La nouvelle plaidoirie de Médecins sans frontières (MSF) au gouvernement camerounais tient sur deux pages. Dans ce document rendu public hier 5 juillet 2021, l’ONG humanitaire internationale se défend des allégations « diffamatoires » l’accusant d’apporter un soutien « actif » aux combattants séparatistes dans le Nord-Ouest. « Nous affirmons avec la plus grande énergie n’avoir jamais facilité le transport d’armes, munitions ou combattants armés, et n’avoir jamais fourni d’appui logistique ou financier à aucune des parties au conflit », affirme son staff.

Le sujet a même souvent été au centre des échanges entre les responsables de MSF et le gouvernement depuis la suspension en septembre de 2020, de ses activités dans cette région anglophone du pays en proie aux conflits armés. Et, « A chaque fois que l’occasion nous en a été donnée, nous avons apporté toute la clarté sur les allégations entendues à notre encontre afin de démontrer qu’aucune collusion de MSF ne peut être établie avec aucun groupe armé, étatique ou non étatique », martèle l’ONG.

Dans l’opinion, cette sortie s’apparente à un procès fait à « certains médias camerounais » après avoir été critiqué par ceux-ci au lendemain de la publication de son communiqué du 22 juin dernier. En effet, des publications du paysage médiatique au Cameroun ont accusé MSF de collusion avec les groupes séparatistes. Morceaux choisis : « Médecins sans frontières, pyromanes et pompiers » ; « Scandale, l’ONG Médecins Sans Frontières en flagrant délit de collusion avec les terroristes dans le Nord-Ouest : Atanga Nji vous avait dit de ne pas pleurer le deuil de quelqu’un plus que lui-même » ; « Médecins sans frontières financerait-il les terroristes ? ».

En réalité ces publications sont quelque peu l’écho de la position des autorités camerounaises qui soupçonnent l’ONG de mener des activités autres que celles relevant du cadre humanitaire et d’aide aux soins de santé adéquats. Or selon MSF, le fait pour ses équipes médicales de collaborer avec les forces tant étatiques que non-étatiques impliquées dans ce conflit pour assurer leur sécurité, celle des patients et garantir l’accès aux soins « ne peut en aucun cas être assimilé à de la collusion avec l’une ou l’autre des parties à un conflit ». MSF se dit plutôt victime de « graves incidents » de la part des forces et groupes armés dans le NOSO.

Ce sont entre autres, le harcèlement, les menaces de mort, les ambulances victimes de tirs, de car-jacking ou stoppées de longues heures « alors qu’elles transportaient des patients en état critique ». Le meurtre en 2020 d’un agent de santé communautaire soutenu par MSF dans le Sud-Ouest est venu couronner ces actes. Pourtant, MSF dit travailler « dans le respect le plus strict » de sa charte. C’est-à-dire, dans l’indépendance, la neutralité, l’impartialité et « d’appliquer une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la présence d’armes dans les structures soutenues et dans les véhicules ».

« Au vu du dialogue et de la transparence totale que MSF a eu avec les autorités depuis des mois, nous demandons que les allégations diffamatoires cessent à notre encontre », martèle MSF. Non sans réitérer sa demande de levée de la suspension de ses activités dans le Nord-Ouest. A noter que MSF travaille au Cameroun depuis 35 ans et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2018.

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