Covid-19. La résilience des systèmes de santé africains à nouveau auscultée

(Lurgentiste.com)- Les pays africains ont-ils véritablement été épargnés par la récente pandémie de Covid-19 ? Difficile à dire selon Albert Ze, au regard de leur niveau de résilience « nul » en matière de santé. « Avec un niveau de résilience nulle, ces systèmes sont complètement insensibles à tout choc ou crise », affirme cet économiste de la Santé.

Dans une note à paraitre intitulée « La résilience dans la perspective du renforcement des systèmes de santé après le Covid-19 : Pourquoi l’Afrique a-t-elle été le continent le moins touché ? », le directeur de l’Institut de Recherche pour la Santé et le Développement (Iresade) démontre qu’en l’état, « rien ne prouve que l’Afrique était moins touchée ». Ceci, d’abord parce que leurs systèmes de santé « ne disposent pas de capacité à faire face à une crise ».

En fait, ils sont « les moins organisés et les moins structurés. Ce qui a pour conséquence leur très faible performance accompagné d’un financement inadapté », critique ce dernier. Ensuite et à titre d’exemple, les tests de dépistage. Plus un pays en effectue, plus il détecte des cas et inversement. « Sur ce volet des tests, l’Afrique n’a pas été à la hauteur par rapport aux pays Européens. Nos pays n’ont même pas pu faire la moitié des tests effectués par un seul pays européen. D’où certainement le faible effectif des cas ».

En effet, le cumul des données sur les tests depuis le début de la pandémie covid19 jusqu’en août 2023, montre que l’Afrique n’a effectué que 93 tests pour 1000 habitants. Or, « de façon globale, un pays n’ayant effectué aucun test n’aura aucun cas alors que certainement le virus circule dans la population », soutient Albert Ze.  Certes, « Plusieurs efforts sont faits », reconnait-il. Mais, « ces systèmes continuent de connaitre l’une des plus grandes difficultés qui est leur faible organisation couplée à une structuration très peu adaptée aux réalités socioéconomiques du continent ». De plus, leur capacité à ressentir les chocs est « inexistante ».

De ce fait, « La perte de cette capacité à ressentir les chocs pourraient donc être une explication du faible impact de la Covid-19 sur le continent ». A cause de cette insensibilité, « On ne peut donc pas prétendre que l’Afrique a été moins touchée par la crise, car il n’y a pas eu une véritable évaluation des effets aboutissant à des conclusions précises », conclut l’économiste de la Santé. Non sans plaider pour des systèmes de santé en Afrique dont la structure est adaptée aux besoins des populations. « Autrement dit, un système bien organisé et dont la structure est organisée aux besoins des populations ».

 

Olive Atangana

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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