La formation sanitaire sans toiture depuis mars 2019 suite à un orage, présente un visage hideux de délabrement avancé et d’insalubrité. La structure est dans la broussaille et manque d’eau courante. Les nombreuses requêtes déposées auprès du ministère de la Santé publique en vue d’une solution sont restées lettre morte.Reportage.

Le District de santé d’Elig-Mfomo est un grand corps malade. Délabrement avancé, insalubrité, broussaille, vétusté, manque d’eau courante, électricité en discontinue, absence d’ambulance, bureaux fermés. Voilà autant de maux dont souffre cet établissement hospitalier situé à un jet de pierre de la Sous-préfecture et de la mairie, dans le département de la Lékié. Tenez par exemple : Voilà bientôt un an que le bâtiment principal de cet hôpital a perdu sa toiture suite à un violent orage, en mars 2019.

Pourtant, ce bâtiment sinistré est celui qui abritait l’essentiel des services du district de santé à savoir le laboratoire, la vaccination, l’administration, les blocs opératoires. Ce tableau sombre se poursuit dans les salles d’hospitalisation. Elles sont tout simplement inoccupées, les blocs opératoires fermés. Les bâtiments annexes situés à l’arrière de la façade principale avec des portes fermées, sont envahis par la broussaille. Aujourd’hui, le District de santé (DS) d’Elig-Mfomo étale sa misère et son mauvais état de santé sous les regards indifférents et impuissants des autorités administratives et municipale, et est quasiment en arrêt d’activités.

Indifférence de la hiérarchie

En effet, au cours d’une descente de terrain, le reporter du journal Essingan a trouvé un hôpital vide, où règne un silence de mort. Les patients ont tous désertés les lieux. Seul le chef de district et quelques personnels y sont présents tous les jours apprend-t-on d’un riverain. Ledit personnel se retourne les pouces à longueur de journée. «On s’ennuie ici. Il n’y pas de travail. Les patients sont rares, la plupart préfèrent se rendre au centre de santé intégré catholique d’Elig-Mfomo», se plaint une infirmière. Faute d’équipements et du matériel médical, le DS d’après une autre infirmière «fonctionne par débrouillardise».

Lorsque l’orage a arraché la toiture l’année dernière, le chef du DS de l’époque, le Dr Daniel Kana a saisi l’hôpital Central de Yaoundé, présenté ici comme sa hiérarchie directe, puis la Délégation régionale de la Santé pour le Centre, ainsi que le ministère de la Santé publique (Minsanté) pour les travaux de réparation, et même de rénovation de l’hôpital. Mais sa requête est sans réponse jusqu’à ce jour. La même demande a été réitérée à plusieurs reprises auprès du Sous-préfet d’Elig-Mfomo, du préfet de la Lékié, ainsi qu’auprès de la tutelle, le Minsanté, par les différents responsables qui lui ont succédé. Même l’actuel chef de district de santé, Léon Noah Awono, administrateur de santé publique, fait face à l’indifférence de sa hiérarchie.

Querelle de compétences

De son côté, le maire de la commune, Stanislas Ayissi, explique que la situation du DS d’Elig-Mfomo ne relève pas de son essor, bien qu’il ait voulu y apporter une solution. «En tant que maire de la ville, la situation de l’hôpital de district me préoccupe énormément. Le ministère de la santé publique qui est au courant de la situation a envoyé à la commune une dotation de 50 millions de Fcfa pour la rénovation des aires et centres intégrés de santé publique de l’arrondissement, mais sauf le district », précise le magistrat municipal. Malgré cela, « J’ai voulu enlever 15 millions de Fcfa pour redonner vie à cet hôpital, mais le préfet de la Lékié, monsieur Kamsu m’a rappelé au cours d’une réunion que cela ne relève pas de ma compétence», poursuit l’édile de la ville.

Pourtant, il apparait aujourd’hui plus que jamais que cet hôpital admis aux urgences a besoin de soins intensifs pour sa survie. Créé en 2002, ce DS est sous la tutelle directe de l’hôpital central de Yaoundé. Il chapeaute sept Centres de santé intégrés (Nkolossan, Nkengue, Komo-Esselé, Niga, Mbanedouma, Endama et Kokodo). Il est doté d’une administration, d’un laboratoire, d’une salle d’accouchement, d’un pavillon maternité, d’un pavillon bloc opératoire, d’une salle de réanimation polyvalente, d’une Unité pour la prise en charge des personnes atteintes du VIH/Sida.

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