(L’urgentiste.com)- 232 milliards de FCFA. Tel est le montant du budget du 5ème Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme (PSNLP) 2019-2023 au Cameroun. Seulement, depuis 2019, le pays n’a pu mobiliser que 132 milliards de FCFA en faveur de la lutte contre le paludisme. Il accuse ainsi un gap de 100 milliards de FCFA pour financer les outils et les interventions. Une somme que le pays peine à mobiliser depuis lors et qu’il faut d’ici 2023. Surtout qu’à cause de ce gap, la région du Centre n’a pas pu organiser sa campagne de distribution de Moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (Milda) et seulement 50% des interventions retenues dans ledit plan sont mises en œuvre.

Par exemple, juste 1/3 des districts de santé sont couverts par les Agents de Santé communautaires (ASC) et 51,3% des femmes enceintes ont reçu au moins 03 doses de Traitement préventif intermittent (TPI). En d’autres termes, 48,7% de ces femmes et plusieurs autres personnes n’ont pas accès aux outils de lutte déployées par le programme du fait du financement insuffisant pour la mise en œuvre des interventions retenues. D’où l’entrée en scène de la campagne nationale « Stop malaria. Agissons maintenant » lancée le 10 mars dernier à Yaoundé.

De manière spécifique, elle vise d’ici 2023, à « contribuer à mobiliser au moins 75% du gap de 100 milliards de Fcfa pour l’atteinte des objectifs du Plan stratégique national de lutte contre le paludisme (Psnlp) 2019-2023 », précise Olivia Ngou, Fondatrice et directrice exécutive de l’Ong Impact santé Afrique (ISA). Mais ce n’est pas tout. Conçue sous le modèle « High Burden High Impact », cette campagne veut renforcer le dialogue politique au niveau national sur la lutte contre le paludisme mais aussi et surtout, obtenir l’engagement des leaders à poser des actes concrets dans la lutte contre le paludisme chacun dans son domaine de compétence.

Incidence épidémiologique

En effet, «L’incidence épidémiologique aujourd’hui impose la mobilisation de ressources additionnelles pour promouvoir l’atteinte des objectifs des principales interventions du Plan stratégique national de la lutte contre le paludisme de 2019 à 2023 », a déclaré Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique (Minsanté) à la faveur du lancement de la campagne « Stop malaria ». Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chaque année, au moins 6 millions de cas de paludisme et environ 11 500 décès sont enregistrés au Cameroun. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme, cette maladie a tué 3863 personnes en 2021. Par conséquent, « Il faut pour combler les gaps afin d’éviter les décès liés au paludisme », plaide la Directrice exécutive de ISA, l’organisation partenaire du gouvernement dans la mise en œuvre de cette campagne.

Au regard du poids social et économique de cette maladie sur les populations, le Pr Rose Gana Leke, paludologue, soutient que cette riposte nationale passe aussi par la « débanalisation » de la maladie au sein des communautés. En fait, « Nous devons cesser de sous-estimer le paludisme. Arrêtons de dire ce n’est qu’un petit paludisme, ça va passer. Arrêtons aussi de nous auto-prescrire les médicaments », conseille ce professeur d’immunologie et de parasitologie. En rappel, le paludisme est une maladie parasitaire fébrile qui se manifeste par les maux de tête et les douleurs articulaires ; des nausées, vomissements et diarrhée chez les enfants. Elle est transmise à l’homme par la piqûre de l’anophèle femelle. Dès l’apparition de ces symptômes, il est conseillé de se rendre immédiatement dans une formation sanitaire pour une prise en charge immédiate.

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