(L’urgentiste.com)- Jours mouvementés pour le Dr Vandi Deli, directeur général de la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments essentiels (Cename). En l’espace d’une semaine, le patron de la Cename a été suspendu de ses fonctions, s’est vu interdit d’accès à son bureau et son véhicule de fonction retiré, à la demande du Conseil d’administration. «Hier matin (lundi 21 mars : Ndlr), la PCA est arrivée avec des éléments de la police qui ont posé des scellés sur le bureau du directeur », confie un cadre de l’entreprise rencontré sur le terrain. Toutefois, lesdits scellés ont été levés dans l’après-midi de ce mardi 22 mars, renseigne un membre du Conseil d’administration, sans donner les détails sur les circonstances.

« Fautes disciplinaires »

Les déboires du Dr Vandi à la tête de la Cename ne datent pas d’hier. Mais ses rapports avec la présidente du Conseil d’administration (PCA), Marie Mélanie Bell, se sont davantage dégradés la semaine dernière, débouchant sur la tenue d’une session extraordinaire du Conseil d’administration. Si les résolutions de cette réunion n’ont pas été officiellement communiquées, des sources internes à ce conseil convergent que le directeur général a été sanctionné pour «fautes disciplinaires »«Le Conseil dadministration a relevé 8 fautes disciplinaires à lencontre du DG », avance une source proche du dossier. D’où la suspension d’un mois retenue par les membres du Conseil, contre le natif de Mogodé à l’Extrême-Nord. Dans la même veine, la gestion des affaires courantes et financières a été respectivement confiée au Dr Souaibou, et le nommé Edoa Mvogo. Le premier est directeur des Approvisionnements à la Cename et le deuxième est représentant du ministère des Finances au Conseil d’administration.

Contrattaque de Manaouda Malachie

Le moins qu’on puisse dire c’est que le traitement réservé au jeune DG de 44 ans incommode Manaouda Malachie. Le ministre de la Santé publique (Minsanté) et tutelle administrative de la Cename, a donc «attaqué certaines résolutions du Conseil dadministration », confie un proche du Dr Vandi Deli. Et pour cause, «le ministre dit quil na pas été associé à cette décision », confie-t-on au Minsanté. Dans le camp de la PCA, l’argument avancé par le Minsanté n’a pas lieu d’être, car «il n’est que la tutelle de la Cename et n’est pas membre du Conseil. Il ne peut donc pas être associé aux décisions qui y sont prises», précise notre source précitée. Mais ce qui est sûr, c’est que les événements de ces derniers temps ne font pas l’unanimité au sein du Conseil d’administration. Certains membres trouvent que la PCA a eu la main lourde. «Il ny a pas eu détournement de fonds. On ne devait donc pas avoir une pose de scellés», commente l’un d’eux.

Climat social

Chez le personnel, ces événements ne rassurent pas. D’autant plus qu’ils interviennent dans un contexte où le climat social est tendu par plus d’un problème. D’abord, la gestion des congés du personnel. Le remous vient de ce que des employés sont mis en congés pour une durée indéterminée. Certains cadres sont en congé depuis 9 neuf mois et d’autres 11 mois, en violation de la réglementation, apprend-on. L’absence d’une assurance maladie oppose également le personnel au directeur général. Cette situation perdure depuis deux ans. «Nous navons plus dassurance maladie depuis que le Dr Vandi a pris fonction ici. Avant, lorsqu’un employé était malade ou un membre de sa famille, l’assurance leur garantissait une prise en charge. Nous n’avions donc pas à débourser de l’argent pour des soins de santé. Mais, les choses ont changé », déplore un cadre.

Ces problèmes font partie du chapelet de griefs présenté au Minsanté ce 22 mars. Les employés souhaitent ainsi que le patron de la Cename «humanise son management ». Le Dr Vandi Deli n’a pas encore réagi à ces accusations. Il était toujours injoignable au moment où nous mettions en ligne.

 

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