Les participants à la 3e réunion TVCAG.

(Lurgentiste.com)- Désormais, la lutte contre les maladies à transmission vectorielle ne tournera plus qu’autour de la lutte contre l’agent pathogène. « On va aussi lutter contre les agents vecteurs », annonce le Pr Njiokou Flobert, président du groupe de travail TVCAG mis sur pied en Afrique, contre ces pathologies. C’est d’ailleurs l’une des priorités retenues par ce groupe qui réunit toutes les parties prenantes impliquées dans le combat contre ces maladies. « Pour lutter contre ces maladies, on a reconnu a nécessité de cibler de manière appropriés et informées des vecteurs. C’est-à-dire s’il n’y a pas insecte, il n’y a pas paludisme », ajoute le Pr Wondji, directeur exécutif du Centre for Research in infectious diseases (CRID).

Certes, « C’est ce qui coûtent très chers et les Etats ne veulent pas s’y engager. Mais nous démontrons que si nous voulons éliminer ces maladies, il faut lutter contre les vecteurs », précise le Pr Njiokou, par ailleurs spécialiste en épidémiologie parasitaire.  De nouveaux mécanismes ont ainsi été défini au regard de l’importance fréquence des résistances aux insecticides notées de part et d’autre. A titre d’illustration, le paludisme. Après la légère petite baisse enregistrée dans les années 2015, on assiste depuis plusieurs années déjà, à la remontée des malades. « Nous pensons que c’est dû à la résistance des moustiques aux insecticides », indique le Pr Njiokou. Pour l’Onchocercose, le constat fait état de ce que « le médicament à lui tout seul ne peut pas faire éliminer la maladie. Il faut faire de la lutte anti vectorielle », poursuit cet expert en génétique des populations.

Surtout que des études pilotes montrent qu’on peut tuer des larves de la mouche qui transmet l’onchocercose et faire baisser l’intensité. « Si les gens sont moins piqués, la maladie va moins se développer », assure ce dernier. Pour la maladie du sommeil, qui compte encore 4 foyers au Cameroun, les experts soutiennent que pour l’éliminer, il faut aussi s’attaquer à la mouche tsé-tsé qui est un vecteur de cette maladie-là. « Il y a des études qui se feront sur le terrain qui mettent de petits pièges lumineux qui font que chaque fois que la mouche tsé-tsé touche ça, elle meurt. Nous pensons que si la mouche tsé-tsé diminue, alors on pourra continuer l’élimination de ces maladies », détaille l’enseignant à l’université de Yaoundé 1.

Fardeau pour la santé publique

En fait, les maladies à transmission vectorielle sont un fardeau important pour la santé publique des camerounais. Au nom de celles, nous avons le paludisme, la maladie du sommeil, la cécité des rivières et bien d’autres transmis par des insectes ou d’autres vecteurs. A titre d’exemple, au Cameroun, trois millions de personnes ont été atteintes de paludisme en 2021 d’après les chiffres officiels tandis que l’OMS à travers son système de modélisation prédit qu’il y a eu 6 millions de cas. En ce qui concerne les autres maladies comme la cécité des rivières, la présentation faite ce jour-là a indiqué qu’il y a 10 millions de camerounais qui sont à risque de l’onchocercose.

Selon le CRID, environ 1 milliard de personnes tombent malades et plus d’un million meurent chaque année de ces pathologies transmises par les insectes. Elles sont responsables de plus de 17% des maladies infectieuses. « C’est pour dire que les populations sont vraiment à risque de ces maladies à transmission vectorielles. D’où la nécessité de vraiment mieux contrôler les vecteurs pour réduire le fardeau de ces maladies », soutient le directeur exécutif du CRID, par ailleurs professeur de génétique. La 3e réunion de ce groupe technique à Mbankomo le 13 avril dernier avait pour but entre autres, de dresser un état des lieux, évaluer les actions de lutte menées depuis la première réunion tenue en décembre 2018. « Nous avons défini ensemble les options à mener pour réduire le fardeau de ces maladies au Cameroun », fait savoir le Pr Wondji. L’OMS a programmé leur éradication d’ici 2030.

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