D’autres actions sont préconisées pour lutter efficacement contre le choléra au Cameroun.

« Bien que ce ne soit pas la première arme pour la lutte contre le choléra, elle a une grande efficacité ». Ce dont parle ici le Dr Adidja Amani, Sous-directeur de la vaccination (SDV) au ministère de la Santé publique (Minsanté) c’est de la vaccination contre le choléra. Elle a démarré le 1er août dernier et s’achève le 5 août prochain. « Il a été nécessaire de faire ce qu’on appelle une campagne de vaccination réactive. C’est-à-dire nous sommes en plein foyer épidémiologique, il y a des cas suspects et des gens sont malades, et de vacciner dans ce foyer là pour empêcher, freiner la propagation de l’épidémie », explique le Dr Adidja Amani.

Durant cinq jours donc, 680 000 doses de vaccins seront administrées aux populations de sept districts de Santé du Nord (Garoua 1 et 2, Pitoa et Tchollire) et de l’Extrême-Nord (Mokolo, Hina et Makary) et 14 Aires de Santé de ces deux régions. « Nous avons limité à sept districts parce que pour l’instant nous n’avons que 680 000 doses de vaccins disponibles au niveau central. Donc, nous avons réparti 80% pour la région du Nord parce que c’est elle qui connait la plus grande flambée épidémiologique avec le plus grand nombre de cas et de décès et les 20% restants c’est pour la région de l’Extrême-Nord », explique le Dr Adidja Amani.

En réalité, la décision de faire vacciner les populations contre le choléra a été prise après une analyse des risques faite par les experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Cameroun. Celle-ci a permis d’identifier des DS toujours à risque d’épidémie de choléra au Cameroun. Soit cinq dans la région de l’Extrême-Nord (Goulfe, Hina, Makary, Mokolo) et quatre dans celle du Nord (Mayo-Oulo, Bibémi, Pitoa et Golombe).

Efficacité limitée ?

Des avis sont partagés sur l’efficacité de ce vaccin contre le choléra. « Elle confère une immunité insuffisante pour garantir une immunité collective satisfaisante », précise un épidémiologiste sous anonymat. Et donc, la vaccination seule, ne saurait être au premier plan un élément crucial de lutte contre cette maladie. Mais certaines sources sont formelles. « Il a été démontré qu’elle est plus efficace et permet de donner l’immunité à près de 75% de la population. C’est l’une des mesures qui peuvent permettre de répondre le plus rapidement possible qui va nettement aider à améliorer la riposte. On l’a fait à Makary par le passé et ça a marché. Pendant une période de 14 jours, ça va renforcer l’immunité », dit fièrement une source à la Direction de la lutte contre la Maladie, Epidémies et Pandémies.

Quoi qu’il en soit, notre source épidémiologiste est formelle. « La sensibilisation par la communication pour le changement de comportement, l’amélioration en offre en eau potable et l’assainissement des villes sont des actions prioritaires pour endiguer cette épidémie », soutient ce dernier. Un avis que ne partage pas son collègue du Minsanté.

Selon lui, « C’est vrai que la prévention du choléra passe par une disponibilité de l’eau potable à la population mais si les autres actions de prévention ne sont pas mises en place ça ne peut être efficace ». Bien plus, « On peut leur donner l’eau mais si on ne les sensibilise pas, ils pourront continuer à déféquer à l’air libre, à ne pas observer les mesures d’hygiène et salubrité et d’assainissement du milieu ». Et donc, « L’eau seule ne suffit pas. Il faut les autres mesures comme la prise en charge des cas, la désinfection des toilettes », tranche notre source de la Dlemp.

Piliers

Faut-il le rappeler, la lutte contre le choléra a des piliers sur lesquels l’on doit s’appesantir. Ce sont par exemple, les activités de sensibilisation et prévention en communauté, la sensibilisation par la Communication pour le changement des comportements, le respect des mesures d’hygiène et salubrité, l’amélioration de l’offre en eau potable. Aussi, les autres acteurs concernés (19 départements ministériels) doivent s’impliquer dans cette lutte contre le choléra. Ce sont notamment, le Ministère de l’Energie et de l’Eau, avec l’offre en eau potable en quantité et qualité, le ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature dont le rôle est important aussi, quand on sait que l’absence des latrines et la défécation à l’air libre sont une pratique courante dans ces régions.

En rappel, la situation épidémiologique du 25 juillet 2019 fait état de 50 cas suspects à l’Extrême-Nord dont deux confirmés au Centre de Santé intégré de Garey, dans la même Aire de Santé ; et de cinq décès dans cette région. Deux hospitaliers et trois communautaires. Dans la région du Nord, plus grand foyer de flambée épidémiologique, en date du 22 juillet, le compteur affichait 874 cas dont 12 nouveaux et 50 décès, pour quatre DS en épidémie. Garoua 1 et 2, Pitoa, et Figuil. « Nous avons le devoir d’assurer une bonne couverture vaccinale parce que le Minsanté a insisté que la vaccination soit de 100% dans les Districts de santé à risque concernés », conclu le Dr Adidja Amani.

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