(Lurgentiste.com)- Au Camp des réfugiés de Minawao dans la région de l’Extrême-Nord, trois personnes sont déjà décédées de choléra et 39 cas ont été identifiés. Selon le personnel médical en charge des cas, les patients sont dans « un état grave mais stable ». Suffisant pour que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) se dise « préoccupé » par cette situation et appeler à « un soutien urgent » des bailleurs de fonds, ce 19 octobre.

C’est que, les sources d’eau potable et les infrastructures sanitaires sont devenues insuffisantes pour la population du camp qui a presque doublé entre temps, passant de 40 000 personnes en 2015 à 75 000 actuellement. « Les efforts visant à améliorer rapidement l’eau, l’hygiène et l’assainissement à Minawao sont entravés par le manque de ressources », regrette Olivier Beer, le représentant du HCR au Cameroun.

Par conséquent, cette agence des Nations Unies pour les réfugiés affirme que des fonds supplémentaires sont nécessaires « de toute urgence » pour combler ces lacunes existantes « et réduire le risque de futures épidémies ». Dans ce camp précisément, la liste des besoins du HCR fait état de 250 000 dollars pour augmenter la production et l’approvisionnement en eau potable à partir de forages et de systèmes de pompage dans les rivières voisines.

Ce n’est pas tout. « Un autre montant de 200 000 dollars est nécessaire pour combler un déficit de 900 latrines et améliorer la gestion des déchets dans le camp », ajoute l’agence. Et, « Tous ces besoins sont extrêmement urgents », insiste Olivier Beer. Malheureusement, l’opération du HCR au Cameroun est « gravement sous-financée, avec seulement 28 % des besoins financiers pour 2022 couverts ».

Pour l’heure et en attendant, cette agence travaille avec le gouvernement camerounais, les agences des Nations Unies, d’autres partenaires et les acteurs de la santé pour contenir la situation, assurer des soins urgents aux personnes malades et briser la chaîne de transmission. Ceci, à travers l’identification et le signalement des cas suspects, la surveillance étroite des cas de contact et la désinfection des maisons des cas suspects et des espaces publics du camp.

Au 18 octobre donc, 24 des 39 patients avaient déjà reçu un traitement dans les établissements de santé de Minawao. Douze personnes ont récupéré et sont rentrées chez elles. Donc, « Nous demandons ce soutien aux bailleurs de fonds pour renforcer aussi le gouvernement camerounais », précise Helen Ngoh Ada, de la représentation HCR du Cameroun. Pour rappel, le choléra se transmet par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés.

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Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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