dimanche, juillet 25, 2021
Accueil Blog

Anomalie. Aucune pharmacie n’existe dans tout le département du Faro et Déo

4

Les populations sont exposées aux produits douteux et la vente illicite des médicaments prospère dans les hôpitaux.

Le nouveau directeur de l’hôpital de district de Tignère a défini comme l’une de ses principales restructurations, la redynamisation de la pharmacie. Le diagnostic posé par le Dr Conrad Nkodo Ottou est ainsi alarmant.  A Tignère, les médicaments de la rue sont la règle à cause de l’absence de pharmacie dans tout le département du Faro et Déo. Pour l’essentiel, selon certaines sources, ils proviennent du Nigeria voisin, non sans franchir illicitement les barrières douanières. C’est donc tout naturellement que dans cette formation sanitaire, la vente illicite des médicaments a longtemps dicté sa loi.

« Le danger plane avec ces médicaments de la rue. Il faut dire que ce sont ces infirmiers qui partent souvent acheter les médicaments dans la rue pour les proposer dans les formations sanitaires où ils travaillent. Ils se font certes de l’argent, au détriment des pharmacies, mais c’est la population qui est en danger. Si on ne fait pas attention, la jeunesse sera détruite. Prenez le cas des tramol, tramadol et autres médicaments qui ont des effets très négatifs sur les jeunes», déclare le Dr Etienne Wanda Wandji, pharmacien à Ngaoundéré.

C’est ce qui justifie la mise sur pied du plan stratégique de développement de l’hôpital de district de Tignère avec en bonne place, le volet médicament à sauver. « N’ayant pas encore de pharmacie d’officine, le secteur du médicament est un pilier porteur. En effet, générateur de capitaux, ledit secteur sera important à la fois pour donner un traitement efficace aux malades, pour motiver le personnel par des primes élevées et enfin, pour lutter contre le médicament de la rue », peut-on lire dans le dit plan stratégique.

Ainsi, « Il est question de capitaliser la pharmacie afin de gagner 100% des bénéfices contre seulement 15% sur le contrat actuel avec le Fonds régional de la Santé. Donner plus d’autonomie au pharmacien et enfin d’informatiser ladite pharmacie. La pharmacie est censée être pourvoyeuse de 50% des revenus hospitaliers », poursuit le plan. Cependant, pour donner plus de chance à la réussite de ce plan et à la traque du médicament de la rue, il faut l’ouverture d’une ou des pharmacies dans le Faro et Déo.

Affaire des bébés siamois. Le traitement infect de la presse camerounaise

0

Le 13 novembre 2019, les sœurs siamoises Bissie et Eyenga Merveille ont été opérées avec succès à l’hôpital Femme-Mère-Enfant des Hospices Civils de Bron, près de Lyon. Une prouesse médicale rendue possible grâce à la solidarité de plusieurs structures en France et au Cameroun. La chaine de l’Espoir a par exemple pris en charge le transport de cette famille, Les Hospices civils de Lyon ont mis à disposition leur infrastructure et le gouvernement camerounais le financement. Si le soulagement, la joie et l’émotion sont de mise depuis ce dénouement heureux salué par la classe nationale et internationale, c’est l’occasion ici de revenir sur le traitement accordé à cette cause sociale par les médias camerounais.

Laurelle Ngali et ses deux filles ont passé 12 mois à l’hôpital Gynéco-Obstétrique de Yaoundé. Une année d’hospitalisation où les médias camerounais –pour l’essentiel d’entre eux- ont brillé par une indifférence ahurissante de cette actualité. De fait, après l’éphémère frémissement médiatique qui a suivi la révélation de ce drame, l’on a assisté à une sorte d’autocensure du sujet dans la presse classique et même spécialisée. Ce cas social n’aura eu droit qu’à une offre d’information famélique de la part de la presse camerounaise. Surtout que le reflexe d’un certain nombre de médias –qui sont le reflet de la société d’aujourd’hui- est davantage tourné vers la recherche effrénée de l’audience, du buzz et du scandale. Le drame est que cette déviance a malheureusement fini par annihiler l’élan d’humanisme qui, jadis constituait la trame de fond du travail journalistique.

Le cas des sœurs siamoises rend donc à suffisance compte de ce que la presse camerounaise perd progressivement ses repères. Elle semble lointaine, cette époque où cette presse symbolisait la fierté citoyenne et se mobilisait pour les causes nobles, justes et surtout humanistes. Nous avons encore sans doute en mémoire, la mobilisation autour de l’enlèvement du bébé de Vanessa Tatchou en 2011 dans une formation hospitalière publique de Yaoundé. Au quotidien, les journaux rivalisaient alors d’adresse, pour soutenir cette jeune maman de 17 ans, à la recherche de son bébé.

Hélas, le 1er novembre 2019, c’est dans l’anonymat total que les siamoise d’Ayos et leur maman se sont envolées vers un destin pour lequel l’issu leur était encore inconnue. Aujourd’hui, nous célébrons ce succès médical, aidé en cela par les médias français qui en ont fait des éditions et traitements spéciaux. Pendant ce temps, dans la presse camerounaise, c’est le quasi blackout, comme si l’humanisme, le sens du sacrifice et de l’engagement avaient définitivement quitté nos Rédactions.

 

Par Olive Atangana,

Journaliste spécialisée des questions de Santé

Blogueuse (Infos-santé.home.blog)

Lyon. Les sœurs siamoises opérées avec succès

2

L’opération qui a duré cinq heures, a mobilisé deux équipes d’une vingtaine de personnes, afin de s’occuper de chaque bébé.

La joie et l’émotion étaient perceptibles sur le visage de Laurelle Ngali ce 13 novembre en fin de journée. Normal. Ses filles sont à présent des jumelles. La délicate opération qui a permis de séparer les deux sœurs siamoises reliées par l’abdomen avec une partie du foie commun s’est déroulée «avec succès». L’annonce par voie de communiqué a été faite par les Hospices Civils de Lyon (HCL).

Bissie et Eyenga Merveille ont donc été séparées par les experts du service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Femme-Mère-Enfant-HCL. « Elles vont pouvoir découvrir le monde individuellement et sont actuellement en réanimation dans un état stable », poursuivent les HCL. Elles sont actuellement en réanimation, dans un état stable.

Déroulement de l’intervention

L’opération a duré cinq heures. Elle a mobilisé deux équipes, afin de s’occuper de chaque bébé. Soit une vingtaine de personnes. «Nous avons instauré un pool d’anesthésistes, de chirurgiens et de réanimateurs et chaque spécialité a évalué et expertisé la prise en charge très spécifique des fillettes», explique le Pr Pierre-Yves Mure, chef de service adjoint en chirurgie pédiatrique à l’hôpital Femme Mère-Enfant.

«Chaque membre de l’équipe a su adapter sa pratique à la morphologie atypique des deux petites», se félicite-t-il. «En tant que spécialiste de la greffe de foie, je suis intervenu sur cet organe et je n’ai pas eu de complication», ajoute le Dr Rémi Dubois, praticien de l’établissement.

Rééducation

À leur sortie de réanimation, Bissie et Eyenga seront transférées dans le service de chirurgie pédiatrique, pour des soins de suite et de rééducation. Les fillettes ont été vues, ainsi que leur maman, par un psychologue et leur devenir psychologique et psychomoteur sera surveillé. En effet, l’accent sera mis sur l’aspect psychologique après l’opération. Les deux fillettes doivent rester très proches, l’une de l’autre.

« On a prévu de les mettre pratiquement dans le même lit, même en réanimation pédiatrique. Elles seraient réveillées ensemble, avec leur maman à côté », a précisé le Pr Mure. Après plusieurs jours d’hospitalisations, les jumelles passeront leur convalescence en familles d’accueil, avec un suivi médical pendant quatre à six semaines.

Une conférence de presse sera organisée, en fonction de l’état de santé de Bissie et Eyenga, d’ici une dizaine de jours en présence des fillettes, de leur maman, de l’équipe médicale et de la Chaîne de l’Espoir.

Dr Mohamadou Guemse: « Manifester parce qu’il y a eu violence aux urgences, je dis non »

0

Le directeur de l’Hôpital de district d’Efoulan revient sur le mouvement d’humeur du personnel soignant de cette formation sanitaire le 5 novembre dernier. 

Comment comprendre le mouvement d’humeur du personnel soignant de l’hôpital dont vous avez la charge ?

Je considère que même s’il doit avoir manifestation sur une route, il doit avoir autorisation. Et puis l’hôpital c’est d’abord la santé de nos patients. Même les fous les plus violents ont droit aux soins. Il faut bien comprendre que le système de santé est entrain de sortir progressivement du système de corruption vers l’humanisation des soins prescrite par le président de la République. Parce que lorsqu’on reste émotif, on ne comprend pas où on va. Je pense que ces gens venaient avec un malade. Qu’ils aient bu ou pas, c’était d’abord un malade. On a réussi à faire les soins au malade mais il y a eu un peu de violences dans le système de soins. Il y a eu échange de voix et ça a déclenché ce que ça a déclenché. Comme ils étaient ivres, ils ont tout cassé au service des urgences que j’ai créé depuis que je suis là.

Mais fondamentalement, le malade a bénéficié des soins malgré qu’ils ont détruit l’hôpital. Nous avons fait notre rapport à la hiérarchie. Les mis en cause sont arrêtés selon la loi parce qu’ils ont vendangé un édifice public. Ils vont payer selon la loi. Ce matin (hier), ils seront déférés. Mais, cela ne dédouane pas aussi ceux qui pensent qu’ils peuvent se lever le matin et se mettre en route sans autorisation pour manifester. Pour pouvoir le faire, il faut une autorisation.

Est-ce à dire que vous n’êtes pas solidaire de ce ras-le-bol de votre personnel soignant ?

Je suis solidaire mais la manière n’est pas adéquate. Le pays évolue. Il s’est tenu le Grand dialogue au cours duquel on a donné la possibilité à tout le monde de parler et on a parlé d’éducation et de tous les autres grands problèmes de ce pays. Maintenant, si après ce Grand dialogue, les gens ne sont pas venus parler mais vont dans la rue, c’est grave. Même s’il y a une revendication, il y a des canaux indiqués. Moi-même je suis médecin et je sais que je suis là pour soigner et non pour venir juger les gens. Manifester parce qu’il y a eu violence aux urgences, je dis non. Il y a eu violence c’est vrai. Mais, la loi est là pour nous défendre. Le jour du mouvement, la police est descendue sur les lieux et a arrêté toutes ces personnes qui ont déférés au parquet hier. Ils vont payer de leurs actes. Tous ces médecins et infirmiers sont mes petits frères et je leur dis toujours qu’il y a une manière quand vous voulez faire des choses. Il faut toujours agir dans l’intérêt de tous.

Comprenez-vous les motifs de violences physiques et verbales objet de leur mouvement d’humeur ?

J’ai travaillé aux urgences en 2006 et 2007. Un jour, un monsieur a sorti son arme et l’a pointé sur moi. J’ai gardé mon sang froid et j’ai fait mon travail parce que j’étais aux urgences. Ce que je reproche à ceux-ci, c’est que la procédure administrative c’est la loi. Elle évolue selon le système de l’administration. Ces gens sont arrêtés. Maintenant quand vous arrivez à l’hôpital et trouvez des gens qui veulent manifester ça veut dire que vous comprenez pas ce qui se passe. C’est pourquoi il faut user de la pédagogie. C’est pour cela que Mme le délégué leur a dit que nous sommes d’abord à l’hôpital pour soigner et non pour marcher. Je partage leurs idées. Il est question de protéger le personnel de santé. Mais, c’est un processus. Tant que vous ne vous asseyez pas pour réfléchir convenablement, vous ne pouvez pas avoir gain de cause. Maintenant si vous êtes manipulé par un syndicat quelconque, je ne peux pas être solidaire de tout ça parce que ce que je vois c’est une branche d’un syndicat qui veut manipuler pour des raisons précises.

