Le Secrétaire permanent du Programme Elargi de vaccination (PEV) dresse le bilan de 10 mois de vaccination et expose sur les nouvelles stratégies de ce bras séculier de l’Etat en matière de vaccination pour l’année 2022. Lire l’interview.

 

En 10 mois, seulement 2,9% de la population totale est vaccinée contre le Covid-19 au Cameroun. Peut-on conclure à un échec de la stratégie nationale de Vaccination au regard de cet état des choses ?

Il est vrai que nous n’avons pas atteint notre objectif de couverture initialement fixé, mais le fait d’avoir introduit la vaccination dans le dispositif de riposte et vacciner plus d’un million de personne dans un contexte difficile n’est pas un échec.  Même une couverture de 3% avec un nombre non négligeable des personnes vaccinées parmi les sujets à risque peut contribuer à ce qu’il y’ait moins des personnes malades et hospitalisées même en période de forte transmission.  C’est également une réussite d’avoir réussi à satisfaire à la demande de nos concitoyens qui avaient besoin de la vaccination pour leur santé à l’échelle individuelle et pour les voyages internationaux par exemple. Donc on ne peut parler d’un échec puisqu’on a déjà parcouru un long chemin dans le déploiement même si nous ne sommes pas encore arrivés à là on aurait souhaité être. Ce qui a été parcouru est vraiment énorme et nous en sommes satisfaits. Ça aurait été catastrophique si on ne l’avait pas introduit.

Quels arguments solides et nouveaux comptez-vous utiliser cette nouvelle année 2022 pour inciter les populations à la vaccination contre le Covid-19 ?

De façon générale les arguments pour se faire vacciner sont basées sur le risque de la maladie est le bénéfice de la vaccination. Aujourd’hui,  le risque lié à la maladie est moins perçu vu la situation épidémiologique sous contrôle et cela est tout à fait logique. Il faut vraiment se féliciter et rassurer la population sur cet aspect-là. Cependant, il existe encore beaucoup d’incertitude sur comment la pandémie va évoluer dans les zones où l’immunité collective est faible. Si aujourd’hui plusieurs pays lèvent les restrictions, c’est parce qu’il y a des assurances quant à leur niveau d’immunité collective conférée essentiellement par la vaccination. L’incertitude diminue quand on a une bonne couverture vaccinale. Dans notre pays l’argument que nous devons utiliser pour amener les gens à se faire vacciner est que, même si la pandémie soit sous contrôle aujourd’hui pour notre grande satisfaction, nous devons augmenter la masse des personnes vaccinées en ciblant prioritairement les personnes à risque pour se mettre à l’abris d’un scénario catastrophique où le peu de ressources que nous disposons dans notre système de santé est réorienté vers la prise en charge des malades Covid19.  Il est donc indispensable que les personnes à risque et leurs proches soit vaccinés sachant que les personnes moins a risque peuvent s’exposer de façon naturelle est avoir, au moins de façon temporaire les mêmes avantages que les personnes vaccinées pour acquérir notre immunité collective.

Vous avez dit dans une récente interview que vous comptez lutter contre la désinformation dans cette pandémie. Comment et par quels moyens ?

La désinformation est actuellement le facteur qui influence le plus la décision de se faire vacciner ou pas. Il ne s’agit pas toujours d’un aspect négatif mais parfois, elle traduit   les besoins de la population à accéder à la bonne information et aux connaissances pour leur propre santé. Pour nous, cette gestion de la désinformation consiste premièrement à installer l’écoute sociale et deuxièmement à répondre aux préoccupations de chacun pas seulement au sujet de la vaccination Covid-19, mais aussi des autres vaccinations indispensables pour maintenir le contrôle et l’élimination des maladies mortelles comme le tétanos néonatal, la rougeole, la fièvre jaune ou l’hépatite virale B que nous avons obtenus au bout d’efforts énormes. Il ne s’agira donc pas d’une simple confrontation entre le vrai et le faux. Pour cela, le moyen est essentiellement humain. Nous voulons constituer un groupe d’experts, composées des personnes de divers backgrounds, désireuses de participer à l’éducation sanitaire de notre population en créant une interaction dynamique avec celle-ci. Il faut se dire que maintenant la communication c’est pour convaincre et pour convaincre il faut communiquer de façon factuelle.

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