(Lurgentiste.com)- 16 millions 855 mille 100 FCFA. Tel est le montant détourné des caisses de l’hôpital régional de Ngaoundéré (HRN), de sources crédibles au sein de la direction de cette formation sanitaire publique. « Le rapport est entrain d’être acheminé. Nous attendons les instructions de la hiérarchie », confie l’une de nos sources joint par « Lurgentiste.com », le directeur étant absent pour cause de maladie. L’affaire couve depuis le mois de mai 2022. Quatre caissiers et un informaticien, tous en service au sein de cette formation sanitaire publique ont été mis en cause. « Ils ont profité des l’absence du directeur pour faire n’importe quoi », poursuit notre source proche du dossier.

 

A en croire nos confrères de L’œil du Sahel, le cerveau principal de ce détournement, l’informaticien, est en fuite. Ce dernier et les caissiers incriminés « ont eu le temps d’opérer de janvier à mai 2022. Ils prenaient les gros montants du scanner, par exemple. En fait, ils remettaient les reçus normaux aux malades, mais l’informaticien annule ces recettes dans la machine. Quand on fait le bilan à la fin du mois, il n’y a pas ces recettes entrantes », explique au journal, une source interne à la Fosa. Pour lui, il ne fait aucun doute que c’est en installant le système informatique de cet hôpital que l’informaticien « s’est entendu avec les caissiers ».

 

Modus operandis

 

D’ores et déjà, les caissiers mis en cause ont été auditionnés au conseil de discipline à la délégation régionale de la Santé publique pour l’Adamaoua (DRSP-Adamaoua). Pendant les auditions, des menaces leurs ont été faites de les livrer à la police. D’où les aveux de deux sur les quatre caissiers tandis que deux autres continuent de nier, selon la même source. D’après ceux qui sont passés aux aveux, «Lorsque des gros montants étaient enregistrés, l’informaticien en fuite annulait et tous se partageaient les recettes perçues. Mais tout restait dans le serveur central. Ce qui s’est passé, c’est qu’à un moment, on s’est demandé comment les recettes n’augmentaient pas, surtout avec l’installation du scanner ? », relate la source interne.

 

En effet, la source de « Lurgentiste.com » fait savoir que la direction avait découvert des anomalies. « Avec l’acheminement du scanner et l’implémentation d’autres appareils, les recettes étaient presque les mêmes. Le directeur a donc demandé qu’on lui fasse les bilans financiers du début de l’année jusqu’à date (on était au mois de mai 2022). Ceci, malgré son absence pour maladie. Ce qui a été fait par une commission ad hoc, y compris le propriétaire du logiciel VINDITA, à la suite de laquelle nous avons découvert beaucoup d’annulés », précise notre source.

 

Annulation numérique

 

En fait, en interprétant les recettes de radiographie et des scanners de l’hôpital, les dirigeants se sont rendus compte d’une annulation numérique de recettes de plus de 40 scanners, par exemple, un seul revenant à la somme de 60 000 FCFA, font savoir nos confrères. Or, les patients ont bel et bien payé. « De fait, quand un patient arrive, il est enregistré à raison de trois reçus ; un reste à la caisse et les deux autres lui sont remis. S’il va au laboratoire ou à la radiographie, on garde un reçu. Ce qui s’est donc passé, c’est que le nombre de reçus laissés dans ces services a été totalisé, mais l’argent ne s’est pas retrouvé dans les caisses. Tout était annulé, mais le serveur a gardé l’entrée des données », éclaire-t-on.

 

Pour la direction de l’hôpital, le manque à gagner « est énorme ». Dans la mesure où « ce manque à gagner aurait pu accomplir des choses encore plus bénéfiques pour la communauté. Parce que c’est pour elle que nous travaillons », regrette notre source. Celle-ci liste entre autres l’achat d’appareils, l’amélioration des conditions de travail du personnel, les quotes-parts du personnel, etc. Entre temps, à la suite de ceci, les quatre caissiers ont été affectés dans d’autres services.

 

A noter que c’est depuis plusieurs années que l’HRN a décidé d’informatiser son système de recouvrement des recettes. La version 16 du système informatique « installée par les soins de l’actuel directeur, contrairement à ce que disent certains », qui dit-on, ne facilitait pas les distractions de fonds, était alors utilisée. Elle « ne nous satisfaisait pas » et a été remplacée par le logiciel VINDITA qui « a manifestement montré ses failles, d’où le scabreux détournement », soutiennent nos confrères. Faux, argue notre source. « Le détournement a eu lieu simplement parce que les gens ne font pas leur travail et à cause de l’absence-maladie du directeur. Ce n’est pas l’appareil qui est défaillant. Si ce système n’était pas performant, nous n’aurions pas pu détecter cette fraude », se défend-elle. En tout cas, cette affaire est loin d’avoir livrée ses secrets.    

 

 

 

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here