(Lurgentiste.com)- La Commission des droits de l’homme et des libertés du barreau du Cameroun a décidé de s’inviter au débat sur l’obligation vaccinale au Cameroun. Dans une déclaration publiée le 15 octobre 2021, elle « note avec beaucoup d’émoi la généralisation par l’administration publique de l’exigence du vaccin anti-Covid-19, en l’absence d’un cadre législatif et réglementaire ».

Au banc des accusés, le ministère de la Santé publique (Minsanté), l’hôpital général de Yaoundé (HGY), le gouverneur de la région de l’Est ou la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), éditrice du quotidien gouvernemental Cameroon tribune et depuis le 11 octobre dernier, la présidence de la République. Des administrations qui ont fait du vaccin pour la majorité, une obligation d’accès à leurs services. La Commission y voit, une discrimination vis-à-vis des citoyens non vaccinés.

Or, « en l’absence d’un cadre législatif et réglementaire précis, il est clair que ces différentes administrations violent la maxime ‘’noli me tangere’’ qui fixe le principe de l’inviolabilité du corps humain et leurs prescriptions sont dès lors légalement et moralement condamnables », peut-on lire dans ce document abondamment relayé sur les réseaux sociaux. De plus, « Parce qu’il s’agit d’une atteinte grave aux libertés, le législateur et le législateur seul a le pouvoir de déterminer le caractère obligatoire des vaccins pour les motifs de santé publique », prévient Me Christian Daniel Bissou, président de cette Commission.

Il invite donc les autorités de santé publique à multiplier les séances publiques d’information et des programmes d’éducation des communautés sur l’évolution de la science, et « le législateur camerounais à fixer un cadre normatif général et abstrait, apte à avoir l’adhésion de tous en tenant compte du principe inaliénable du consentement ».

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