Pourtant ils peuvent écrire et aller à l’assemblée défendre cela. Je suis désolé que quelqu’un qui n’est pas médecin vienne penser pour les médecins. Je crois que le ministre Malachie est plutôt entrain de penser à sauver la profession, la revaloriser et non la tuer. De tels actes ne font pas avancer le corps médical. Asseyons-nous et écrivons. Personne n’est là pour défendre la cause du médecin mais la sienne. Je pense plutôt que ce matin on serait parti chez le médecin et lui demander comment elle va, que de dire qu’on va barrer la route.

Que risque ceux qui sont descendus dans la rue mardi matin ?

Je suis un homme de loi parce que je lis un peu et je dis bien que la manifestation publique se fait avec une autorisation. Et ils ont un sous-préfet à coté qui est là. Maintenant, prendre la décision de se mettre en route est tout autre chose. C’est une manifestation qui ne m’engage pas. Je n’ai rien signé parce que pour manifester il faut une autorisation. La violence aux urgences est une notion qui est connue et qui a même fait l’objet de publications. Quand tu travailles aux urgences tu dois comprendre que tu dois tout faire pour que le soin pour lequel le patient est venu soit fait rapidement.

 

Lyon. L’opération des sœurs siamoises reportée d’une semaine

1

Elles ont contracté une bronchiolite et seront opérées le 13 novembre prochain, si leur état de santé le leur permet.

Les siamoises Bissie et Eyenga vont encore devoir patienter au moins pendant une semaine supplémentaire avant d’être séparées. Reliées par le foie et une partie du thorax depuis leur naissance l’opération des bébés qui ont fêté leur 1er anniversaire hier, 6 novembre, était prévue ce jeudi 7 novembre 2019 à l’hôpital Femme Mère Enfants des Hospices Civils de Lyon.

Mais cette intervention jugée « complexe et dangereuse » d’après le Pr Mure, a été reportée d’au moins une semaine, selon une annonce des Hospices civils de Lyon. En effet, les fillettes ont « contracté un virus respiratoire », indique l’équipe soignante. « Il s’agit d’une bronchiolite. C’est embêtant mais bénin. L’une des deux fillettes est plus faible que l’autre », rapporte Paul Nahon, journaliste pour la Chaîne de l’Espoir. Elles sont hospitalisées dans l’établissement.

Malformation du cœur

Arrivées en France le 1er novembre 2019, Bissie et Eyenga ont passé une série d’examens dans la journée de lundi dernier. D’après le Pr Pierre-Yves Mure, ces examens ont révélé -entre autres- que l’une des fillettes souffre d’une malformation du cœur. « C’est avant tout pour préserver leur sécurité que cette décision a été prise de façon collégiale, d’autant plus que les examens ont permis de diagnostiquer à l’une d’elle une malformation du cœur qui devra être opérée après l’intervention de séparation », explique celui qui coordonne leur prise en charge au sein de l’hôpital.

L’intervention a été reprogrammée le 13 novembre prochain. Mais elle ne pourra avoir lieu que si l’état de santé des fillettes le permet. C’est le Pr Pierre-Yves Mure, chef de service adjoint en chirurgie pédiatrique à l’hôpital Femme-Mère-Enfant des HCL, l’un des plus grands hôpitaux pédiatriques français, qui les opérera à Lyon.

« On ne peut jamais garantir à 100% que le succès sera complet à la fin. Je pense qu’on pourra donner le meilleur de nous-même pour séparer ces enfants dans de très bonnes conditions », fait-savoir le Pr Mure. Deux équipes chirurgicales seront mobilisées pour procéder à la séparation des bébés et la reconstruction. Selon les prévisions, le séjour en France des deux patientes et de leur mère devrait durer deux mois dans la ville de Lyon.

Cameroun.  Les bébés siamois seront évacués le 4 novembre

0

Après la longue impasse de 11 (interminables) mois, les sœurs siamoises Merveille seront opérés à Lyon le 7 novembre 2019, aux frais de l’Etat.

 11 mois. C’est le temps qu’auront attendues Merveille I et Merveille II pour bénéficier de leur évacuation sanitaire. Ces bébés siamois de sexe féminin, nées d’une famille démunie le 6 novembre 2018, bénéficieront d’une opération chirurgicale pour les séparer et leur donner une chance de survie, le 7 novembre prochain au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lyon. Une équipe médicale constituée d’un collège des spécialistes les y attend.

Après des moments de doutes, d’incertitudes et de lassitude, l’espoir est donc de mise au sein de cette famille. « J’ai passé la journée (lundi 14 octobre : Ndlr) au ministère des Finances pour les dernières formalités. Tout est déjà bouclé pour qu’elles puissent partir », confie Eric Abé, l’oncle des bébés siamois. Le départ pour Lyon en France, est prévu le 4 novembre. Laurelle Ngali et ses fillettes vont passer un séjour de six mois dans cette ville située à l’Est de la France. Un temps nécessaire pour le suivi post-opératoire.

D’ores et déjà, les espoirs sont tournés vers l’équipe médicale de Lyon. La réussite de cette lourde et très complexe opération chirurgicale nécessite une batterie de spécialistes: chirurgiens pédiatriques, chirurgiens cardiologues, chirurgiens vasculaires, anesthésistes réanimateurs, infirmiers de blocs… Ce d’autant plus que le temps ne joue plus en la faveur des siamoises Merveille internées depuis le 11 novembre 2018 au service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY).

En réalité, l’opération chirurgicale visant à séparer ces deux fillettes reliées au niveau de l’abdomen, « devrait, de préférence, se faire à l’âge de deux à quatre mois », expliquent certains spécialistes. D’après ceux-ci, à ce stade les bébés peuvent mieux se stabiliser et permettre aux équipes chirurgicales de faire un bilan très précis afin de mieux préparer l’intervention. Mais, l’impasse et les lenteurs des officiels camerounais ont plombé ce dossier d’évacuation dont le coût est évalué à 67 millions de Fcfa, supporté par le gouvernement camerounais.

Toujours est-il que si cette lenteur administrative a inéluctablement compromis les chances de réussite de cette intervention chirurgicale, il y a toujours lieu de croire à la survie de ces bébés qui ne demandent qu’à vivre malgré l’indigence de leur famille. Le Pr Angwafo III Fru Fobuzshi, directeur de HGOPY explique que pour ce cas précis, « le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible ».

En rappel, les bébés siamoises Merveille sont nées le 6 novembre 2018 dans un centre de santé à Ayos. Les deux fillettes sont reliées au niveau de l’abdomen. C’est mal en point qu’elles ont été transférées à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, pour une meilleure prise en chargeDepuis lors, une chaîne de solidarité s’est déclenchée en vue d’apporter du soutien à cette famille démunie en détresse. Vivement que cet engagement des âmes de bonnes volontés et des pouvoirs publics redonne du sourire à Laurelle Ngali ainsi qu’à ses deux Merveilles…

Minsanté. Le malaise des pharmaciens camerounais

0

De plus en plus confinés aux fonctions de subalterne, ils revendiquent une meilleure gestion des ressources humaines qui leur garantirait un accès aux hautes responsabilités au même titre que leurs collègues médecins.

Au ministère de la Santé publique, les pharmaciens sont mal lotis. Ils ont tenu à le faire savoir à Manaouda Malachie, le 25 septembre dernier. Et qui mieux que le vice-président de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), pour porter ce mal-être de plus en plus prégnant, à l’attention de leur tutelle. « Nous ne comprenons pas pourquoi les pharmaciens sont cantonnés à la Direction de la pharmacie, des laboratoires et du médicament (DPLM : Ndlr) et à l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des laboratoires (IGSPL : Ndlr). Pourquoi ils ne pourraient pas aussi être nommés à d’autres fonctions managériales ou même être délégué régional de la santé ? », s’insurge le Dr Ampoan Christophe. Pour lui, « les pharmaciens fonctionnaires n’ont pas moins de mérite que les autres pour occuper des postes managériaux de santé publique ». Les autres ici, ce sont les médecins. Leurs camarades de formation et confrères de profession.

En effet, médecins et pharmaciens ont chacun un cursus académique de sept ans, avec presque les mêmes modules de formation tel que celui en santé publique, connaissance du système de santé, ressources humaines. « Nous avons même cours de gestion d’entreprise que les médecins ne font pas. On nous enseigne un peu de leadership pour le management des équipes. Quand les médecins font par exemple anatomie, nous faisons pharmacovigilance », explique un jeune pharmacien hospitalier. Mais au final, « ce sont les médecins qui sont nommés directeurs au détriment des pharmaciens », constate-t-il.

 

Ainsi, qu’ils s’agissent de postes de sous-directeurs, de directeurs et d’inspecteurs généraux, les médecins se trouvent à tous les niveaux de l’organigramme de l’administration centrale du Minsanté. Idem pour les services déconcentrés comme celui de délégué régional de la santé, Chefs de District de santé, directeurs d’hôpitaux de 1ère, 2ème et 3e catégorie, chefs de programme. Tous ces postes de management semblent être la chasse gardée des seuls médecins. Tandis que les pharmaciens sont cloîtrés dans les pharmacies des formations sanitaires, les Fonds régionaux pour la promotion de la Santé (FRPS), et aux fonctions de subalterne dans les dix délégations régionales de la Santé. Ou encore, à la DPML et à l’IGSPL, pour les plus chanceux.

Partage léonin

A titre d’illustration, aucun pharmacien n’est à la tête des sept hôpitaux généraux de 1ère catégorie que compte le Cameroun. Pareil pour les huit hôpitaux centraux de 2ème catégorie; les 14 hôpitaux régionaux de 3ème catégorie et les 189 hôpitaux de districts de 4ème catégorie.   Aucun pharmacien n’est aussi Chef de district de Santé. Pareil à l’administration Centrale. Des trois divisions et sept directions, seule celle de la Pharmacie, des médicaments et laboratoires est occupée par un pharmacien. Le ministère de la Santé publique compte aussi trois postes de Conseillers techniques et Inspecteurs généraux. Ici, une pharmacienne est aux commandes de l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des Laboratoires. Plus grave à leurs yeux, le poste de Conseiller technique n°1 chargé des affaires pharmaceutiques a tout simplement disparu de l’organigramme.  

Ras-le-bol

Autant dire que la sortie du Dr Ampoan Christophe a des relents de ras-le-bol ou d’un feu qui couve depuis de nombreuses années. De toute l’histoire de la profession, seuls deux pharmaciens ont occupé le fauteuil de directeur d’hôpital au Cameroun. Le Dr Tidjani fait partie de cette « exception qui confirme la règle ». Ce pharmacien a débuté sa carrière en officine à Garoua, avant d’être nommé à la tête de l’hôpital Laquintinie de Douala. C’était avant 1988. Pour plusieurs observateurs, le problème viendrait du profil de carrière des pharmaciens à la fonction publique. « Ce profil de carrière n’est pas clairement défini. D’autant plus que dans la stratégie sectorielle de santé publiée en 2016, le pharmacien est réduit à l’approvisionnement en médicaments », explique un cadre du Minsanté.

