Cameroun. 958 enfants atteints du VIH en 2018

Selon le Rapport 2018 du Comité national de lutte contre le Sida (CNLS), 17214 d’entre eux sont nés de mères séropositives, sur une estimation de 26698 femmes enceintes VIH positif  (VIH+) au 31 décembre 2018. 

Les chiffres de la transmission Mère-Enfant du VIH/Sida au Cameroun ne sont pas reluisants. Selon le Rapport 2018 du Comité national de lutte contre le Sida (CNLS), 17214 enfants sont nés de mères séropositives, sur une estimation de 26698 femmes enceintes VIH positif (VIH+) au 31 décembre 2018.  Parmi eux, 958 ont été diagnostiqués VIH+. «Soit un taux de séropositivité de 5,8%, légèrement en hausse par rapport comparativement au taux observé en 2017 (5%) », déplore Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.

C’est ce qui justifie l’organisation du 10-12 septembre 2019 à Yaoundé, du deuxième forum national sur la Prévention de la transmission du VIH de la Mère à l’Enfant (PTME) et la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent. C’était sous le thème : «Optimiser la collaboration entre les formations sanitaires et les communautés pour la PTME et le prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent en vue d’atteindre l’objectif 90-90-90 d’ici 2020 au Cameroun ».

Au cours de celui-ci, le Minsanté a émis le souhait d’atteindre les objectifs 90-90-90 d’ici 2020 au Cameroun. C’est-à-dire, 90% des personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique, 90% de personnes informées de leur statut qui sont sous traitement antirétroviral, et 90% de personnes sous traitement qui ont une charge virale durablement indétectable.

Challenge

Selon le ministre, le défi à surmonter pour atteindre les objectifs « 90-90-90 », est l’élimination de la transmission VIH mère-enfant et l’accès universel au traitement antirétroviral (ARV) chez l’enfant et l’adolescent au Cameroun d’ici 2020. « Dépister est un problème mais dépister VIH+ est un gros souci. Avoir une charge détectable est plus déterminant que tout. Parce qu’il faut relever que dans les trois 90, il y a des réticences de certaines femmes au dépistage, au traitement. D’autres abandonnent même le traitement. Ce qui devient un gros souci », regrette Florence Yopa, chef de Projet PTME au sein du District de Santé de Mifi, région de l’Ouest.

D’où la nécessité d’intensifier la lutte et d’aller au-delà de la mobilisation communautaire des femmes enceintes de leurs enfants et de leurs partenaires. « A notre niveau, nous avons développé des stratégies communautaires parce qu’après la mobilisation, nous avons des acteurs qui continuent dans le suivi des femmes vivants avec le VIH », se satisfait un temps soit peu celle qui est par ailleurs représentante de l’Horizon femmes dans cette région.

Le forum PTME a regroupé les gestionnaires de programmes, partenaires techniques et financiers, experts nationaux et internationaux, décideurs. Il leur a ainsi permis de passer en revue les recommandations issues du premier forum national ainsi que les progrès réalisés par le Cameroun en matière de prise en charge du sida. Bien plus, de formuler une nouvelle stratégie, définir des actions prioritaires nouvelles, accélérer l’élimination de la transmission Mère-Enfant ainsi que la prise en charge correcte du VIH chez l’enfant et l’adolescent.

 

Encadré.

Seulement 20% d’entre des enfants de 0-18 ans pris en charge

Le chiffre à lui seul traduit l’insuffisance de la prise en charge chez les enfants de 0-18 ans. Voilà pourquoi au centre des débats tenus à Yaoundé du 10-12 septembre dernier, se trouvait la problématique de savoir comment réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Ce d’autant plus qu’assurer la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent au Cameroun était l’autre préoccupation au cours de ce forum.

Pour atteindre donc les objectifs 90-90-90, il apparaît nécessaire à en croire Jacques Boyer, le représentant de l’Unicef au Cameroun, de mettre en avant les femmes enceintes vivant avec le VIH et celui des enfants. Ce qui passe par une amélioration de leur prise en charge. Au Cameroun, huit femmes sur dix bénéficient du traitement antirétroviral. Celui-ci permet d’éviter la transmission de la maladie au bébé.

Aussi, « il n’est pas superfétatoire de préciser que la problématique des orphelins du Sida demeure également préoccupante car les actions d’aide sociale ne proposent pas toujours une prise en charge optimale », informe le Minsanté

En 2018, le Cameroun comptait 2,7% des adultes de 15-49 séropositifs et de 2,8% chez ceux de 15 à 64 ans. La prévalence du VIH chez les femmes de 15-49 ans elle, est près de deux fois plus élevée que chez les hommes de la même tranche. Soit 3,4% (1,9%). Ce qui fait un ratio d’infection de 1,8% entre les femmes et les hommes. Donc, il y a 180 femmes infectées pour 100 hommes. Ces chiffres sont de l’Enquête démographique et de Santé 2018 (EDS 2018).

Olive Atangana

Journaliste diplômée de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication (Esstic) au Cameroun. Passionnée et spécialisée des questions de santé publique et épidémiologie. Ambassadrice de la lutte contre le paludisme au Cameroun, pour le compte des médias. Etudiante en master professionnel, sur la Communication en Santé et environnement. Membre de plusieurs associations de Santé et Politique, dont la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) et le Club des journalistes politiques du Cameroun (Club Po). Très active sur mes comptes Tweeter et Facebook.

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