n’est toujours pas connue. Au ministère de la Santé publique, on se veut rassurant. « Les élections qui désigneront entre autres le prochain président de l’Ordre ne sauraient tarder », confie un haut responsable.

Selon un proche du ministre Manaouda Malachie, le Minsanté a opté pour la convocation d’une Assemblée générale élective extraordinaire. Dans cette perspective, une correspondance du Pr Louis Richard Njock, secrétaire général du Minsanté, datée du 25 juillet dernier, demande d’ailleurs au président du bureau sortant de lui « faire parvenir la liste de tous les membres inscrits et à jour de leurs cotisations ». Ceci, « dans l’optique d’organiser une assemblée générale élective extraordinaire ».

Blocage

À la vérité, la liste des médecins à jour de leurs cotisations au sein de l’Ordre constitue le corps électoral. Son élaboration est de ce fait un enjeu de taille pour la crédibilité de la compétition électorale qui s’annonce à la tête de l’ONMC. À ce jour, cette opération représente le principal blocage de la tenue de l’Assemblée générale élective, confie-t-on au Minsanté.

Au sein du bureau sortant, le montage des listes des membres de l’Ordre est présenté comme un « exercice fastidieux » qui requiert des préalables. Car, plusieurs moyens de paiement sont utilisés par les adhérents pour s’acquitter de leurs cotisations. « Il faut tenir au moins trois réunions du conseil ; aller à la banque, fournir des justificatifs, vérifier les paiements par Mobile Money, etc. », explique un membre du Conseil de l’Ordre.

Plaintes

Autant dire que si officiellement, 10 432 médecins sont inscrits au tableau de l’Ordre selon le Dr Guy Sandjon, président de l’ONMC, ceux à jour de leurs cotisations ne sont pas connus. Pis, certains médecins qui se sont acquittés des frais d’adhésion exigés, reçus des cartes, se plaignent que leurs noms ne figurent toujours pas au tableau de l’Ordre. Et donc, ne sont pas considérés comme médecins. « Qu’est devenu notre argent ? Il y a une absence de base de données, de pièces financières de dépôt, etc. », déplore l’un d’eux.

En tout cas, le bureau sortant qui a reçu la correspondance du SG du Minsanté, devrait se réunir dans les prochains jours sous la présidence du Pr Ashutantang Gloria en lieu et place du Dr Sandjon, actuellement hors du pays. « Le processus d’élaboration des listes des adhérents en règle peut prendre minimum trois mois si on travaille de manière fastidieuse », confie une source interne à l’ONMC impliquée dans la gestion du dossier. En d’autres termes, les élections ne se tiendront pas avant le mois d’octobre 2022, d’après notre source.

Nouveaux textes

Entre-temps, de nouveaux textes (Code de déontologie et Règlement intérieur) dont nous avons eu copie, ont été adoptés et rendus exécutoires par une décision de Manaouda Malachie signée le 21 juin 2022. Innovations majeures du Code de déontologie précisément passé de 98 à 118 articles, la durée de la campagne électorale passe de 10 à 15 jours ; le délai pour le dépôt des candidatures a été réduit de 30 à 15 jours; une Commission électorale composée de six membres.

Mais surtout, il ne faut plus « avoir été membre du Conseil de l’Ordre ou de la chambre d’appel » pour être président de l’Ordre tel que le stipulait l’article 83 de l’ancien Code. Il a été abrogé par le ministre. Cette disposition qui limitait l’accès à ce poste a fait l’objet d’une vive discussion pendant l’AG extraordinaire du 13 mai dernier. La levée de ce verrou ouvre ainsi le boulevard à tout médecin remplissant les huit autres critères d’éligibilité pour briguer la présidence du Conseil de l’Ordre (article 96).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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