30% des personnes adultes atteintes au Cameroun

« Mon cœur, ton cœur ». C’est sous ce thème que s’est célébrée la journée mondiale du cœur le 29 septembre 2018. A la réalité, ce thème est une interpellation de prendre soin de notre cœur et de ceux des personnes que nous aimons. Au Cameroun, un camerounais sur trois est hypertendu ou souffre de maladies cardiovasculaires d’après la dernière étude épidémiologique. Soit 30% de la population. La même étude situe la prévalence des maladies cardiovasculaires au rang desquelles l’hypertension, autour de 29 à 30% chez les adultes. Ces données à en croire le cardiologue Samuel Kingue, signifient également qu’avec le temps, les personnes qui ne sont pas encore hypertendues sont prédisposées à le devenir. Or, dans les années 1993, le taux de prévalence des maladies cardiovasculaires se situait entre 11et 13% chez les adultes.

Si rien n’est fait pour contrecarrer la progression des maladies cardiovasculaires au Cameroun, d’ici 2025 si l’on s’en tient aux chiffres avancés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces maladies qui attaquent le cœur et les vaisseaux sanguins seront la première cause de mortalité au Cameroun. Comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis et en Europe. « Le nombre potentiel d’hypertendu va aller croissant, de même que le nombre de sujets à risque de développer les complications liées à l’hypertension telles que l’accident vasculaire cérébrale ou l’insuffisance cardiaque », soutient Yves Monkam, cardiologue. Une situation assez alarmante, à laquelle s’ajoutent les chiffres effrayants de la Société Camerounaise du Cœur (SCC). Le manque de pratique d’activités sportives et la sédentarisation de la société camerounaise sont deux grandes causes de la hausse des chiffres de ces maladies dites du cœur. Ce qui fait dire à cette SCC qu’« On meurt plus de maladie cardio-vasculaire que d’infection au VIH », au pays.

Mode de vie sain

Il importe dès lors, de sensibiliser et d’éduquer les populations sur la nécessité d’adopter un mode de vie sain en évitant les facteurs nocifs comme l’alcool, le tabac, l’excès de graisse, de consommation de sel. Les médecins conseillent par ailleurs d’organiser des marches sportives pour encourager les populations à faire de l’exercice physique. L’objectif est de leur inciter à préserver la santé de leur cœur en adoptant certains réflexes comme manger équilibré, ne pas fumer, limiter l’alcool et le stress. Voilà pourquoi les membres de la SCC ont mis sur pied les journées nationales du cœur dont la 6è édition a été lancée le 20 septembre 2018. Celles-ci sont le moyen pour des médecins aguerris, de sensibiliser les camerounais sur les ravages de ces maladies afin d’en réduire les chiffres. Campagnes de dépistage gratuit et activités physiques ont ainsi meublé ces 10 jours et plusieurs sites de dépistages ont été mis sur pied dans les villes de Douala, Yaoundé, Kribi, Bertoua, Bafoussam et Garoua. L’apothéose a eu lieu aux Parcours Vita de Douala et Yaoundé le 30 septembre, avec une marche sportive.

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Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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