Aux sources de la frustration

Les premières notes de frustrations résonnent depuis le 4 septembre dernier, au lendemain des nominations des responsables dans les services déconcentrés du Minsanté. Si ce vaste mouvement a vu la consécration de 18 administrateurs de santé publique (un seul et intérimaire au départ) à la tête des Districts de Santé, pour les pharmaciens, ce fut une douche froide. Aucun membre de cet ordre professionnel qui compte plus de 900 fonctionnaires n’a été promu. « Les  administrateurs sont responsabilisés aux postes de managers, mais pas de pharmacien », commentaient alors certains jeunes pharmaciens, frustrés de ronger leur frein.

Et comme pour en rajouter une couche à ce mal-être, « On nous demande d’être désigné point focaux GAS (Gestion et approvisionnement des stocks : Ndlr) dans les districts, mais ce n’est même pas une note ministérielle ; même pas de la délégation. C’est le Chef de District qui la signe.  Ça ne donne aucun poids à la fonction », fulminent-ils. En tout cas, les pharmaciens sont unanimes : ces fonctions managériales ne devraient pas être réservées à un seul corps tel que c’est le cas au Minsanté.

Explications

Au sein de ce ministère, cette sous-représentativité des pharmaciens s’explique. « Les médecins sont les premiers occupants de l’administration en ce qui concerne la santé. Ils ont donc modelé le système à leur profil. Les pharmaciens sont arrivés longtemps après, étant formé comme gestionnaire et donc managers. Ils ne supportaient pas d’être sous la botte des médecins qui ne font aucune formation en gestion. Ils ont préféré s’installer en clientèle privé et laissé le reste au médecin », argue un fonctionnaire.

Du point de vue des pharmaciens, leur peu de représentativité aux hautes fonctions managériales est à la fois délibérée et traduit une méconnaissance de leur potentiel. « Dans l’esprit de plusieurs santé signifie Médecine. Combien de fois les ministres de la Santé ont souvent commis un lapsus en disant médecins lorsqu’il fallait dire pharmacien. Ceci est à l’image de cela. Il faudrait qu’on se rappelle à leur bon souvenir », soutient le Dr Ampoan. Voilà pourquoi, « Le pharmacien revendique sa place comme acteur de santé, comme les autres acteurs de santé ». Surtout que « Le pharmacien a les mêmes compétences que les autres ».

Plaidoyer

Pour changer la donne, l’Onpc semble mobiliser à travers un « plaidoyer » pour la reconnaissance sociale et donc managériales des pharmaciens. Car, « Dans certains pays, ce sont les pharmaciens qui sont à la tête des programmes puisqu’ils sont formés comme manager et gestionnaire. La matière première d’un programme c’est le médicament et les réactifs. Celui qui en est le spécialiste c’est bel et bien le pharmacien. Voilà un exemple », explique un jeune pharmacien.

Interrogé, le sujet semble embarrassé le Dr Hiag Prosper, président de l’Onpc. Néanmoins, des sources proches de lui ayant requis l’anonymat se veulent modérées. « Je peux comprendre les jeunes qui peuvent être frustrés de voir son ami à la Fac avoir un poste, un véhicule de fonction qui va avec, mais ce n’est pas que ça. Il faut être plus qu’un médecin ou un pharmacien pour être manager d’hôpital. Il faut faire gestion, management, se doter d’atouts et se présenter en disant voilà ce que j’ai appris, ce que je peux faire qui me donne une légitimité », conseille l’une d’elle.

Et de conclure : « Il y a un gros travail à faire. Il faut mettre sur pied une stratégie s’ils veulent avoir ces postes. J’invite les jeunes à aimer passionnément leur travail, lui donner de la valeur et faire en sorte qu’ils soient respectés ».

Gestion des Rh/Minsanté. Critiques acerbes des Médecins du Cameroun

0

Dans une correspondance datant du 4 septembre 2019, cet influent regroupement de médecins émet des réserves sur la pertinence de certaines affectations des médecins spécialistes décidées par l’autorité tutélaire du secteur de la santé publique.

L’Association Médecins du Cameroun (MedCamer) s’inquiète. Dans un pamphlet de sept pages, ce mouvement de médecins exerçant au Cameroun et à travers le monde dénonce la mauvaise gestion des ressources humaines au ministère de la Santé publique (Minsanté). En ligne de mire, les récentes nominations des personnels de Santé dans les services déconcentrés. « Certaines de ces nominations pourraient engendrer des difficultés sérieuses pour les professionnels concernés et pour les patients auxquels ils sont dévoués », alerte Dr Moulion Tapouh Jean-Roger, président de MedCamer. Pour illustrer ses réserves, l’association expose huit cas de mutations de médecins spécialistes, arrêtées le 4 septembre dernier par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie.

D’abord le cas du Dr Njifou Njimah Amadou. Ce médecin ORL en service à l’hôpital de District de Mbouda est le nouveau chef de district de santé d’Ebebda. Pour MedCamer, nommer cette « référence particulièrement demandée » à Ebebda, « prive la population d’un spécialiste assez sollicité et on court le risque considérable de voir ce dernier décliner sur le plan médical et chirurgical », soutient le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger, président de MedCamer.

Le cas du Dr Kengne Lot, médecin Biologiste, précédemment Conseiller médical à l’hôpital régional d’Ebolowa n’en est pas moins inquiétant aux yeux de MedCamer. Car, sa nomination à l’hôpital de district (HD) de Djoum, un hôpital enclavé, fera de lui sur le plan technique, un médecin « extrêmement sous exploité, alors que dans un endroit comme Sangmelima, Ebolowa, Kribi, il aurait pu servir de référence pour tous les cas difficiles de sa spécialité », indiquent ses confrères.

Le sort réservé au Dr Ouassouo Passang Saibou, médecin Chirurgien, affecté à l’HD de Massagam, est également critiqué par MedCamer. Seul chirurgien du département du Noun après cette nomination, « malheureusement, il se retrouve dans un village enclavé où non seulement il n’aura pas grand monde à opérer, mais il ne pourra pas recevoir en référence les cas difficiles de chirurgie provenant des autres formations sanitaires du département », soutient le président de MedCamer. La situation du médecin Cardiologue Dr Pepoumi Mama Nourdi, est un peu similaire. Précédemment directeur de l’HD de Foumbot, il officie désormais à Galim, une localité relativement enclavée et sous-peuplée du département de Bamboutos (région de l’Ouest). « Il ne sera pas d’une grande utilité et ne pourra pas vraiment servir comme médecin référent », s’indignent ses confrères.

Affectations à tête chercheuse ?

Le cas du Dr Eloundou Onomo Paul Adalbert, médecin Rhumatologue est aussi mis en exergue dans ce chapelet de critiques. L’ex patron de l’HD d’Efoulan est muté à Okola. « Sur le plan clinique, ce médecin n’aura plus le plateau technique nécessaire pour exercer convenablement la rhumatologie et nul ne lui référera des cas difficiles à Okola », déplore l’association. De l’avis de Dr Moulion Tapouh, cette mutation est d’autant plus « dommageable » que « les rhumatologues sont peu nombreux au Cameroun».

Dans ses récentes décisions, Manaouda Malachie confie les rennes de HD de Djoungolo au Pr Omgbwa Eballe André. C’est dans cette formation hospitalière que l’ophtalmologue chevronné doit faire valoir ses talents de praticien et de gestionnaire. Mais ce nouveau challenge pourrait mettre du plomb dans l’aile aux projets initiés par le promu durant les deux ans qu’il a passé à la tête de l’ HD de Biyem-Assi. Le Pr Omgbwa Eballe André y a par exemple créé un service d’ophtalmologie « particulièrement performant », au point où l’HD de Biyem-Assi « devenait progressivement un centre de référence en ophtalmologie », note le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger. Pour préserver l’envol de « ce pole d’excellence », le Minsanté aurait pu affecter un autre spécialiste pour maintenir le cap et pérenniser l’initiative. Que neni.

Frustrations, sanctions, rétrogradation

Pour MedCamer, les nominations du Minsanté ont « un fort relent (apparent) de sanction ou de rétrogradation ». Conséquence : « De nombreux collègues sortent très frustrés des derniers mouvements, et de manière générale, la consternation habite plusieurs d’entre nous. L’on se dit qu’il ne fait pas bon d’être un médecin du Minsanté de nos jours. Qu’on soit félicités ou vertement critiqués à la télévision, notre sort semble être le même », rapporte la correspondance du 04 septembre. Et ce n’est pas tout. De fait, les médecins se sentent « pris en étaux entre un Minsanté qui semble ne voir en nous (Ndlr : médecins) que des insuffisances et une population qui devient de plus en plus belliqueuse et violente, nous lançant quotidiennement à la figure que même notre Ministre sait que nous sommes tous pourris ; un système de santé qui a de nombreuses insuffisances et nous empêche souvent, par ses tares intrinsèques, de donner le maximum de nos potentialités au services des patients », regrettent ces derniers.

Aussi, « Certaines de vos actions vigoureuses ont nourri le sentiment que vous étiez en guerre contre tous les personnels de santé. L’impression qui se dégage est que vous estimez qu’il n’y a que des incompétents, des paresseux, des tricheurs et des corrompus dans les formations sanitaires que vous dirigez », assène le mouvement de médecins.

Toujours est-il que « l’état d’esprit global dans la profession médicale n’est pas de nature à véhiculer avec allégresses les bonnes intentions qui sous-tendent manifestement vos initiatives », renseigne MedCamer. Voilà pourquoi, l’organisation « se contente juste d’attirer son attention parce qu’il y a des mutations embarrassantes et c’est la population qui en souffre. Si on place des spécialistes à des endroits où ils ne leur seront pas utiles elle va en souffrir », explique le Dr Moulion Tapouh Jean-Roger.

« La vaccination vient en complément d’autres mesures »

0

Lire l’interview du Dr Adidja Amani, Sous-directeur de la Vaccination au Minsanté. Elle explique le bien fondé de cette campagne de vaccination contre le choléra et l’efficacité dudit vaccin. 

Qu’est ce qui justifie la tenue de cette campagne de vaccination contre le choléra plus d’un an après le début de l’épidémie ?

Une analyse des risques faite par un consultant OMS (Organisation mondiale de la Santé : Ndlr) avait montré qu’il y a des Districts de Santé toujours à risque de choléra au Cameroun. On avait identifié à cet effet neuf Districts de santé, soit quatre au Nord et cinq à l’Extrême-Nord. Entre temps, il y a eu une épidémie de choléra avec près de 800 cas au total et une cinquantaine de décès, avec le plus grand foyer de flambée épidémiologique dans la région du Nord. En parallèle aux autres mesures que le ministère de la Santé (Minsanté : Ndlr) met sur pied dont la sensibilisation sur les mesures d’hygiène et d’assainissement, il a été nécessaire également de faire ce qu’on appelle une campagne de vaccination réactive. C’est-à-dire nous sommes en plein foyer épidémiologique, il y a des cas suspects et des gens sont malades, et de vacciner dans ce foyer là pour empêcher, freiner la propagation de l’épidémie. Ce n’est pas la première fois qu’on le fait dans le monde. Donc la vaccination, bien que ce ne soit pas la première arme pour la lutte contre le choléra, elle a une très grande efficacité. Parce que la protection commence autour de sept jours après l’administration du vaccin et remonte à près de 65% après les deux tours d’administration du vaccin parce qu’il faut bien se le préciser. Nous sommes au premier tour et probablement en octobre, après les pluies, nous viendrons pour le 2e tour et c’est ce 2è tour qui va booster cette première dose de vaccin que les gens vont recevoir. Pour cette campagne, c’est sept Districts de Santé qui sont concernés. Nous avons limité à sept Districts parce que pour l’instant, nous n’avons que 680 000 doses de vaccins disponibles au niveau central. Donc, nous avons réparti 80% pour la région du Nord parce que c’est elle qui connait la plus grande flambée épidémiologique avec le plus grand nombre de cas et de décès et les 20% restants c’est dans la région de l’Extrême-Nord où nous sommes dans quatre Districts de Santé.

