(Lurgentiste.com)– Marguerite et Ashu ont été provisoirement libérés de la prison de Buea le 19 mai 2022, après quatre mois et demi de détention. L’information a été rendue publique par l’ONG le même jour sur son site et sur l’un de ses comptes Twitter. Ces deux employés de Médecins sans frontières (MSF) avaient été arrêtés le 27 décembre 2021, lors du transfert en ambulance d’un patient blessé par balles, dans la région du Sud-Ouest en proie à des violences entre groupes séparatistes armés et forces de sécurité.

Ils sont donc soupçonnés par la justice camerounaise de complicité avec les séparatistes anglophones. Relâchés, ils sont aujourd’hui en liberté provisoire. « On ne sait pas encore s’ils vont avoir des accusations criminelles qui vont être portées contre eux ou si ces accusations-là vont être laissées en non-lieu. On espère que la cour prendra la décision de ne pas continuer dans des procédures sachant les informations qu’ils ont actuellement. Très clairement, nos gens n’ont rien fait de mal », confie Sylvain Groulx responsable des opérations de l’ONG en Afrique centrale.

Par conséquent, « Nous espérons que cette liberté sera définitive et que les procédures judiciaires en cours les disculperont totalement de tout acte répréhensible », poursuit MSF. Non sans réitérer que le 26 janvier 2021, leurs collègues ont suivi les procédures de fonctionnement et de notification établies avec les autorités camerounaises pour le transfert de ce patient. Dans les rangs de MSF au Cameroun, même si « c’est une liberté provisoire », c’est le soulagement. « Nous sommes soulagés qu’ils aient pu retrouver leur liberté et retourner auprès de leur famille ». Surtout pour l’une des deux enceinte de sept mois et demi. « Elle avait besoin d’avoir des soins médicaux pour son enfant », précise le responsable des opérations de l’ONG en Afrique centrale.

Cette joie n’occulte cependant pas l’inquiétude qui prévaut dans les rangs de MSF. En effet, deux autres de ses travailleurs arrêtés dans la même région les 19 et 20 janvier et pour le même motif sont toujours eux, en détention. « Nous espérons une résolution similaire. Nous sommes également convaincus de la légalité des tâches qu’ils ont accomplies pour l’organisation médicale », indique MSF.

En rappel, MSF a suspendu ses activités dans la région en signe de protestation le 5 avril dernier. Avec cette libération, l’ONG se dit « disponible pour poursuivre le dialogue avec les autorités afin de résoudre cette situation au plus vite, en vue de pouvoir reprendre nos activités médico-humanitaires ». Elle conclut que « MSF et l’ensemble de son personnel sont guidés par l’éthique médicale et les principes d’impartialité, d’indépendance et de neutralité ».

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