Ils attendent le concours d’intégration depuis plus d’un an.

Les lauréats de la première promotion de l’examen national d’aptitude à la formation médicale rongent leur frein plus d’un an après leurs soutenances. Cette cuvée de la promotion 2013-2021 formée dans les facultés de médecine de l’Etat à Yaoundé, Douala, Buea et Bamenda attend toujours d’être affectée depuis lors. Dans le détail, il s’agit de 454 médecins (162 à Yaoundé, 115 à Douala, 82 à Buea et 95 à Bamenda). A ceci, il faut ajouter 90 pharmaciens (Yaoundé : 36 et Douala : 54) et 97 dentistes à Yaoundé. Soit un total de 641 personnels de santé.

Et peu à peu, l’inquiétude gagne leurs rangs. « Nous ne savons pas ce qui se passe ni vers qui nous tourner. Nous n’avons reçu aucun appel autant du ministère de la santé publique que de celui de la fonction publique et de la réforme administrative. Nous nous demandons même si nous serons affectés ou pas », confie l’un d’eux. Dépité. Or, « Les années antérieures, c’était le ministère de la santé qui nous a convoqué pour prendre service, avant de nous affecter. Le plus souvent, c’était entre janvier et avril. Cependant dans notre cas, nous ne savons rien et sommes épuisés par cette attente dont nous ne connaissons pas l’issue. La situation est d’autant plus préoccupante que nous sommes pour la plupart bloqué à attendre», poursuit ce médecin.

En fait, un concours d’intégration direct à la fonction publique est lancé chaque année. « Il concernait juste les étudiants des écoles privées et ceux des facultés de médecine des écoles étrangères et pour un nombre de places limités à 50. Nous des facultés d’Etat n’étions pas concernés. Nos ainés académiques de la promotion 2012 ont été affectés directement », avance l’un de ces médecins.

Démarches infructueuses

Des démarches ont de ce fait été entreprises par une délégation de cette promotion à la Direction des ressources humaines (DRH) du Minsanté la semaine dernière. Malheureusement, « Nous n’avons pas eu de réponses à propos de notre situation », indique un membre de cette délégation. En fait, cette situation ne relève pas de la compétence de cette direction fait savoir un haut cadre proche du dossier. « C’est le Minfopra qui recrute tous les personnels de l’Etat et les met à la disposition des ministères notamment le Minsanté. La DRH du Minsanté n’a donc aucune compétence pour leur intégration», martèle celui-ci.

Et d’expliquer que « l’intégration à la fonction publique était automatique en ce qui concerne les médecins formés dans les facultés de médecine des universités d’Etat. Ils allaient prendre fonction sans intégration parce qu’elle était automatique. Et on les affectait sans matricule. Mais cela causait une précarité de leur situation sur le terrain parce qu’en l’absence d’intégration, ils n’avaient pas de salaire ». D’où la réforme de 2012, à croire des sources au Minfopra. Laquelle stipule qu’à l’issue de leur formation, ces personnels de santé doivent attendre que le Minfopra lance un concours d’intégration à la fonction publique.

Ainsi donc, « Ils compétissent tous y compris ceux de leurs camarades avec qui ils ont fait l’examen national et qui ont été formés dans les facultés privées, en fonction du nombre de place mise en compétition. A l’issue du concours direct, les lauréats retenus en fonction du nombre de places ouvertes, sont ceux-là qu’on intègre à la fonction publique. C’est la réforme en vigueur depuis 2012 qui le stipule. Donc, on n’intègre pas d’office à la sortie de l’école », explique-t-on en ces lieux.

Et pour l’instant, « Nous n’avons pas reçu une instruction quelconque de la hiérarchie pour ce concours direct et on attend. Donc ils doivent patienter », conclut notre source du Minfopra. Sauf que, « Quand bien même un concours est lancé, c’est de petits effectifs par corps. C’est le gouvernement qui estime les besoins. Donc que ces personnels essaient déjà de se faire recruter dans le privé », conseille un enseignant d’une école de formation en médecine.

 

 

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