Quelle sera son efficacité dans la lutte contre cette maladie ?

Dans plusieurs autres pays de l’Asie du Sud ou d’Afrique, quand il y a eu des flambées épidémiologiques, on a utilisé ce vaccin oral qui a montré une efficacité au bout de sept jours, en réduisant significativement non seulement le nombre de cas, mais également le nombre de décès dû à l’épidémie de choléra. Donc, l’immunité commence à se faire ressentir au bout de sept jours. Et il y a une belle courbe. On va observer et au bout d’une semaine vous-même allez voir comment le nombre de cas et décès va diminuer notamment à Garoua 1 et 2, où il y a un plus grand nombre de cas. Et nous insistons que cette mesure de vaccination n’est pas la seule mesure mais elle se fait parallèlement avec celles d’hygiène, de sensibilisation et d’assainissement. A cet effet, le ministère et de ses partenaires ont mis à la disposition des populations, des kits communautaires qu’il faut pour la réponse choléra. Il ya tout le matériel de sensibilisation et de prise en charge pour adapter même aux quartiers qui n’ont pas accès aux formations sanitaires, pour pouvoir prendre en charge ces cas de choléra. Parallèlement, nous sommes appuyés par MSF au Centre de traitement de choléra, dans les UTC dans les Districts de santé, nous travaillons avec l’Unicef qui est spécialisé dans la C4D et qui insiste beaucoup sur la sensibilisation. Nous n’oublions pas les ONG locales qui œuvrent au quotidien dans la lutte contre le choléra. Donc, nous insistons que la vaccination n’est pas la mesure première ni la seule mesure de lutte contre le choléra.

Peut-on espérer que cette campagne de vaccination aidera à réduire le risque d’épidémie de choléra au Cameroun ?

Comme je le disais plus haut, elle va réduire non seulement le nombre de cas que nous avons, mais également la sévérité de la maladie. Nous avons le devoir d’assurer une bonne couverture vaccinale parce que le ministre de la Santé a insisté que la vaccination soit de 100% pour les Aires de Santé à risque concernés. Nous avons le challenge de vacciner dans ces Aires là mais nous avons un gros challenge parce que c’est un vaccin qui est très sollicité. Nous avons vu les gens partir de Ngong ce matin pour venir se faire vacciner. Ce qui fait que le besoin est là, la demande est énorme et nous avons une quantité limitée de vaccin. On espère qu’avec les mesures qui sont mises sur pied, les populations qui en ont besoin seront couvertes.

Cameroun. Le sang coule au compte-goutte

0

Le pays n’arrive pas à combler le déficit évalué à 316 000 poches de sang par an.

Les besoins annuels du Cameroun sont estimés à 400 000 poches de sang. Or, le pays n’en produit que 84 000. Soit seulement 21%, avec 5% de donneurs réguliers, 10% de donneurs bénévoles contre 90% de donneurs de remplacement. Ces donneurs sont pour la plupart des donneurs familiaux, d’après le Programme national de transfusion sanguine (PNTS). Selon ce programme, en 2018, 94 873 ont été collectées, contre 91 047 en 2017 et 82 661 en 2016.

Déficit régional

Dans les formations sanitaires en région, la situation n’est guère reluisante. La région du Nord par exemple, affiche un besoin de 3000 poches de sang par an pour venir à bout des problèmes de santé. Soit environ huit poches par jour. Un besoin que l’hôpital régional de Garoua où se trouve l’unique banque de sang de la région n’arrive malheureusement pas à combler. Situation similaire pour la région de l’Extrême-Nord qui ne compte que deux banques de sang (Maroua et Mokolo).

Celle-ci affiche un déficit de 80 000 poches de sang par an. Sa banque de sang dont la capacité est de 1200, est malheureusement presque toujours vide. Car elle n’a seulement que 50 poches de sang en permanence. L’un des responsables de cette formation hospitalière publique confie qu’il arrive que l’hôpital n’en reçoive que 10 du précieux liquide. Ce qui est bien entendu, très insuffisant par rapport à la demande, en raison des l’afflux des blessés de guerre et des accidentés. Dans la région du Sud où les besoins sont évalués à 13 096 poches, seules 767 ont été recueillies en 2018. Soit seulement 5,86 % de poches de sang requises.

« Je vais transmettre mes péchés »

En réalité, cette situation se heurte à de nombreux freins. C’est du moins ce que révèle une étude sociologique réalisée en 2017 par la Société française de transfusion sanguine, en collaboration avec le PNTS. Ce sont entre autres, le manque de volonté politique, l’ignorance du public en matière de don de sang et les barrières culturelles et religieuses. «“Si je donne mon sang, je vais transmettre des péchés”. Voilà ce qu’on entend dans certaines zonesse désole le Pr Appolonie Noah Owona, médecin et Secrétaire permanente du PNTS.Ou encore :« On va se livrer à des pratiques ésotériques avec mon sang». 

Donneur où es-tu ?

Les croyances religieuses ne sont pas en reste. Elles ont trouvé leur nid dans la région de l’Extrême-Nord par exemple. En effet, malgré la mise en place du Comité régional de transfusion sanguine dont le rôle est d’approvisionner en quantité et en qualité les banques de sang, les difficultés d’obtention du précieux liquide ne se sont guère améliorées. Les donneurs, réticents, s’appuient sur leurs croyances religieuses pour justifier le refus de ce geste.

A l’hôpital régional de Maroua, pour qu’un patient bénéficie d’une poche de sang, il doit présenter deux donneurs et verser une somme de 15 000F. Même son de cloche à l’hôpital régional de Ngaoundéré où pour obtenir une poche de sang, il faut débourser la somme de 12 500 Fcfa et venir avec deux donneurs. Mais les stéréotypes culturels perdurent. « Ce n’est pas tout le monde qui veut donner du sang. Les gens sont réticents pour donner du sang et certains se justifient qu’ils peuvent tomber malades », a confié Oumarou Bello, son Secrétaire générale.

Esquisse de solutions

Pour atteindre l’autosuffisance sanguine, le Comité national de transfusion sanguine du Cameroun a signé un partenariat avec l’Etablissement français de sang et Expertise-France, pour la mise en place du cadre institutionnel et technique de la transfusion sanguine et avancer dans le recrutement des donneurs. Mais en attendant l’aboutissement de ce processus, le pays accorde des cartes de donneurs aux volontaires. « Nous négocions avec des hôpitaux pour que, si ces personnes ou leurs ascendants directs sont dans le besoin, qu’ils n’aient plus besoin de venir avec deux autres donneurs supplémentaires », précise le Pr Appolonie Noah Owona, SP du PNTS.

Bienfaits de la transfusion sanguine

Pourtant, « la transfusion sanguine aide à réduire la mortalité maternelle, tout comme la mortalité des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans ; à prévenir les épidémies de maladies transmissibles telles que le sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées ; à combattre l’hépatite ; et à prévenir les décès et traumatismes liés aux accidents de la circulation», tel que l’a rappelé le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, le 14 juin dernier.

Au Cameroun, plus de 80 % des poches collectées chaque année le sont dans l’urgence et provient essentiellement des familles. Aussi, tout le monde n’est pas habilité à donner de son sang. Par exemple, les femmes enceintes ne doivent pas donner le sang, des porteurs d’hépatite et autres pathologies. Aussi, à 45 ans et à moins de 15 ans, il n’est pas indiqué de donner le sang. La bonne tranche, c’est de 18 à 42 ans.  

 

Encadré

Start-up et associations au secours

Au Cameroun, des initiatives se multiplient pour répondre à la forte demande. C’est ainsi que l’Association pour le Don de Sang de l’Adamaoua (ADSA) à Ngaoundéré, œuvre pour le changement de mentalité à travers des sensibilisations, des campagnes de collecte de sang en collaboration avec des services de banque de sang. Bien avant elle, en janvier 2017, l’association « Sang et vie » voit le jour à Garoua dans la région du Nord. L’objectif est clair : inscrire 500 nouveaux donneurs volontaire de sang au cours de sa première année d’existence afin d’atteindre le cap de 1000 don annuel. Soit 20 poches à collecter par jour.

Les start-ups ne sont pas en reste. C’est ainsi que Melissa Bime, jeune infirmière de 22 ans, a créé Infuiss. C’est une banque de sang en ligne qui met en contact les hôpitaux en pénurie avec ceux qui en ont besoin. La plateforme possède une base de données de tous les groupes et rhésus disponibles dans les hôpitaux de Douala, Yaoundé et les principales villes du pays. En cas de besoin exprimé par un hôpital un SMS est envoyé ou un appel est émis à la plateforme. En deux années, 2 300 poches de sang ont ainsi transité d’un hôpital à un autre.

Plus récemment, au mois de décembre 2018 précisément, quatre collégiennes de la classe de 4e du Quality International School de Yaoundé ont développé Hemo. Tiré du mot hémoglobine, c’est une application en anglais pour Android, téléchargeable sur Playstore, qui met en relation patients et donneurs. L’objectif de l’application est de permettre aux patients de gagner du temps et de l’argent en ayant directement accès aux donneurs.

Le procédé lui, est simple : un potentiel donneur s’inscrit sur l’application en entrant son identité, groupe sanguin, ses coordonnées. Un patient dans le besoin peut se rendre dans la rubrique « recherche de donneurs », y entrer sa localisation et le groupe sanguin désiré. Ensuite, il ne lui reste qu’à choisir le donneur et à le contacter. Malheureusement, ce choix fait encore face au nombre limité d’inscrits (une trentaine de donneurs enregistrés à Douala, Yaoundé, Dschang et Nanga-Eboko), il se heurte aussi au système payant de la transfusion.

A l’évidence donc, les donneurs bénévoles de sang se font rares. Il n’y aurait qu’une quinzaine d’associations des donneurs bénévoles de sang qui travaillent sur le terrain. Et ces associations encadrent le déploiement d’environ 22 000 donneurs, soit 1/10 seulement du nombre requis pour couvrir les besoins.

 

 

 

Transport des moustiquaires. Les Ets Ndongo Essomba ne lâchent pas prise

0
Des Milda. Moyen le plus efficace de lutte contre le paludisme?

Face aux propositions du Minmap et les orientations de la Primature jugées irrecevables par le Minsanté, l’entreprise crie à l’injustice et au scandale. Elle vient donc de saisir le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et la Commission nationale anti-corruption (Conac).  

L’attente a été longue pour les populations des régions du Sud, de l’Ouest, de l’Est et de 12 districts de santé du Littoral. Le 13 juin prochain, elles recevront finalement les moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda), avec près de trois mois de retard. Initialement prévue du 27-31 mars 2019, la première phase de distribution des 3 millions 766 mille 299 comptants pour la première phase de cette campagne sera officiellement lancée dans la région de l’Est. L’opération va se dérouler jusqu’au 17 juin.

Mais loin de ce terrain, la bataille souterraine qui oppose le consortium constitué des Ets Ndongo Essomba et la Société Top Phyto Sarl, aux autorités sanitaires ne baisse pas en intensité. Au centre de cette guéguerre : le contrôle du marché du transport des Milda destinées aux régions du Nord et de l’Adamaoua (lot 3). Ce marché, d’une valeur d’environ 400 millions de FCFA, relatif à la 2e phase de la 3ecampagne nationale de distribution gratuite de cette pièce a finalement lui aussi, été confié au Programme alimentaire mondial (PAM), tel que l’indique le Dr Dorothy Achu, Secrétaire permanent du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp).

