Le PDG au Centre, lors d'une présentation avec le CNLCA.

(Lurgentiste.com)- L’industrie pharmaceutique locale est à la peine au Cameroun. Seulement 2% des produits pharmaceutiques disponibles sur le marché sont produit localement. Donc, 98% proviennent des importations, selon les chiffres de la Direction de la pharmacie, du médicament et des laboratoires du ministère de la Santé publique (Minsanté). Ce taux très élevé se justifie entre autres par l’importation des matières premières, des difficultés à obtenir les autorisations de mise sur le marché (AMM) et d’accès au financement. Pour ne rien arranger, sur un chiffre d’affaires de 100 milliards de FCFA, l’industrie nationale ne participe que pour 2 milliards de FCFA, révèlent les mêmes chiffres.

Plusieurs difficultés viennent plomber le décollage effectif de cette industrie locale. Pour le Dr Patrick Eloundou, pharmacien industriel et PDG de Tebimosa Pharmaceuticals, la première est législative. Sa prescription à ce sujet est donc que pour booster l’industrie locale, il faut qu’une loi soit votée au Parlement de manière à ce que les 30% des médicaments qui sont vendus en pharmacies soient fabriqués au Cameroun De manière détaillée, « qu’une fois qu’un médicament arrive au Cameroun, il faut qu’une des opérations pharmaceutiques soit faite localement. Ça peut être la fabrication des comprimés, la mise de ces comprimés en blister, le conditionnement en secondaire, le contrôle qualité », motive celui qui cumule 25 ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique de production selon les standards qualités EU GMPs et FDA.

La seconde difficulté est liée au financement et à une absence d’un appui institutionnel. Au sein de l’entreprise qu’il dirige par exemple, « nous avons des subventions qui nous ont été promise (1,5 milliards de Fcfa, revue à la baisse à hauteur de 500 millions de Fcfa : Ndlr), qui aujourd’hui ne sont toujours pas débloquées. Nous attendons toujours un déblocage de ces subventions qui tardent à arriver de manière complètes parce qu’elles nous ont été données de manière extrêmement minimales et très partielles », explique-t-il. Conséquence, Tebimosa qui a déjà investi 1 milliard 200 millions de Fcfa, n’arrive pas à se développer. « Nous attendons que le gouvernement puisse nous accompagner en libérant ces subventions qui nous ont été promise. Ça va énormément nous booster. D’autant plus qu’aujourd’hui, nous avons besoin de rassurer nos investisseurs, nos partenaires et d’impulser le développement au niveau du Cameroun et de la sous-région », précise le Dr Eloundou.

L’autre chose, c’est d’annuler les frais de Douanes. Le dernier point est celui des exonérations systématiques pendant 10 à 12 ans que devraient faire les Impôts. « J’en appelle aux Parlementaires, au Président de la République qui veut que la pharmacie soit le pilier central de l’émergence 2035 du Cameroun. Il faut ces deux lois pour le Cameroun et ça va booster l’industrie pharmaceutique locale », plaide le PDG de Tebimosa. Et ce dernier de conclure : « La solution de l’industrie pharmaceutique locale dépend de l’Etat ».

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