L’Assemblée annuelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est ouverte ce lundi alors que des polémiques surgissent quant à l’accès à un éventuel vaccin contre le coronavirus.

A l’ouverture de la 73e assemblée annuelle (virtuelle) des 194 pays membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ce lundi 18 mai 2020, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) n’y est pas allé de main morte. Antonio Guterres a ouvertement critiqué les stratégies divergentes adoptées par l’OMS pour lutter contre la pandémie de Covid-19.  « Nous avons vu des expressions de solidarité, mais très peu d’unité dans notre réponse face au Covid-19. Les pays ont suivi des stratégies différentes, parfois contradictoires, et nous en payons tous le prix fort », a-t-il déclaré.

Bien plus, le SG de l’ONU s’insurge contre de nombreux pays qui ont ignoré les recommandations de l’Organisme onusien. « En conséquence, le virus s’est répandu dans le monde entier et se dirige maintenant vers les pays du Sud, où il pourrait avoir des effets encore plus dévastateurs ; et nous risquons de nouveaux pics et de nouvelles vagues », a-t-il ajouté, sans nommer les pays concernés.

Le vaccin, la question centrale

Depuis l’apparition du coronavirus en Chine, puis sa propagation sur les autres continents, les laboratoires du monde entier se sont lancés dans une course effrénée pour trouver un traitement et un vaccin. Au total, 102 vaccins sont actuellement en phase de développement dans le monde. Parmi ces vaccins, huit sont déjà rentrés dans des phases d’essais précliniques et deux sont même en phase 2.  Les pays ont de ce fait appelé à ce que ce vaccin soit un « bien public » et à réformer l’OMS pour qu’elle réponde mieux aux pandémies.

Evaluation indépendante de la riposte

Cette réunion sera scrutée de toute part dans un contexte particulier et suivi par les experts en santé, prend en effet la lumière de façon inhabituelle.  En effet, elle examinera en particulier une résolution sur la réponse au Covid-19 promue par l’Union européenne (UE). C’est le principal défi de cette réunion aux caractéristiques inédites. Le texte de six pages et 54 paragraphes, initié par l’Union européenne a déjà reçu le soutien de 122 pays.

Le texte prévoit un processus d’évaluation de la riposte sanitaire internationale, une coopération avec les organisations compétentes pour identifier la source du virus et un accès universel aux médicaments, dont le vaccin.  Il aborde aussi la question de l’accès équitable aux technologies, médicaments et vaccins contre le SARS-CoV-2, mais demande également « au plus tôt » une « évaluation indépendante de la riposte sanitaire internationale coordonnée par l’OMS » face au Covid-19.

La pandémie toujours en expansion

L’organisation onusienne est fortement critiquée pour sa gestion de la crise du coronavirus. Plus de 4,5 millions de cas et plus de 300 000 morts sont déjà à déplorer, selon les données de l’institution. « La pandémie est toujours en phase d’expansion. Il y a une stabilisation en Europe de l’Ouest, mais la courbe est ascendante en Europe de l’Est ; elle est en expansion en Asie du Sud-Est et diminue dans la région Pacifique. La maladie est en hausse dans les Amériques : les pays d’Amérique sont de plus en plus touchés et les Etats-Unis constituent actuellement l’épicentre de la pandémie. Enfin, l’Afrique est de plus en plus atteinte », résume Ibrahima Socé Fall. Il est le sous-directeur général chargé des interventions dans les situations d’urgence à l’OMS.

Respecter et faire respecter les mesures

Dans ces recommandations, l’OMS ne s’est pas prononcée sur l’opportunité de confiner ou non, mais a préconisé de dépister, isoler et traiter systématiquement tous les cas suspects. Et quel que soit l’avancement de l’épidémie dans chaque pays, elle a appelé à respecter et faire respecter les mesures de distanciation physique de façon à enrayer la propagation du virus. Les pays ont diversement suivi ces recommandations, et à un stade divers de la pandémie.

La pandémie progresse donc à grands pas dans l’hémisphère sud et notamment en Afrique où les systèmes de santé sont souvent défaillants, voire inexistants. « Protéger les pays en développement n’est pas une question de charité ou de générosité, mais une question d’intérêt commun éclairé. Les pays du Nord ne pourront venir à bout du Covid-19 que si les pays du Sud le neutralisent en même temps », a insisté le SG de l’ONU.

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