Contestation

Mais cette décision du ministère de la Santé publique (Minsanté) est vivement contestée par l’entreprise chapeauté par l’homme d’affaire Ndongo Essomba, par ailleurs tout puissant président du groupe parlementaire RDPC à l’Assemblée nationale du Cameroun. D’où le recours en contestation de la décision d’infructuosité de l’appel d’offres national introduit par cette entreprise auprès du ministère des Marchés publics (Minmap). Les Ets Ndongo Essomba justifient ce recours par le fait que dans ce dossier, Manaouda Malachie l’avait déclaré seul candidat admis pour la suite de la procédure, devant les quatre autres entreprises soumissionnaires (dont Boka Engineering Company Limite, MAT Colis Express, Groupement AS Consulting/Touristique Express S.A et Société des Amis Sarl), toutes éliminées. C’était dans un communiqué du 25 janvier, portant publication des résultats de l’évaluation des dossiers administratifs et technique de l’Appel d’Offres susmentionné.

Le Minmap et le PM à la rescousse

Les manœuvriers du camps Ndongo Essomba ayant introduit ce recours en contestation semblent avoir du succès auprès de l’autorité tutélaire du système des marchés publics au Cameroun. Car, dans une correspondance du 29 avril dernier, Ibrahim Talba Malla, le ministre délégué à la Présidence de la République chargé des Marchés publics, demande à son collègue du Minsanté « l’attribution du lot 3 (Adamaoua, Nord : Ndlr ; d’une valeur de 200 millions de Fcfa chacun) au Groupement société des Ets Ndongo Essomba et Société Top Phyto Sarl et en déclarant infructueux les lots N°1 (Sud-Ouest : Ndlr), 2 (Sud et Est : Ndlr), 4 (Extrême-Nord : Ndlr) et 5 (Littoral : Ndlr)», écrit-il. Ceci, pour clôturer cet appel d’offres national ouvert le 24 septembre 2018 et sujet à des remous et micmacs. Dans la même correspondance, le Minmap demande par ailleurs au Minsante, « en raison des délais ainsi que de la sensibilité bien connue de ce dossier », de « procéder au lancement en procédure d’urgence de la deuxième phase de cette importante opération moyennant soumission du dossier de consultation de l’avis de non objection dudit bailleur de fonds ».

De plus, la demande d’établissement de contrat introduite par le même requérant au Premier ministère a été validée. C’est en tout cas ce que soutiennent les Ets Ndongo Essomba en se référant à une correspondance signée le 25 avril 2019 par le directeur du Cabinet du PM. « Le Premier ministre me charge de vous informer que le dossier a été transmis ce jour au ministère de la Santé Publique, pour régularisation. Vous voudrez bien vous rapprocher de ce département ministériel pour la suite de la procédure », lit-on dans cette correspondance.

Contre-attaque du PNLP

Au Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), les propositions du Minmap et les orientations de la Primature sont jugées irrecevables. « Nous avons aussi répondu au Minmap. Ce n’est pas notre argent mais celui du bailleur de fonds qui attend l’atteinte de ses objectifs », retorque le Dr Dorothy Achu. D’ailleurs, depuis le 13 mai 2019, « la procédure afférente à l’Appel d’Offres N°009/AONO/MINSANTE/CSPM/PNLP/18, pour le transport de 11, 102 millions de MILDA dans huit régions, a été déclarée infructueuse » par le Minsanté.

Touristique S.A tire son épingle du jeu

Un véritable pied du nez des officiels au groupement Ndongo Essomba. Ce d’autant plus que dans les régions de l’Est et du Sud, en lieu et place du PAM, c’est plutôt des concurrents de Ndongo Essomba tels que Touristique Colis Express SA, éliminé du processus pour absence de d’agrément de transport des marchandises divers, qui assurent le transport du lot 2, consistant à acheminer les Milda vers les Aires de santé et autres points de distribution.

Embarras

Au Pnlp, le sujet embarrasse. « Peut-être le PAM a de nombreux sous-traitants. Il a forcément sa liste locale et leurs transporteurs agréés qu’il utilise », indique, le Dr Dorothy Achu, la SP du Pnlp. Cette dernière reconnait néanmoins que cet organisme onusien ne dispose pas « de son système logistique qui viendra de l’Europe ou des Etats-Unis. Nous avons simplement traité avec le PAM et le transport de ces Milda est en train de se faire effectivement. C’est le plus important pour nous ».

Et de s’interroger : « Si les moustiquaires seront livrées, pourquoi les gens veulent savoir qui est le transporteur ?». Dans tous les cas, le groupement Ets Ndongo Essomba et Société Top Phyto Sarl qui crie au scandale, ne lâchent pas prise. Il vient d’ailleurs de saisir le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et la Commission nationale anti-corruption (Conac) au sujet de ce marché. Entre temps, le Minsanté a consenti d’attribuer un lot de consolation au groupement des Ets Ndongo Essomba. Il s’agit du contrat de transport des Milda dans les régions du Sud-Ouest. Le montant dudit contrat est de 80 millions de FCFA.

Minsanté. La nouvelle percée des « nordistes » au sein de l’administration centrale

4

Les fonctionnaires issus de cette aire géographique sont de plus en plus nombreux à occuper des postes stratégiques dans son organigramme.

Les fils du Grand-Nord n’ont jamais été aussi bien servis en nombre de postes stratégiques au ministère de la Santé publique (Minsanté). Les nominations décrétées le 14 mai 2019 par le Premier ministre, Dion Ngute, consacrent la promotion de quatre fonctionnaires originaires de cette partie du Cameroun, qui intègrent désormais l’administration centrale de ce département ministériel. Les nouveaux promus sont d’ailleurs installés depuis hier, 16 mai 2019.

D’abord, le Dr Fanne Mahamat, épouse Ousman. A 48 ans, cette spécialiste de santé publique, native du Logone et Chari à Kousseri dans la région de l’Extrême-Nord, a été propulsée à la direction de la Promotion de la santé (DPS). Une reconnaissance du travail abattu sous son magistère à la délégation régionale de la Santé publique pour l’Extrême-Nord.

Le Dr Vandi Deli, un autre ressortissant du Septentrion, n’a pas manqué le train des nominations du 14 mai. Le jeune docteur en pharmacie de 38 ans est le nouveau boss de la Direction de la Pharmacie, du médicament et des Laboratoires. L’heureux promu est expert du financement basé sur la performance (PBF). Il est par ailleurs le point focal de l’OMS au Cameroun, pour l’approche préqualification et expert en matière d’évaluation des dossiers des demandes d’autorisation de mise sur le marché des médicaments.

Toujours au sein du dispositif central du Minsanté, Manaouda Malachie va dorénavant s’appuyer sur Diaby Ousmane. Ce cadre contractuel d’administration, précédemment sous-directeur du Budget au ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), a été nommé chef de la division des Etudes et des projets. A l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des Laboratoires, un autre « nordiste » prend du galon : Salihou Sadou. Il est le nouvel occupant du fauteuil d’Inspecteur n°2.

Sons discordants

Dans les coulisses du Minsanté, ces promotions sont diversement appréciées. Là où certains cadres saluent cette percée des ressortissants des trois régions septentrionales, d’autres voix critiquent ces choix du ministre. Pour cette frange sceptique de fonctionnaires, « aucun impact n’est à espérer sur la santé déficiente du Septentrion », argue un spécialiste de santé publique. Selon lui, « le ministre devrait plutôt affecter davantage de personnel dans les formations sanitaires du Septentrion, renforcer leurs budgets et mieux les superviser ».

Aux bons soins du Grand-Nord

Autant le dire, les nominations du 14 mai dernier confortent la forte représentativité du Septentrion au niveau décisionnel du Minsanté. Car, en sus du ministre Manaouda Malachie, lui-même fils de l’Extrême-Nord, le poste de secrétaire d’Etat en charge des Epidémies et Pandémies est occupé par l’inamovible Alim Hayatou. Cet originaire du Nord et non moins cacique du RDPC, y trône depuis 24 bonnes années. Quoi qu’un peu effacé, celui qui fait également office de Lamido de Garoua est présenté comme un des barons du gouvernement qu’il a intégré un soir du 19 septembre 1996. Agé de 73 ans, cet inspecteur principal de Trésor, a d’ailleurs fait l’essentiel de sa carrière administrative au sein dudit ministère.

Inspecteur générale (IG) du Minsanté, Emmanuel Maina Djouldé est un natif de l’Adamaoua. L’ancien chef de la division de la Coopération (DCOOP) au sein du même ministère, est un érudit de l’approche PBF, le financement basé sur la performance, mis sur pied dans certaines régions dont le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua.  Il a ainsi cédé son fauteuil en septembre 2017, au Dr Hamadou Ba, un cardiologue tout aussi ressortissant du Grand-Nord.

Mais le tableau est loin d’être complet. Car, il n’est pas exclu d’y voir d’autres arrivées, étant entendu que d’autres nominations sont dans le pipe. Notamment, celles très attendues des délégués régionaux. Quoi qu’il en soit, à la lumière du dernier remaniement de Paul Biya (36 ans au pouvoir) et de ces nominations de Dion Ngute, il apparaît clairement que la santé des Camerounais est désormais aux bons soins Grand-Nord.

Personnel de santé. 548 Sages-femmes et maïeuticiens recrutés par l’Etat en 5 ans

0

Cet effectif est largement inférieur à la demande globale des formations sanitaires publiques en sages-femmes qui est évaluée à plus de 1500 postes à pourvoir sur la période 2015 – 2020.

« La sage-femme est un acteur clé dans l’amélioration de santé maternelle et infantile au regard de son rôle consistant à offrir à chaque femme un accompagnement éclairé pour la planification familiale, la grossesse, l’accouchement, les suites de couches et le suivi du nouveau-né », soutient le Programme national multisectoriel de lutte contre la mortalité maternelle (PLMI). Mais cette ressource humaine dont la journée internationale s’est célébrée le 5 mai 2019 reste sous-exploitée où peu employée par l’Etat, qui investit paradoxalement d’importantes ressources dans sa formation.

Selon les statistiques communiquées par la Direction des ressources humaines (DRH) du ministère de la Santé publique (Minsanté), l’Etat du Cameroun n’a recruté que 548 sages-femmes et maïeuticiens (SFM) en cinq ans. Soit 179 en 2015, 150 autres en 2017 et 225 en décembre 2018, pour le compte de 2019. Ces personnels contractualisés par le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra), puis mis à la disposition de leur ministère de tutelle, ont été prioritairement déployés dans des formations sanitaires où les taux de mortalité maternelle et infantile présentent des pics alarmants.

Mais, cet effectif ne représente que le tier de la demande globale en SFM des formations sanitaires publiques camerounaises. En effet, en 2015, les besoins en recrutement pour ce corps de métier spécialisé en santé de reproduction, étaient d’environ 1500 postes à pourvoir à l’horizon 2020, renseigne une source à la DRH du Minsanté. En d’autres termes, si le Cameroun veut combler ce gap, le Minfopra doit encore contractualiser un supplément de 1000 SFM au cours des 20 prochains mois.

Enjeu crucial

Au Cameroun, la proportion de naissances assistées par un personnel de santé qualifié est faible. Cette situation est en partie responsable du niveau élevé de la mortalité maternelle et infantile, selon le PLMI. De ce point de vue, le programme de recrutement des SFM par l’Etat constitue donc un enjeu crucial pour la survie des nouveau-nés et des jeunes mères. Et si les besoins en ressources humaines qualifiées affectent l’ensemble du système de santé du pays, force est de noter que les disparités sont encore plus marquées lorsqu’on effectue une comparaison entre les Régions d’une part, et entre les localités urbaines et rurales d’autre part.

