(Lurgentiste.com)– Pius Michel Mindja, doctorant en sciences de gestion, et Isabelle Dang Babagna, hépato-gastro-entérologue à l’hôpital Général de Yaoundé sont formels. « Il est plus avantageux de se faire vacciner contre les hépatites A, B et E que de se faire soigner. Non seulement le traitement est long et élevé, mais la probabilité de guérison est faible », soutiennent-ils. Dans un article intitulé « Lutte contre les hépatites : succès pour la santé publique du monde, paradoxe au Cameroun », les deux chercheurs suggèrent donc au gouvernement camerounais de se conformer au programme de vaccination systématique des enfants promu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1992.

En effet, « Le vaccin est extrêmement sûr et efficace. Depuis 1982, plus d’un milliard de doses ont été administrées dans le monde. Dans bien des pays où 8 à 15 % des enfants devenaient des porteurs chroniques, la vaccination a permis de ramener cette proportion à moins de 1 % », confirme l’OMS. C’est qu’au Cameroun, les taux de prévalence sont encore élevés. Par exemple, dans la tranche d’âge de 15 et 59 ans, le taux de prévalence pour l’hépatite B est de 8,3 % selon les chiffres du ministère de la Santé publique.

Et dans un pays où le traitement contre l’hépatite B reste long et coûte environ 2 400 000 de FCFA sur une durée indéterminée, avec un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté d’après des chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), « Il est donc évident que 37,5 % de Camerounais sont incapables de suivre le traitement des hépatites. D’où l’intérêt de se faire vacciner », écrivent Mindja et Dang Babagna.

Pour donner du crédit à cette thèse, ils citent en exemple les pays qui ont accepté de se conformer au programme de vaccination systématique des enfants encouragé par l’OMS. « La Belgique, la Bulgarie, l’Espagne, l’Estonie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie déclarent des taux de couverture chez les enfants de moins de deux ans qui dépassent 95 % », lit-on dans l’article. Par conséquent, « le gouvernement et les ONG gagneront à investir davantage sur la sensibilisation et la vaccination du personnel médical et des populations ».

A noter que pour lutter contre les hépatites, le Cameroun a initié des actions comme le Plan stratégique national (PSN) de lutte contre les hépatites virales 2020-2024 dont l’objectif est d’accroître de façon considérable la réponse aux hépatites. Par ailleurs, le gouvernement subventionne le traitement contre l’hépatite C. Ledit traitement est donc passé de 7,5 millions de FCFA par personne pour 10 à 12 mois de soins en 2012 à 300 000 FCFA pour trois mois de traitement.

Toutefois, il ne s’est toujours pas conformé à la vaccination systématique des enfants contre cette maladie. En conclusion, « la prévention contre les hépatites virales est un véritable paradoxe au Cameroun. Pendant que plusieurs pays adoptent le programme d’immunisation des enfants en amont, le slogan du Cameroun reste clair ; « Agir contre l’hépatite : dépister, traiter », déplorent les auteurs.

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