D’abord réticent il y a quelques semaines, l’organisation onusienne vient de déclarer que l’épidémie passe au stade de « pandémie ».

Le 24 février dernier, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus était formel : Il était inutile de qualifier le Coronavirus de Pandémie. L’argument principal était d’éviter de générer plus de panique au niveau mondial. «L’utilisation imprudente du terme pandémie n’a aucun avantage et risquerait d’amplifier inutilement des peurs, une stigmatisation ainsi qu’une paralysie des systèmes de santé», avait d’ailleurs déclaré le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Selon lui, «Cela indiquerait que nous ne pouvons plus contenir le virus, ce qui n’est pas vrai», ajoutait-il, pour expliquer cette réticence. Après avoir hésité pendant quelques semaines, l’annonce est tombée le 11 mars 2020 : l’épidémie de Covid-19 est désormais considérée comme une «pandémie». Ce mot a été utilisé mercredi dernier, au cours d’une conférence de presse.

Jusqu’ici, le Dr Tedros Adhanom, avait pourtant jugé qu’il était encore trop tôt pour franchir ce cap. Mais aujourd’hui, « Le mal est profond. Donc, il n’y a plus le choix », croit savoir le Dr Albert Zé, économiste de la santé. En fait, cette décision de muter d’épidémie à pandémie est motivée non seulement par «Le niveau alarmant» et «La sévérité» de la propagation cette pneumonie à travers le monde, mais aussi et surtout, par «les niveaux alarmants d’inaction» des États.

L’OMS se dit préoccupée, surtout que cette «pandémie» pouvait être «contrôlée». Une décision qui suscite certaines critiques, dans le milieu médical, « Ils sont dépassés vu qu’ils n’ont rien fait », critique un spécialiste de Santé publique.  Et ce dernier de s’interroger : « Elle représente l’organisme suprême de surveillance épidémiologique. Comment en est on arrivé à une propagation aussi rapide ? ».

Ce qui change

Le passage d’une épidémie à une pandémie permet de franchir un cap au niveau stratégique. Lorsqu’il n’est plus possible d’endiguer la propagation du virus et que des cas se déclarent par centaines sur tous les continents, il convient de changer de cap pour tenter d’atténuer l’impact du pathogène. «Décrire la situation comme une pandémie ne change pas l’évaluation de la menace posée par ce coronavirus. Cela ne change pas ce que fait l’OMS, et cela ne change pas ce que les pays devraient faire», a déclaré le directeur général de l’OMS.

A en croire l’organisation, une épidémie correspond à la propagation d’une nouvelle maladie chez un grand nombre d’individus non immunisés dans une région donnée, tandis qu’une pandémie est la propagation mondiale à grande échelle de cette même maladie dans plus de 2 continents. Le passage d’une épidémie à une pandémie permet de franchir un cap au niveau stratégique.

Lorsqu’il n’est plus possible d’endiguer la propagation du virus et que des cas se déclarent par centaines sur tous les continents, il convient de changer de cap pour tenter d’atténuer au maximum l’impact du pathogène. Concrètement donc, peu de choses changeront concernant la réponse globale de la communauté internationale face au Covid-19. Cela permettrait notamment de mettre en place des accords internationaux afin de faire face aux conséquences économiques et sociales d’une telle maladie.

Fragilisation et loi de la jungle

A ce jour, 70 pays ont déjà fermé leurs frontières avec d’autres pays. Parmi eux, 40 seulement ont prévenu l’organisation onusienne. Laquelle subi les critiques des pays européens qui lui reproche de n’avoir pas agit à temps. Ce qui fait que chaque pays prend des mesures pour se protéger contre ce virus. Aucune concertation ou presque, des grands pays pour affronter la maladie.

Pourtant, lors de la précédente crise mondiale en 2008-2010, les dirigeants des grands pays s’étaient efforcés d’unifier leur riposte, pour limiter l’impact de la débâcle financière. Aujourd’hui, confrontés à la progression galopante du virus Covid-19 venu de Chine, les États ne coordonnent plus leurs actions. Les résultats sont désastreux : l’épidémie se répand, la protection sanitaire et l’arsenal de mesures varient du tout au tout d’un pays à l’autre.

Au Cameroun, une réunion des ministres de la Cemac pour le renforcement de la prévention et préparation de la riposte face à l’épidémie s’est tenue à Douala hier, sous la présidence de Manaouda Malachie. Le pays a enregistré deux cas confirmés le 6 mars dernier. Ces deux personnes infectées au Covid-19 sont en voie de guérison. Confinées à l’unité d’isolement de l’hôpital Central de Yaoundé, leur état est jugé stable. Leur sortie est prévue dans deux semaines. A noter que les 179 personnes ayant été en contacts avec ces deux cas ont été tracées.

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