Pis, certaines catégories spécifiques sont encore plus déficitaires que d’autres. C’est le cas des professionnels à compétence obstétricale que sont les médecins gynécologues et les sages-femmes et assimilés. A titre d’illustration, l’effectif actif dénombré au cours du recensement général des personnels du secteur de la santé de 2011 était évalué à 131 sages-femmes et maïeuticiens au total pour 20 millions d’habitants. Soit un ratio de 1 SFM pour 152.671 habitants. Ce chiffre est 30 fois inférieur au seuil de disponibilité minimale recommandé par l’OMS qui est de 1 SFM pour 5000 habitants.

250 SFM formés par an

Depuis la réouverture de cette filière en 2011, quatre promotions sont déjà sorties, avec en moyenne 250 SFM, injectés sur le marché camerounais de l’emploi chaque année, issues des 10 écoles relevant du Minsanté. Toutefois, selon les résultats de l’étude menée sur les capacités de production et d’absorption des sages-femmes et maïeuticiens au Cameroun, leur recrutement à la fonction publique se fait à un rythme jugé lent par l’Association des sages-femmes et assimiles du Cameroun (Asfac). Ce retard est imputable aux interminables procédures administratives.

En 2013 par exemple, l’Etat n’a pas pu recruter les SFM parce qu’on ne savait pas dans quel statut les classer, explique-t-on à la DRH. « On avait du mal à caser la première cuvée que le chef de l’Etat avait demandé de recruter sans concours, entre fonctionnaires, ce qui n’était pas possible car elles n’appartenaient pas au corps de la santé ; et contractuels, parce que les salaires étaient minables. Il fallait donc créer un corps de sages-femmes et maïeuticiens pour pouvoir les recruter comme tel avec un salaire conséquent », explique un cadre à la DRH du ministère.

Des avancées… sur le tard

Pour lui, ces interminables procédures ont permis d’obtenir des avancées bénéfiques pour les recrues. Ainsi, au plan pécunier, il n’existe plus de différence fondamentale entre contractuels et fonctionnaires. Ce qui valorise désormais le corps de sages-femmes, contractualisées en 10e catégorie, correspondant à la catégorie A2 chez les fonctionnaires. « Voilà les avancées véritables que les gens ne savent pas », commente notre source.

Vers un nouveau plan de recrutement

En 2019, aucun recrutement n’est prévu. Cependant, des sources annoncent un plan de recrutement de plus de 1000 SFM en vue. « On a cruellement besoin d’eux sur le terrain. On a eu beaucoup de retard à cause des procédures. Donc, la cuvée qui est entrain de venir va nous permettre de pouvoir absorber les trois premières vagues qui n’ont pas de licence. Il y a une opération de recrutement de 600 déjà disponible et qui ne souffre de rien. L’idée était de balayer les trois premières vagues qui sont sorties sans licence avant de lancer l’opération de recrutement de plus de 1000 sages-femmes », précise-t-on à la DRH.

Cameroun. Des bébés siamois en détresse

0

Cinq mois et demi après la naissance des sœurs siamoises Merveille, leur famille en appelle aux âmes de bonne volonté pour l’évacuation sanitaire , estimée à 40 millions de Fcfa.

Merveille I et Merveille II s’accrochent l’une à l’autre pour vivre voire, survivre. Inconscientes du triste sort qui est le leur, ces nouveau-nées siamoises utilisent un seul biberon pour se nourrir. Mais celui-ci est désespérément vide ce 22 avril 2019. « Le lait est fini. Les couches aussi. Mon oncle et ma tante qui me soutiennent depuis le début ont déjà épuisés leurs épargnes », explique Laurelle Ngali, la génitrice âgée de 18 ans. Au service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) où ses bébés sont internés, Laurelle s’applique tant bien que mal à faire allaiter Merveilles I. Mais sa sœur, Merveille II, manifeste son envie de s’alimenter également. Hélas, faute de biberon, la jeune maman désœuvrée ne peut simultanément satisfaire ses deux merveilles.

Nées le 6 novembre 2018 dans un centre de santé à Ayos, les deux fillettes sont reliées au niveau de l’abdomen. D’ailleurs, c’est mal en point qu’elles ont été transférées à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, dans des conditions précaires. « Elles avaient ce qu’on appelle une omphalite », explique le Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi, directeur de cette formation sanitaire. Il s’agit d’une infection du nombril qui s’est développée au niveau inférieur de l’accolement abdominal. « Nous avons soigné cela et au fur et à mesure, d’autres problèmes de santé dont des infections virales ont fait leur apparition. Au cours de cette hospitalisation, nous avons fait ce qui est nécessaire pour leur santé », rassure le directeur.

La famille bénéficie également de l’accompagnement du service social de Hgopy. Au mois de mars dernier, ce service a décaissé la somme de 100 000 Fcfa pour permettre à Laurelle d’acheter des couches et du lait pour les bébés malades. A ce jour où cet argent a été entièrement dépensé, la chaîne de solidarité autour de ce cas social reste timide et ses mobilisations modestes. « Quelques personnes m’ont déjà aidé. Parfois c’est 5 000 Fcfa, parfois moins parfois plus », confie Laurelle.

Évacuation sanitaire

La naissance des jumelles siamoises est considérée comme une pathologie rare, mais pas toujours désespérée. « Nous pensons pour ce cas précis, que la séparation vaut la peine. Le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible », explique le Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi. Sauf que le plateau technique des hôpitaux camerounais n’est pas à la hauteur de cette opération particulièrement complexe. « C’est un très haut niveau de chirurgie. Du point de vue des ressources humaines seulement, il faut une multitude de spécialistes », explique un médecin.

En effet plusieurs compétences sont sollicitées à l’instar des chirurgiens pédiatriques, des chirurgiens cardiologues, des chirurgiens vasculaires, des anesthésistes réanimateurs, des plasticiens, des infirmiers de blocs… « Nous avons eu cinq réunions multidisciplinaires avec tous les spécialistes qui se trouvent à Yaoundé et à Douala et des éminents spécialistes de nos facultés en chirurgie pédiatrique, hépatique, anesthésie réanimation, pédiatrie et néonatalogie et en biologie clinique. Au départ, nous avons voulu faire une prise en charge au niveau locale. Mais on s’est buté au plateau technique qui n’était pas adéquat pour ce cas-ci », avoue le directeur de l’hôpital. A la vérité, le Cameroun ne dispose pas d’un équipement de pointe en matière de réanimation et de suivi post opérateur.

A la recherche de 40 millions de FCFA

L’évacuation sanitaire à l’étranger reste donc la seule option salvatrice pour ces enfants. Et le choix du collège des spécialistes en charge de ces bébés en détresse s’est porté sur une équipe médicale basée dans la ville de Lyon, en France. L’hôpital lyonnais a évalué le coût de l’opération à 40 millions de Fcfa et n’attend plus que la mobilisation financière. D’où l’appel à l’aide lancé par la famille à l’endroit des âmes de bonnes volontés. « J’ai besoin d’aide. Il faut de l’argent pour faire voyager mes enfants et leur donner une chance de survivre et d’avoir une vie normale », lance Laurelle.

Parallèlement, un dossier d’évacuation été introduit auprès du ministère de la Santé publique, confie le directeur du Hgopy. Si cette information rassure un tant soit peu Laurelle, la situation de Merveille II qui fait des montées de température régulières, l’inquiète. « Nous lui administrons le médicament prescrit et après quelque temps, elle revient à la normale. Le directeur passe plusieurs fois les voir. Le personnel les traite bien et passe aussi les voir à chaque ronde », reconnait la jeune mère orpheline de père et de mère. Toujours est-il qu’internées à 5 kilos et demi, les deux enfants ont déjà doublé leur poids de naissance. Cependant, leurs vies ne sont pas hors de danger.

De l’amour au cauchemar

Tout commence à Ayos en 2018. Laurelle, une jeune fille sans emploi, file le parfait amour avec son copain. Tout semble bien se passer jusqu’au 6 novembre 2018, jour de la naissance de leurs filles. « Il est arrivé mais dès qu’il a vu les enfants, il a fui. Il a dit qu’il ne peut pas avoir fait de tels enfants », relate Laurelle. Abandonnée à son triste sort, l’avant dernière-née d’une fratrie de cinq enfants n’a eu d’autre choix que de se tourner vers son oncle Eric Abe, et sa tante Christelle Mengue. C’est ainsi que le 12 novembre, ils ont été référés à la Fondation Chantal Biya. Mais, le service de pédiatrie étant en travaux, Laurelle et ses filles ont à nouveau été référées à Hgopy où elles se trouvent depuis ce temps.

 

 

Pr Angwafo III, Fru Fobuzshi, directeur de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé.

« C’est un peu plus complexe qu’une simple opération chirurgicale »

A quel niveau se trouve le dossier d’évacuation des enfants siamois ?

Toute évacuation est réglementée. Nous sommes une structure opérationnelle. Nous montons les rapports (médical, d’enquête sociale). Tous ces rapports sont envoyés au niveau de notre tutelle technique qui en fait une étude par le conseil national de santé. C’est au vu de l’ensemble des éléments de santé regroupés que nous pouvons faire un projet d’évacuation avec un chronogramme d’activités dans ce cadre. Vous observez bien que c’est un peu plus complexe qu’une simple opération chirurgicale. Que ce soit une opération au niveau local ou étranger, il faudra l’accompagnement de la mère et des enfants par un personnel médical voir social indiqué. Ceci doit être bien identifié, étudié et il faut mobiliser les moyens y afférents. Voilà la situation. Mais ce qui est important c’est que les enfants sont bien portant. Nous continuons leur prise en charge sociale comme médicale. C’est notre contribution pour mener à bien cette opération.

Quelle est la contrepartie de la famille dans ces charges médicales ?

Comme vous l’avez-vous-même constaté, les parents sont assez démunis. Mais dans le cadre de la solidarité de notre hôpital, nous faisons tout pour encadrer ces enfants. Tous les examens radiologiques et biologiques sont entièrement pris en charge par Hgopy. Une bonne partie de la nutrition et des soins de même. Donc, nous pensons que jusque-là, malgré les difficultés, on tient bon la route.

A quand peut-on espérer l’évacuation ?

Quand il y aura mobilisation des ressources mais la séparation n’est pas l’urgence. Vous avez vu qu’elles sont bien portantes. Ça ne dépend pas de nous. Il faut savoir reconnaître ses limites.

Lutte contre le paludisme. Micmacs autour du marché du transport des Milda au Cameroun

0

Le Fonds Mondial, principal bailleur de fonds du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), soupçonne la sous-commission de passation des marchés du PNLP  de « bidouillages » et d’avoir « injustement » écarté certains soumissionnaires dont Touristiques Colis et Courriers Express SA « TCCE »au profit du groupement chapoté par les Etablissements Ndongo Essomba Sarl. D’où le blocage observé dans le lancement de la distribution des Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda).

C’est une situation de crise que vit en ce moment le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) au Cameroun. La 3campagne nationale de distribution gratuite de 14 867 748 moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) est bloquée. Et le lancement de la première phase de cette campagne accuse déjà presqu’un mois de retard. Cette phase concernant 13 districts de santé, repartis dans les régions de l’Est, de l’Ouest, du Sud et du Littoral, était initialement prévue du 27 au 31 mars 2019. C’est du moins, ce qu’avait annoncé le ministre de la Santé publique Manaouda Malachie, au cours d’un point de presse tenu le 13 février 2019. Officiellement, ce retard est dû aux « insuffisances » observées dans la procédure de passation du marché relatif au transport desdites Milda, selon les responsables du PNLP. Outre les nombreuses conséquences au double plan sanitaire et financiers occasionnées par cette situationcette affaire embarrassle gouvernement acculé par le Fonds mondial, le principal bailleur de fonds du programme.

