(Lurgentiste.com)- Les 152 000 doses du vaccin Pfizer réceptionnées le 5 décembre 2021 pourront être proposées aux enfants âgés de 12 à 15 ans pour se prémunir contre le Covid-19 au Cameroun. L’information est du Dr Shalom Tchokfe Ndoula, Secrétaire permanent du Programme Elargi de vaccination (PEV), tel qu’indiqué dans les colonnes du quotidien national Cameroun tribune. Ainsi, ces enfants bénéficieront volontairement de ce vaccin développé par le laboratoire américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech.

Au sein de l’opinion publique et de la classe médicale, cette décision prise par le Groupe consultatif technique national sur la vaccination (Nitag) est loin de faire l’unanimité et est très critiquée. Elle devait se faire « sur la base des données, de tendances ou perspectives», soutient un médecin en service au ministère de la Santé publique (Minsanté). Pour un autre, cette décision même quoi que « justifiée, est maladroite ». Selon lui, elle cache une volonté d’élargir la cible à la vaccination. « Ils pensent qu’ils peuvent élargir la cible pour avoir un nombre important de la population vaccinée. Or les médecins et le reste de la population doivent d’abord se faire vacciner avant de toucher cette cible », soutient ce médecin de Santé publique au Minsanté. Déçu.

Un avis que partage son confrère impliqué lui, dans la riposte gouvernementale. « De mon point de vue, c’est encore le même problème de définition de la cible qu’on tente d’élargir ou au pire, faire comme c’est le cas en France ». En fait, « c’est du mimétisme », du « copier-coller », ajoutent deux autres. Cette décision relèvent-ils, intervient après celle de la France. Sauf qu’en France, ces enfants « ont été considérés comme des réservoirs du virus et sur le plan épidémiologique après avoir vacciné plus de 50 millions de personnes », précise notre source impliquée dans la riposte.

De plus, les autorités françaises « voulaient toucher cette partie au regard de la relance de l’activité économique, de l’arrivée d’Omicron. Et ce vaccin a été réservé aux enfants fragiles », ajoute ce dernier. Conclusion : « Le Cameroun se fait emporter par le vent étranger sans toutefois se poser des questions sur l’importance d’une telle décision. Nos dirigeants doivent comprendre que ce qui est bon pour les autres ne l’est forcément pas pour nous », déclare Albert Zé, économiste de la santé. Courroucé.

Ligne de défense

Des avis que l’on bat en brèche au PEV. En réalité, « le vaccin Pfizer est recommandé pour cette tranche d’âge et c’est recommandé par le Nitag», justifie notre source. En effet, d’après le laboratoire américain, un essai clinique de phase 3 réalisé chez des enfants âgés de 12 à 15 ans a montré une efficacité de 100% et un profil d’innocuité satisfaisant dans ce groupe d’âge. « Ce qui a conduit à étendre l’indication de l’âge qui est passée de 16 à 12 ans », précise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Surtout que les données indiquent que les adolescents sont aussi susceptibles de transmettre le Covid-19 au même titre que les adultes.

Toutefois, « L’OMS recommande aux pays d’envisager d’administrer le vaccin chez les enfants âgés de 12 à 15 ans uniquement lorsqu’une couverture vaccinale élevée avec deux injections est atteinte dans les groupes hautement prioritaires qui ont été identifiés dans la Feuille de route de l’OMS pour l’établissement des priorités», peut-on lire sur le site internet de l’agence onusienne. Celle-ci recommande particulièrement de vacciner les enfants de 12 à 15 ans présentant des comorbidités qui les exposent à un risque « significativement » plus élevé de développer une forme grave de la Covid-19. Donc, « On peut bien vacciner les jeunes camerounais sans qu’aucun problème ne se pose », affirme le Dr Basile Ngono.

Au PEV, l’on ignore quand l’application sera effective. « Je n’ai pas la légitimité pour en parler », fait savoir Jean Claude Napani, chef de la section communication pour le développement. Mais, « Ce qui est certain, ce sera précédé d’une communication », assure notre source. Selon le Dr Andreas Ateke-Njoh, secrétaire adjoint du PEV, ces vaccins stockés entre -80 et -60 °C dans la chambre de stockage ultra froide du PEV à Yaoundé en ce moment, seront distribuées dans les 10 régions du pays et les centres de vaccination après pré-enregistrement des bénéficiaires.

Car, une fois sortis de la chambre froide du PEV pour être stockés à la température habituelle de +2 à +8 °C au niveau des régions et des districts, ils ne peuvent être utilisés que pendant 31 jours. Voilà pourquoi il est important selon le Dr Andreas Ateke-Njoh, de procéder à un pré-enregistrement afin que la quantité nécessaire soit envoyée aux différents centres de vaccination. A noter que Pfizer offert par les Etats-Unis via le dispositif Covax est un vaccin à deux doses, administrées à 21 ou 28 jours d’intervalle. Tout comme AstraZeneca et Sinopharm.

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