La vaccination sera « ciblée, volontaire et non obligatoire ».

C’est dans le cadre de la mise sur pied de la stratégie d’accélération de la vaccination

Le Cameroun vaccine une moyenne de 1360 personnes contre le Covid-19 par jour. « La moyenne est faible », a récemment reconnu le Dr Tchokfe Shalom Ndoula, secrétaire permanent du Programme Elargi de vaccination. Ce d’autant plus que son ambition est de vacciner au moins 20% de la population avant l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier 2022. D’où la mise sur pied de la stratégie d’accélération de la vaccination. Le but est d’atteindre 5000 personnes vaccinées par jour, « en dehors des campagnes de vaccination intensives qui seront organisées occasionnellement », précise Manaouda Malachie dans un document du 21 mai envoyé aux 10 délégués régionaux de la Santé publique.

Pour cela, l’offre de la vaccination a été élargie à toute personne éligible âgées de 18 ans et plus. « Ceux qui voudront se faire vacciner vont simplement se rendre dans une formation sanitaire et ils recevront le vaccin. Ils auront le choix entre AstraZeneca, Johnson and Johnson et d’autres vaccins », a rassuré le SP du PEV. L’intégration de la vaccination dans les activités de routine et le mécanisme de financement basé sur les performances, la communication de proximité dans toutes les communautés et l’identification des centres de vaccination supplémentaires de manière à couvrir toutes les Aires de Santé avec un Centre de vaccination sont les autres stratégies qui seront implémentées.

Critiques

Sauf que, « Les campagnes de vaccinations massives ne servent à rien. Les pouvoirs publics peinent à convaincre parce que d’un côté il y a le Covidgate qui fait fureur », pense d’emblée un médecin de Santé publique. Pour lui, « Ce chiffre de 5000 personnes à vacciner est facilement atteignable pourvu qu’on s’attaque à la racine du mal. Le problème de faible engouement est un problème général. Mais ce n’est pas ça le problème ». En fait, « Ceux qui doivent vacciner qui sont les personnels de santé sont ignorants. Il faut que 100% de ces personnels de santé soient formés et vaccinés. Ça va induire des changements parce que 70% de ceux-ci seront vaccinés », suggère ce dernier.

Pour l’heure, rien ne filtre sur les moyens dont dispose les autorités sanitaires pour atteindre cet objectif de 5000 personnes. D’ores et déjà, une frange de l’opinion s’insurge contre cette communication uniquement autour de la vaccination, au détriment des autres mesures de protection contre le virus mortel. « Les choses sont faites comme s’il n’y a que la vaccination contre le Covid-19 qui agit pour maintenir la population en santé », regrette un acteur du secteur de la santé au Cameroun. De plus, « Cette focalisation sur la vaccination Covid-19 nous éloigne des vrais besoins en vaccination. Il y a d’autres maladies évitables par la vaccination qui ont une plus grande incidence sur la population que le Covid-19 », poursuit-il.

Par conséquent, « Il faut qu’on intègre le Covid-19 comme une maladie chronique comme les autres et qu’on recommence à gérer et organiser notre système de santé sans faire une exception Covid-19 », suggère ce dernier. En tout cas, au 25 mai, le Cameroun avait déjà vacciné 62 mille  personnes, d’après Manaouda Malachie. « Pour nous, c’est une bonne évolution.  La courbe monte au Cameroun. Mais pour atteindre notre objectif, il faut que la courbe monte plus rapidement que ça ; que le nombre de personnes vaccinées soient plus élevé. C’est pourquoi il faut toutes ces stratégies que nous avons prévu de déployer », précise le Dr Tchokfe Shalom Ndoula.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here