Micmacs dans l’attribution des marchés

Cinq groupements d’entreprises étaient en lice pour ce juteux marché du transport des moustiquaires. L’appel d’offre  national court depuis le 24 septembre 2018. Notamment, le Groupement Société des Ets Ndongo Essomba Sarl / Société Top Phyto Sarl, le Groupement Touristique Colis et Courriers Express SA « TCCE » / AS consulting et enfin, la Société des Amis Sarl. Pour le Fonds mondial, la procédure de passation dudit marché a été entachée de « bidouillages ». Selon une source interne au programme, la sous-commission de passation des marchés réunie le 16 novembre 2018, est soupçonnée d’avoir « injustement » écarté certains soumissionnaires, au profit du groupement chapoté par les Etablissements Ndongo Essomba Sarl, une entreprise appartenant au milliardaire éponyme, par ailleurs président du groupe parlementaire du RDPC à l’Assemblée nationale du Cameroun.

Une version corroborée par d’autres sources internes à la représentation du Fonds mondial au Cameroun qui soutiennent que le Groupement Touristique Colis et Courriers Express SA « TCCE » / AS consulting et le soumissionnaire.Société des Amis SARL, « ont été éliminés pour des raisons insuffisamment fondées ». Précisons que cette sous-commission reproche au groupement Touristique & AS Consulting d’avoir présenté un agrément de transport des produits dangereux à la place d’un agrément de transport des marchandises divers et la non présentation d’une attestation de non faillite. Pour le cas de la Société des Amis SARL, c’est le document de cautionnement signé un jour férié qui pose problème. Toujours est-il qu’après trois sessions d’évaluation des offres, aucun soumissionnaire n’a été retenu et l’appel d’offre a finalement été déclaré infructueux. Le coût prévisionnel du transport de ces Milda par pièce de la région vers l’Aire de santé est évalué à 70 Fcfa. Soit un milliard 040 millions 742 mille 360 Fcfa en terme de budget prévisionnel. De l’Aire de santé au site de distribution, il est de 30 Fcfa. A ce niveau, le budget prévisionnel de ce marché s’élève à plus de 400 millions de Fcfa.

Batailles souterraines

De sources proches du dossier, cette décision est la face visible des batailles souterraines autour de ce marché. Car, en plus des soumissionnaires qui la contestentcette résolution de la sous-commission des marchés est désormais au centre d’une controverse au sein du Minsanté et du PNLP. Dans ces deux administrations, des soutiens (haut placés) et favorables au groupement Ets Ndongo Essomba, s’opposent aux responsables acquis à la cause du groupement Touristique. L’affaire a d’ailleurs emporté le chef de la section de passation des marchés (SPM) au programme. Et d’autres cadres pourraient également perdre leurs postes dans cette affaire, à en croire un haut cadre du Programme. Pour sortir de l’impasse, le PNLP a formulé une demande de non-objection au Fonds Mondial le 12 mars 2019, afin de passer un marché gré à gré avec les trois soumissionnaires jugé techniquement éligibles malgré les insuffisances dans les documents présentés. Mais, « dans sa réponse du 17 mars 2019 le Fonds Mondial n’a pas accordé l’autorisation sollicitée », confie un cadre du PNLP.

Le PAM en bouée de sauvetage

Pour rattraper le retard et sortir de cet imbroglio, le Fonds Mondial propose une solution radicale : mettre tous les soumissionnaires camerounais à l’écart et confier le marché du transport des Milda à une organisation internationale, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en l’occurrence, avec qui le fonds est déjà un contrat. « Le Fonds Mondial nous recommande cette structure pour raccourcir le temps nécessaire pour la sélection des transporteurs à travers un AON afin de permettre la distribution des Milda dans les délais », explique une note du Secrétaire permanent adressée au Ministre de la Santé publique. Mais, si cette option permettra assurément de gagner en temps en lançant les opérations de distribution des Milda dès le mois de mai 2019, cette intervention n’est pas sans conséquences pour le Cameroun.

Pertes et profits

L’on n’est donc pas sorti de l’auberge. Entre autres inconvénients avec cette approche du PAM, on peut évoquer la perte des financements par les opérateurs nationaux avec un impact sur l’économie nationale. Surtout que l’enjeu financier qui se joue ici est particulièrement élevé. Aussi, le processus va connaître une 4eme voire, une 5ème phase de distribution. La région de l’Extrême-Nord par exemple, aura une distribution en deux phases. Ce qui n’est pas sans conséquences autant sur les plans financiers que de la santé publique. Dans ce sens, l’augmentation des cas des décès liés au paludisme n’est pas à exclure pour l’année 2019. Quid de la faible couverture en Milda lors de la distribution à cause de la perte des vouchers qui sont distribuées à la population depuis février 2019.En effet, les normes pour faire une distribution parlent 1 – 2 mois après le dénombrement…

Toujours est-il que sur le terrain, le paludisme continue à faire des victimes. Soit 3299 morts pour le compte de 2018 au Cameroun, selon les chiffres officiels du PNLP. Selon les dernières statistiques, il est responsable de 40-45% de consultations médicales (première cause de consultation), 30% des hospitalisations dans les formations sanitaires ; de 35-40% de décès et 50% de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans. Sur le plan financier, l’on note une augmentation accrue des coûts d’entreposage des Milda dans les 04 régions à cause de la durée nécessaire pour adresser les recours, clôturer la procédure et lancer un nouvel appel d’offres ; une diminution du taux d’absorption du financement ayant pour conséquence une diminution de la prochaine.

Manaouda Malachie. Un ministre aux urgences

0

Entre scandales et décisions controversées, le ministre de la Santé publique au Cameroun n’a pas beaucoup chômé. Diagnostic de ses 100 premiers jours. 

Le 7 janvier 2019, Manaouda Malachie prenait officiellement les rênes du « grand ministère » de la Santé publique (Minsanté) au Cameroun. A seulement 46 ans, il est le plus jeune ministre de l’ère Dion Ngute. Juché depuis 100 jours sur ce strapontin, le natif du Mayo-Tsanaga veut y apporter sa touche. Envers et contre tous ? A chacun d’apprécier. Toujours est-il que le successeur d’André Mama Fouda n’a pas eu d’état de grâce, très tôt confronté à une avalanche événements inattendus.

De scandale en scandale

D’abord le scandale chlorhexidine 7,1% flacon de 10 ml, un antiseptique pour soins ombilicaux dont l’utilisation a provoqué des cas de cécité secondaire chez 15 nourrissons. A peine trouvait-il solution à cette affaire héritée de son prédécesseur, que la bombe du préavis de grève dans les hôpitaux publics, a été actionnée sous son fauteuil par les syndicats. Dans cet enchaînement des dossiers brûlants, figurent en bonne place : l’impasse due aux batailles de positionnement au sein de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun, l’insolvabilité du Cameroun à l’OMS pour la période allant de 2015-2018, la pression de cet organisme onusien sur le Cameroun pour la mise en place effective de la Couverture santé universelle, le retour de l’épidémie de choléra au Nord, le scandale des prématurés morts de suite de négligences médicales à l’hôpital régional de Garoua, le phénomène de séquestrations des malades dans les hôpitaux, le scandale des vidéos de l’hôpital de district de Deïdo et des sanctions infligées au personnel médical… La liste est loin d’être exhaustive. Autant dire que pour ses 100 premiers jours au gouvernement, Manaouda Malachie a été un ministre aux urgences. Face à ces situations, l’ancien pensionnaire de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris a, presqu’à chaque fois, fait preuve de célérité, usant du bâton et de la carotte.

Actions et polémiques

Entre l’interdiction de la Chlorehxidine 7,1 % flacon de 10 ml, la gratuité de traitement en faveurs des patients indigents dans les Formation sanitaire (FOSA) publiques, ou les sanctions en cascades des personnels sanitaires, les premières décisions du Minsanté ont un trait commun : elles font jaser. « Il surréagit. Il essaie de gérer les urgences mais qu’il ne pense pas que la santé c’est des urgences », critique un cadre du ministère de la Santé publique. La remarque trouve justification aux yeux de ses collaborateurs qui, en grande partie voient en lui, « un homme courageux », déterminé à faire bouger les lignes. « Le secteur avait soif de gouvernance, des normes et des réformes dans l’urgence et avait besoin d’un rappel au respect des procédures. De ce point de vue, les premières actions correspondent au contexte dans lequel il s’inscrit. C’étaient des décisions appropriées, dans un environnement où on avait besoin d’un rappel à l’ordre. D’ici quelque mois ou années, beaucoup de chose vont changer », soutient, optimiste, un haut responsable et proche du ministre.

A l’analyse, les actions du Minsanté laissent entrevoir une volonté de remettre de l’ordre dans ce secteur aux urgences et du personnel qui brille par un renoncement de leurs missions. Selon une source proche du dossier, l’objectif est de voir ces personnels de santé reconsidérer leur rapport à la vie humaine pour humaniser davantage l’hôpital, les soins et l’environnement du patient. Tout ceci, associé aux efforts fournis pour les motiver et relever les plateaux techniques. A ce sujet, l’Etat recherche à travers le Minsanté, d’autres moyens pour le relever. Ce qui devrait s’accommoder d’une gouvernance irréprochable de l’hôpital.

Critiques des caciques

En 100 jours, Mananouda Malachie s’est bâti une réputation de rigueur, de sérieux et de dynamisme. N’empêche que son magistère essuie de vives critiques, du fait de certaines décisions et sanctions prises par l’autorité tutélaire du secteur de la Santé publique. Notamment, la polémique relative à sa demande de libération des malades indigents séquestrés dans les hôpitaux publics. Cette décision transitoire, a viré à l’incompréhension au sein du corps médical et de l’opinion publique. « Il a pris des décisions que l’on pourrait qualifier de maladroite mais seul l’avenir nous le dira », avance un cadre du Minsanté. A l’issue par exemple de la réunion avec tous les acteurs concernés par la question des indigents le mercredi 3 avril à Yaoundé, des indiscrétions mentionnent quelques résolutions au rang desquelles, la mise sur pied dans les jours à venir, d’une procédure de prise en charge de l’indigent standardisée pour tous les hôpitaux ; la sensibilisation des CTD sur leurs responsabilités en matière de prise en charge des indigents. Nos sources révèlent aussi qu’il a été décidé que les hôpitaux doivent aussi redynamiser leurs services sociaux et le Minsanté interviendra pour des cas nécessitant une péréquation. « Toutes ces décisions sont le symptôme de ce qu’il faut repenser l’hôpital ; il ne se passe pas une journée sans un scandale dans nos hôpitaux. Il faut donc qu’il consulte large sur l’hôpital d’aujourd’hui et de demain », soutient un spécialiste de la santé publique. Un autre médecin en service dans la région de l’Extrême-Nord pense que « c’est très courageux de sa part. Il y a au sein de ce corps de métier, trop de brebis galeuses qui ternissent l’image du personnel de santé ».

