Des membres du Remedic au cours des assises.

(Lurgentiste.com)- Le Réseau des Médecins de District du Cameroun (Remedic) a fait un constat « amère ». L’accroissement du taux de chômage des jeunes professionnels de la santé et la précarité des médecins vont grandissant au fil des années, malgré l’absence de statistiques pour l’étayer. A ceci, il faut ajouter la vulnérabilité des contrats de travail, l’absence de protection sociale et de salaires décents autant des médecins exerçant dans le secteur public que privé. « Il y a même des médecins qui touchent 50 000 Fcfa », regrette le Dr Roger Etoa, président de ce regroupement de médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et membres de la diaspora.

Conséquences, les camerounais assistent, impuissants, à une dégradation de la pratique de l’éthique et de la déontologie de la profession médicale ; à une baisse de la qualité et la déshumanisation des soins dans les formations sanitaires ; à la fuite « massive » des cerveaux à l’étranger. Des dérives que déplore le Remedic et les met à l’actif notamment de l’absence d’intégration systématique des médecins issus des facultés de médecine. Il fait référence aux 700 médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes toujours en quête d’intégration à la fonction publique depuis 2020, après leurs sorties des écoles de médecines publiques.

D’autres faits incriminés s’ajoutent à cette liste. Il s’agit en partie de la mise sur pied des concours d’intégration sélectifs pour un nombre de places « très réduits » et de l’augmentation du nombre de faculté et d’étudiants en médecine. En effet, le pays est passé d’une à dix facultés de médecine et de moins de 100 à près de 1000 diplômés de médecine par an entre 2001 et 2021, déplore le Remedic.

« L’appel de Yaoundé »

 Réunis en assemblée générale au siège de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) à Yaoundé les 2 au 3 décembre 2022, ses membres ont donc débattu sur la problématique de l’insertion socio-professionnelle des jeunes médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens. Après un tour d’horizon de ces constats de la réalité sur le terrain et des conséquences qui en découlaient sur l’avenir de la profession des jeunes médecins, le Remedic a commis « L’appel de Yaoundé ». A travers ce document adressé aux autorités de la République et autres acteurs du système de santé camerounais et dont nous avons eu copie, ces médecins ont proposé « quelques solutions concrètes ».

Au rang de celles-ci, la création des nouvelles niches de recrutement des professionnels de la santé. « Par exemple dans les près de 20 000 établissements scolaires du pays, les compagnies de transports, les institutions et établissements publics, les collectivités territoriales décentralisées (régions, commune) », précisent les rédacteurs.

La levée des barrières à l’installation en clientèle privée notamment sur la durée d’expérience requise et le statut du médecin requérant, la fluidification des procédures de formation continue et de spécialisation ; et une amélioration de la qualité de la programmation de la formation médicale (nouveaux étudiants en médecine, pharmacie et chirurgie dentaire) en fonction des impératifs de la qualité et des besoins réels sur le terrain avec l’instauration éventuelle des numérus clausus ne sont pas en reste.

A travers ce document, ce réseau veulent « que les autorités prennent conscience de l’ampleur de la situation et que les différents acteurs se bougent pour changer les choses chacun à leur niveau », fait savoir son Président. A noter que ces assises de deux jours se sont déroulées autour du thème de l’insertion socio-professionnelle des professionnels de la santé, avec plusieurs sessions dont celles sur le canevas de création et d’ouverture des formations sanitaires privées au Cameroun ; les médecins face au militantisme associatif.

 

 

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here