D’après l’enquête Smart 2021 du Minsanté, la maladie sévit chez les enfants de 0 à 59 mois.

Les résultats préliminaires de l’enquête nutritionnelle Smart-Sens 2021 viennent d’être rendus public par le ministère de la santé publique (Minsanté). D’après ceux-ci, la malnutrition aigüe chronique chez les enfants de 0 à 59 mois continuent de sévir au Cameroun. La région de l’Est et celles du Grand-Nord sont les plus affectées. Les taux y sont de 32,8% à l’Est, 40,2% au Nord, 36,4% à l’Extrême-Nord et 34,6% dans l’Adamaoua. En 2018, ils étaient respectivement de 37%, 41%, 37% et 35%. Soit une baisse considère de 5% pour la première, une légère 0,8% pour la deuxième, de 0,6% dans la troisième et 0,4% dans la quatrième. Toutefois, ces régions restent en situation « très élevée ». La malnutrition aigüe est faible dans les régions de l’Adamaoua (3,8%) de l’Est (4,5%) à l’Est et au Nord (4,8%) tandis qu’elle est modérée à l’Extrême-Nord (5,9%).

Aussi, le retard de croissance est très élevé dans toutes ces régions vulnérables avec un maximum de 1 enfant sur 2 touchés dans les sites et camps de réfugiés. Une situation similaire qu’en 2016. Au Camp des réfugiés de Minawao, la situation n’est guère plus reluisante. Le compteur affiche 48,1% tandis que pour les sites des réfugiés centrafricains de l’Adamaoua et de l’Est, les chiffres caracolent à 49,8%. « Les réfugiés Nigérians du camp de Minawao présentent une situation plus stable avec cependant une augmentation de la malnutrition aigüe sévère par rapport à 2016. Les réfugiés centrafricains présentent des prévalences de malnutrition aigüe élevées et globalement dégradées par rapport à 2016 », conclut l’enquête.

Elle a été menée auprès des populations hôtes des quatre régions vulnérables du Cameroun que sont l’Adamaoua, l’Est, l’Extrême-Nord et le Nord (Smart) et des populations réfugiées Centrafricaines et Nigérianes présentes dans les régions de l’Adamaoua, Est, Extrême-Nord et Nord (Sens) vivant dans des Sites et Hors-Sites. Elle visait à évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans, l’évaluation des pratiques d’allaitement et d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants de moins de 2 ans (Anje) et des femmes âgées de 15 à 49 ans. A noter qu’elle intervient dans le cadre d’une surveillance nutritionnelle mise en place depuis 2007 pour l’enquête Smart et qu’elle a été menée avec l’appui technique et financier des partenaires du Minsanté.

En rappel, la malnutrition qui se manifeste sur plusieurs mois se traduit par des retards de croissance « et pour palier à un retard de croissance le processus est un peu plus long », précise Ferdinand Limassou, nutritionniste. Plus grave, « Un enfant qui est déjà atteint de malnutrition aigüe chronique, il n’est plus facile de palier à son problème de santé. Surtout si par exemple elle a déjà affecté son système nerveux, cognitif ou sa mémoire », explique ce dernier. En réalité, « Il faut vraiment s’inquiéter pour ces régions affectées par la malnutrition aigüe chronique parce que nous aurons beaucoup d’enfants avec les problèmes de mémoire avec des conséquences négatives pour leur scolarité et même pour leur lien avec leur famille. C’est vraiment dommage », regrette le nutritionniste.

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