Recommandation faite par le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale Afrique pour l’OMS, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait un constat. Le nombre de nouveaux cas de cancer a plus que doublé dans la Région africaine, ces 20 dernières années. Il est ainsi passé de 338 000 cas notifiés en 2002 à environ 846 000 cas notifiés en 2020, indique l’organisation onusienne. « Les cancers les plus récurrents sont le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la prostate, le cancer de l’intestin, le cancer du côlon, le cancer du rectum et le cancer du foie », liste le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale Afrique pour l’OMS, dans son communiqué rendu public ce jour.

Au Cameroun, leurs taux sont respectivement de 21%, 14,9%, 14,0% pour les trois premiers et de 6,1% pour le dernier. « De toutes les régions de l’OMS, la Région africaine est celle qui ploie sous la plus lourde charge de cancer du col de l’utérus », poursuit ce médecin. Voilà pourquoi « L’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain doit être intensifiée afin de prévenir le cancer du col de l’utérus », préconise le Dr Matshidiso Moeti. Et à en croire la Directrice régionale Afrique, « L’adoption en 2020 par l’Assemblée mondiale de la Santé de la Stratégie mondiale en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique mondial revêt donc un intérêt majeur pour les pays africains ».

Pressions excessives sur les systèmes de santé

Selon l’OMS, dans la plupart des pays africains, les communautés peinent à accéder aux services de dépistage, de détection précoce, de diagnostic et de traitement du cancer. « Par exemple, seulement 30 % des enfants africains atteints de cancer survivent à cette maladie, contre 80 % dans les pays a revenu élevé. En outre, les difficultés liées à l’accès aux soins du cancer sont exacerbées pendant des crises telles que la pandémie actuelle de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) », indique la communication de l’OMS.

Suffisant pour le Dr Moeti de conclure : « À l’avenir, la charge croissante du cancer exercera des pressions excessives sur les systèmes de santé qui disposent de ressources limitées, comme sur les patients et leurs familles qui supportent déjà des coûts catastrophiques pour accéder à ces services ». Voilà pourquoi, « Nous avons tous un rôle à jouer pour encourager le dépistage et la prise en charge précoces », martèle cette dernière. Au Cameroun par exemple, le Pr Paul Ndom indique que le Comité national de lutte contre le cancer a conçu des centres de dépistage permanents et de diagnostic précoce de cancer. Car, « Le dépistage est aussi important parce que le cancer est une maladie difficilement curable », précise le Secrétaire permanent de ce Comité.

Instauration de la CSU

Et donc, l’organisation onusienne préconise l’instauration de la couverture sanitaire universelle. « Par ailleurs, l’amélioration des services de lutte contre le cancer est tributaire du renforcement des capacités du personnel de santé au niveau des districts de santé, de la mise en œuvre d’un système global de surveillance et de la mobilisation d’investissements en faveur des innovations numériques qui facilitent l’accès aux soins anticancéreux », martèle le Dr Moeti.

A noter que l’édition de cette année marque l’aboutissement de la campagne de trois ans baptisée « Je suis et je vais », qui vise à dissiper la peur entourant le cancer, à mieux appréhender cette maladie et à modifier les comportements et les attitudes. En rappel, les facteurs de risque associés au cancer comprennent le vieillissement et les antécédents familiaux, la consommation de tabac et d’alcool, une alimentation riche en sucre, en sel et en matières grasses, le manque d’exercice physique, le surpoids et l’exposition à certains produits chimiques.

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