Le ministre de la Santé publique a répondu aux accusations de détournements de fonds dont il fait l’objet depuis quelques temps.

Des accusations de malversations financières dans la gestion du Covid-19 pèse sur Manaouda Malachie. Depuis quelques temps, le ministre de la Santé publique, accusé de détournements de fonds, est régulièrement appelé à s’expliquer et faire preuve de transparence sur la gestion des fonds alloués à la lutte contre cette pandémie. C’est ce qui justifie sa sortie face à la presse le 3 juillet dernier. Il a tenu à faire le point des montants contenus dans les trois comptes bancaires ouverts par le gouvernement.

«Il y a un premier compte que nous avons créé dans les premières heures de la pandémie logé à BGFI Bank. Ce compte aujourd’hui a reçu environ 2,2 milliards Fcfa…il n’y a que des virements vers les régions dans ce compte-là. Ce montant a été viré pour la prise en charge des patients, la coordination des activités dans les régions », explique le Minsanté.

Le deuxième compte lui, est celui de UBA. « UBA a donné 150 millions Fcfa comme participation au Fonds de solidarité, mais h’a pas voulu que l’argent parte de sa banque pour une autre. Donc, il a créé un compte pour loger les 150 millions pour qu’on puisse les utiliser sur place. Cet argent a également été viré dans les régions. Je pense qu’il doit rester 2 millions dans ce compte», poursuit ce dernier.

A ce sujet lesdits virements se sont faits en direction des gouverneurs (activités de coordination), délégués régionaux, formations sanitaires (prise en charge clinique des malades). Le troisième et dernier compte bancaire quant à lui est entre les mains du ministère des Finances. «C’est celui du Trésor public. Il a reçu les premiers milliards du président de la République, il a reçu d’autres contributions. Dans ce compte jusqu’aujourd’hui, nous totalisons, 8,8 milliards. Je précise que cet argent n’a jamais frôlé le ministère de la Santé publique. Ils sont restés au Trésor public, donc au ministère des Finances», assure le Minsanté.

Selon ce dernier donc, les soupçons de détournements de fonds n’ont pas lieu d’être pour trois raisons. D’abord parce qu’il existe des entités responsables de la gestion desdits comptes bancaires. Ensuite, une commission a été mise en place pour l’administration des marchés et enfin, l’intervention d’huissiers dans le processus de livraisons des commandes, fait foi.

Gestion du compte

«Nous avons mis en place une instance de gestion de ce compte. Il y a un ordonnateur unique du compte, qui n’est pas le ministre de la Santé et on a un régisseur de ce compte qui est le Chef de la Section finances du Centre des opérations des Urgences de Santé publique », fait savoir l’élite de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga. Lequel indique avoir mis en place une commission des marchés.

Elle est composée d’un représentant du ministère des marchés publics, d’un représentant du ministère des Finances et des représentants du ministère de la Santé. « Chaque fois qu’il y a une commande à passer, cette commission vérifie les prix par rapport à la mercuriale. J’ai demandé à ce que toutes les livraisons se passent en présence d’un huissier de justice. Une fois qu’elles sont faites, les PV de livraison sont signés. Aucun franc n’est dépensé par le ministre de la Santé. Nous envoyons seulement les factures», affirme le Minsanté

Factures impayées

A ce sujet justement, la gestion du Fonds de solidarité semble toutefois poser un problème dans le processus de paiement des factures liées au Coronavirus. En effet, Manaouda Malachie assure que des factures sont en attente de paiement et que le montant de ces impayés est supérieur à la somme contenue dans le compte bancaire géré par le Trésor public. « Aujourd’hui nous avons des factures de l’ordre de 10 à 12 milliards Fcfa en instance, qui ne sont pas encore payées parce qu’on attend encore les fonds. Le temps que le ministère des Finances puisse les valider et les payer, s’il y a encore de l’argent».

Absence de transparence

Sauf que, « cette dette correspond à des dépenses que nous n’avons pas vu », argue un cadre du Minsanté. Pour lui, « plus on a de recul, plus on est déçu par ce qui se passe. Il y a une absence de transparence dans cette gestion». Il convoque ici la mise à l’écart de la Cename au profit de société Mediline Medical qui détient l’exclusivité de la livraison des tests et matériels de lutte contre la covid-19.

Par ailleurs, « Nous avons vu un bon de commande administratif surfacturé, d’une valeur de 331 836 750 visé par le Secrétaire d’Etat, avec des coûts exorbitants. (700 lunettes de protection à 14 500 Fcfa l’unité ; 700 combinaisons de protection à 80 000 F l’unité ; 1000 termomètres infrarouges à 150 000 F l’unité : Ndlr). On n’a jamais eu la moindre explication à ce propos », fulmine ce dernier.

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