Le Cameroun fait face comme la majorité des pays du monde, à la pandémie au nouveau coronavirus. Une situation qui à en croire les autorités sanitaires camerounaises, interpelle et impose davantage l’accélération de la mise en place de la Couverture santé universelle (CSU). « C’est l’occasion pour nous, de confirmer l’engagement du gouvernement du Cameroun qui ne ménagera aucun effort pour poursuivre le renforcement de notre système de santé », tel que l’a indiqué Sinata Koulla-Shiro, secrétaire du ministère de la Santé publique (Minsanté). C’était au cours de l’atelier de présentation de la Stratégie de développement de la CSU et celle de financement de la santé tenue à Yaoundé le 23 juin 2020. En réalité, ces documents « sont des instruments d’opérationnalisation compte tenu des progrès considérables réalisés dans le domaine de la santé au cours des dernières décennies qui serviront à accélérer les progrès vers la réalisation de ce projet présidentiel », précise le SG du Minsanté.

C’est que, ces stratégies sont des documents de référence qui visent à réformer le système de santé à l’horizon 2030. Ceci, « afin que l’ensemble de la population camerounaise ait accès aux soins et services de santé de qualité dont elle a besoin sans que leurs coûts entraînent des difficultés financières », explique le Pr Koulla-Shiro. D’après elle, les axes stratégiques et d’interventions majeures définies permettront d’accroître la couverture de la population aux services de santé de qualité et de renforcer notre système de santé. Par ailleurs, « ces documents précisent aussi la stratégie à déployer pour réduire la part du paiement direct des ménages dans les dépenses totales de santé. Les deux stratégies abordent aussi les questions de bonne gouvernance par le développement des interventions visant à impliquer les principaux acteurs à tous les niveaux de la collecte de fonds, de la mise en commun de la charte des prestations et des formations sanitaires », informe celle qui est par ailleurs enseignante de microbiologie et des maladies infectieuses à la Faculté de Médecine et des Sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé 1.

Les stratégies de développement de la CSU et de financement de la santé sont alignées entre autres, à la stratégie sectorielle de santé 2026-2030. Concernant précisément celle de développement de la CSU, elle comporte trois éléments clés que ce « projet présidentiel » va résoudre au Cameroun. D’abord, celui de l’équité pour que tous les camerounais quel qu’ils soient, puissent avoir accès aux soins. « Le 2e point est celui de l’accès à ces soins de santé pour qu’ils soient de qualité et de qualité suffisante. La 3e thématique est celle des coûts des ménages. Il faut le dire au Cameroun, les ménages dépenses beaucoup pour les problèmes de santé », détaille à son tour le Dr Fanne Mahamat, directeur de la Promotion de la Santé. En effet, 60% des dépenses de la santé sont supportés par les ménages.

Etat d’avancement du projet

La mise en œuvre « progressive » de la CSU avait été annoncée au Cameroun au mois de janvier 2020.  Sauf que six mois après, elle n’est pas effective. Mais au Minsanté, l’on se veut rassurant. « Nous avons fait un très grand pas. Un partenaire a été identifié le contrat va être signé pour la partie la plus importante entre les formations sanitaires, au niveau du ministère. La soutenabilité du projet est déjà là. Ils savent déjà exactement les niches de financement de la CSU de manière pérenne. Il ne nous reste plus que le cadre juridique qui est le plus important et le document a été transmis aux parlementaires pour décisions », indique le Dr Fanne Mahamat.

En réalité, la progression vers la CSU favorise l’équité, le respect des droits fondamentaux, l’amélioration de la qualité des soins et services de santé et la sécurité humaine. « Il est donc judicieux dans ce contexte d’adresser dans le cadre de cette réforme de notre système de santé, des questions de prévention et de promotion de la santé. Elles occuperont une place centrale dans le paquet de soins et services de santé à présenter », informe le SG du Minsanté. En d’autres termes, « Nous sommes au stade où des documents peuvent être partagés par les parties prenantes pour les évaluer et les commenter, en vue de les finaliser vers leur valider dans les semaines qui viennent », indique à son tour le Dr Phanuel Habimana, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Cameroun.

New Tech Management Cameroon entre en scène

S’achemine-t-on enfin vers la mise en œuvre de ce concept d’actualité au Cameroun ? Difficile à dire. Surtout «qu’on atteint la CSU lorsqu’un système de santé est capable de fournir des soins adéquats à ses populations », argue le Dr Albert Ze, économiste de la Santé. Pessimiste. Mais pour les officiels, tout porte à le croire. Ce d’autant plus que le Premier ministre Joseph Dion Ngute a publié un communiqué en date du 17 juin 2020, rendant publique l’identité du bénéficiaire du contrat de partenariat public-privé pour le « Projet de financement, de conception, de construction, d’exploitation, d’équipement et de maintenance du système de gestion » de ladite Couverture au Cameroun. Il s’agit de la société anonyme New Tech Management Cameroon (Ntmc). Son offre a été validée après proposition de la Commission Spéciale des Contrats de Partenariat pour la Gestion de la Couverture Santé Universelle au Cameroun.

« La société anonyme New Tech Management Cameroon (Ntmc SA), ayant été admise au dialogue de pré-qualification et déposé une offre finale dans le cadre du Projet de financement, de conception, de construction, d’exploitation, d’équipement et de maintenance du système de gestion de la Couverture Santé Universelle (CSU) au Cameroun, est déclarée adjudicataire du contrat de partenariat y relatif », a informé le Premier ministre. Et ce dernier d’informer qu’une lettre de notification officielle indiquant les modalités pratiques relatives à la négociation des termes dudit contrat sera adressée à l’entreprise par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, au plus tard le 26 juin 2020.

En rappel, dans le but de garantir un accès équitable aux soins de santé de qualité aux populations, le gouvernement a initié un processus visant à doter à terme, le Cameroun d’un système de Couverture Santé Universelle efficace. De ce fait, un Groupe Technique National Intersectoriel, coprésidé par le ministre de la Santé publique et celui du Travail et de la Sécurité sociale a été créé en 2015. Sa principale mission était de conduire le processus et faire des propositions sur les différents aspects de ce système. Le 22 mars 2019, Joseph Dion Ngute adressait une lettre de mission au ministre de la Santé publique Malachie Manaouda. Dans ladite correspondance, le chef du gouvernement demandait un plan actualisé et chiffré sur la mise en œuvre de la phase pilote de ce projet d’envergure au Cameroun. « En poursuivant nos efforts, nous pouvons certainement y arriver », soutient le Dr Phanuel Habimana. Confiant.

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