Leader, autoritaire, solitaire

Du point de vue du management, « le style Manaouda » fait également des gorges chaudes. Certains cadres du Minsanté le trouvent autoritaire. « Notre ministre se comporte comme un capitaine seul dans un bateau. Il décide sans tenir compte de l’avis des autres », souffle un de ses collaborateurs. « Nous ne sommes pas toujours consultés, même sur des questions qui relèvent de nos compétences », se plaint un directeur. En effet, dans ce département ministériel, le nouveau patron s’est entouré d’une équipe restreinte de fonctionnaires associés aux décisions stratégiques. Mais dans l’entourage du ministre, cette posture est défendue. « Dans le contexte actuel, ce tempérament est justifié. Nous avons soif dans ce secteur sensible et hautement important, de sanctions, de rigueur, d’un rappel à l’ordre mais aussi, des félicitations et primes », explique une source. Selon elle, « Il était nécessaire que le nouveau ministre prenne le leadership ; qu’il imprime ses marques de manière rapide et claire ; qu’il impulse et trace sa ligne. Même si ça passe par un leadership solitaire et directif. Evidemment, c’est une forme de gouvernance qui va évoluer et s’adapter à l’environnement ». Néanmoins, « qu’il consulte un peu plus ses collaborateurs », suggère notre interlocuteur.

Ministre 2. 0

Ministre up to date, ultra connecté et réactif, Manaouda Malachie évolue avec son temps. En matière de communication, ce membre du gouvernement s’est ouvert aux codes de la communication moderne. Sur les réseaux sociaux, son compte tweeter est animé par lui-même. Dans cette tweetosphère où les internautes ne lui passent pas toujours le baume, le Minsanté n’hésite pas à répondre à certaines sollicitations dont il fait l’objet. Morceaux choisis : « Y a-t-il un de vos tweets où vous ne ramenez pas tout à vous ? » ; « Parfois, le silence est un grand allié. Répondre à tout sur les réseaux sociaux est dangereux » … Quoi qu’il en soit, pour l’administrateur civil ; arrêter de Tweeter est inenvisageable. Surtout que cela lui vaut aussi la sympathie de l’opinion.

 

Doléances venues du Nord

A plus d’un titre, l’arrivée de Manaouda Malachie à la tête du Minsanté constitue un motif d’espoirs. C’est en tout cas la perception qu’on fait de son action au sein des formations sanitaires, surtout en région. « Nous avons vu des actions concrètes depuis la prise de fonction de notre ministre. D’abord en termes d’humanisation des soins, d’amélioration de l’accueil dans les formations sanitaires où nous observons de plus en plus de propreté grâce aux multiples descentes inopinées », commente un médecin à Garoua, chef-lieu de la Région du Nord. Pour ce dernier, les mesures du Minsanté sont salutaires et efficaces car « les choses changent » avec l’ère Manaouda. « Il faut qu’il continue dans ce sens car nous voulons les meilleurs soins, la Couverture santé universelle, l’accès aux soins pour les plus démunis », s’exprime un autre médecin toujours à Garoua.

Mais le major de sa promotion à l’Enam est également attendu sur la question d’équipement des FOSA située dans des zones prioritaires comme le Grand-Nord. « Le Minsanté doit songer à équiper les formations sanitaires du Septentrion et affecter du personnel parce que l’accessibilité aux soins est non seulement financière mais aussi et surtout géographique. De nombreux postes sont abandonnés par le personnel affecté. Du coup, dans la plupart des structures de soins du Septentrion, le personnel est en nombre insuffisant », formule un responsable régional et élite du Grand-Nord. A Velé par exemple, les plaintes sur les conditions de travail du personnel de santé sont nombreuses. Précarité des salaires, nouveaux affectés sans salaires, primes et autres indemnités, rien ne doit être laissé pour compte. Le plateau technique et la répartition équitable de la logistique sur l’étendue du territoire national (ambulance, voiture de service, moto, infrastructures, réfrigérateurs) ne sont pas en reste. « Nous souhaitons aussi qu’il prête une attention particulière aux personnels qui se battent de jour comme de nuit dans les zones reculées ou difficiles d’accès pour s’occuper des Camerounais de l’arrière-pays », dit-il.

Si ses visites de contrôle inopinées sont saluées, il n’en demeure pas moins que le souhait de voir ces approches s’étendre et se déployer aussi dans le vrai arrière-pays en termes de prochaines étapes est émis. « Il faut aussi une communication plus appropriée des actions de manière systématique, rapide, qui permettent d’éclairer sur les mesures et les stratégies dans leur contexte parce les polémiques et les mauvaises interprétations ont failli prendre le pas sur le sens », suggère un cadre du ministère.

Hôpitaux publics. Vives controverses autour de la note du Minsanté

2

Suite à sa note qui proscrit la séquestration des malades indigents dans les formations sanitaires, Manaouda Malachie essuie une volée de bois vert au sein de la corporation médicale.

C’est le branle-bas au sein du corps médical et des économistes de la santé au Cameroun. La controverse n’en finit plus autour de la note du ministre de la Santé publique (Minsanté) au sujet « Des malades otages dans les hôpitaux ». Dans ce document signé le 14 mars 2019 et rendu publique le 25 mars dernier, Manaouda Malachie interdit «la séquestration des patients indigents dans les formations sanitaires publiques ». Sous un ton sentencieux à l’endroit des responsables des formations sanitaires publiques, le Minsanté instruit « toutes affaires cessantes, [de] libérer tous les patients qui se trouveraient ainsi retenus dans [les] formations sanitaires respectives, en raison de leur insolvabilité, et de me rendre compte instamment de vos diligences et des coûts y relatifs ».

Litanie de critiques

Depuis lors, au sein de la corporation sanitaire, Manaouda Malachie essuie une volée de bois vert. Un chapelet de critiques à l’endroit de ce dernier ne semble pas prêt de s’arrêter. « Je ne suis pas d’accord avec la manière de faire du ministre. Parce que les gens ne peuvent pas venir à l’hôpital, sachant que le service est payant, mais ils ne payent pas après avoir été soigné. Finalement, disons donc que l’hôpital est gratuit pour tous », s’agace une autorité sanitaire de la ville de Ngaoundéré. Pour ce gestionnaire d’hôpital, la décision du Minsanté va démotiver le personnel sanitaire à qui les hôpitaux reversent entre 30 et 40% des recettes. « En demandant la libération des patients insolvables, les malades ne vont plus jamais payer les factures. Nos recettes vont donc chuter. Toute chose qui entraînera une dégradation de la qualité des soins du fait de la démotivation du personnel », commente un autre médecin qui prédit « un désastre » à l’horizon. Cette analyse rejoint la position de l’économiste Dieudonné Essomba. « Cette décision est très contre-productive : elle va dégrader davantage des services davantage les services de santé déjà mal en point », tranche-t-il.

Pour le moins, cette décision ne fait pas l’unanimité. Certains, comme Dieudonné Essomba, la trouve irréaliste et difficilement applicable. Car, le ministre et ses collaborateurs n’ont pas les moyens opérationnels pour évaluer l’impact de leur décision. Ce d’autant plus que « Nous ne sommes pas devant une décision de santé mais une décision économique qui porte sur la santé publique », explique-t-il. Dans le même sens, un cadre du Minsanté ajoute : « l’hôpital est comme une entreprise. Imaginez madame, qu’on ordonne à votre directeur de publication de distribuer gratuitement ses journaux.  Jugez par vous-même, l’impact que cela aura sur la structure, les employés, le fonctionnement etc. ».

Nuance syndicaliste

Le Syndicaliste Sylvain Nga Onana lui, se montre plus nuancé. « Pour que ce soit réaliste et réalisable, il faut une bonne réforme hospitalière; il faut que le gouvernement dote la sante publique de 15% du budget général de l’Etat comme acte à la conférence d’Abuja il y a plus de vingt ans et enfin, mettre en place la Couverture santé universelle », analyse le Président du Syndicat national Cap/Santé. Un avis partagé par un médecin en service dans la région de l’Extrême-Nord qui s’interroge sur la probité morale des patients. « Peut-on compter sur la bonne foi des patients camerounais pour qu’ils payent leurs soins et sans se faire pas passer pour des personnes indigentes ? Comment fera-t-on pour que les gens ne se livrent pas aux actes de dénonciation hasardeuses des responsables des formations hospitalières ? », s’interroge-t-il.

Toujours est-il qu’une bonne franche de professionnels de santé préfèrent se conformer à la décision du Minsanté. « Je suis un ouvrier. Je suis obligée de respecter la décision républicaine, sans état d’âme. L’Etat a dit sortez les indigents, j’applique », confie le directeur d’une formation hospitalière réputée à Douala. Pour ce haut commis, « l’hôpital c’est celui de l’Etat. Si on perd où est le problème ? Il n’y a pas de problème si ça rentre dans les missions régaliennes de l’Etat. L’hôpital n’a pas vocation à faire des bénéfices. Quand on soigne les Camerounais, qui gagne ? Le reste on verra plus tard. On nous a demandé de faire des propositions, je vais les faire ».

Faibles dépenses de l’Etat

Au Cameroun, les dépenses de santé par ménage représentent 70% et seulement 6% de la population camerounaise est couverte par une assurance sociale. L’Etat ne dépense que 3400 FCFA par an et par habitant. Selon un rapport de la Banque mondial publié en 2018 sur les finances publiques au Cameroun, les dépenses de santé de l’Etat sont faibles. Bien plus, la répartition régionale du budget de l’Etat ne tient pas compte des réalités des populations, de leur statut socio-économique, du fardeau de la maladie ou du contexte sécuritaire. Hugue Nkoutchou, PhD (University of Bath), lui, constate qu’un coût élevé du service de la dette et la masse salariale du gouvernement évincent les dépenses prioritaires telles que la santé. Aussi, le budget de santé publique est insuffisant et représente moins de 1% du PIB ou 4,29% du budget annuel.

 

Ordre national des médecins du Cameroun. Comment Tetanye Ekoe et Bidzogo Atangana sont tombés

0

Accusés d’avoir été « un peu trop rigides », ces barons de cet ordre chargée du contrôle de l’action médicale ont perdu la confiance de leurs pairs au cours de l’Assemblée générale élective du 22 mars 2019.

« La démocratie est dangereuse parce qu’elle réserve parfois des surprises ». Guy Sandjon qui tient ces propos face à la presse, ne cache pas sa peine ce 23 mars 2019 à Yaoundé. Au lendemain de sa réélection au poste de président du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC), le candidat victorieux avec 73% de suffrages, est paradoxalement amère, voire déçu. C’est que, le vent de changement qui vient de souffler sur le bureau du conseil de l’ONMC a emporté deux de ses fidèles alliés et non moins barons de l’Ordre. D’abord le Pr Tetanye Ekoe, évincé du fauteuil de 1er vice-président du Conseil de l’Ordre avec 23 voix seulement, après avoir passé 10 années à l’Ordre. Ce pédiatre de renom, devenu inamovible au sein de l’organisation, était surtout le bras armé de l’Ordre dans la commission académique. Mais il a perdu dans les urnes et a été remplacé par le Pr Ashuntantang Gloria Enow, première femme à accéder à ce poste depuis la création de l’ONMC. La redistribution des cartes a également eu raison du Dr Bidzogo Atangana, éjecté du stratégique poste de Secrétaire général de l’ONMC. Premier employeur des médecins au Cameroun, après l’Etat, Dr Bidzogo Atangana faisait -jusqu’à vendredi dernier- partie de la première ligne des proches du président Guy Sandjon. Après 10 années passées aussi au Conseil de l’Ordre, le très influent médecin a perdu la confiance de ses pairs (avec 57 voix), au profit du Dr Gervais Gabriel Atedjoe, un allié du bureau sortant « sauvé de justesse ». « Le Dr Bidzogo n’est pas passé pourtant il était dans un collège de médecins. Il est parti, élégamment, sans discuter », confie le médecin chef de la Clinique de l’Aéroport à Douala.

Sacrifices

La pilule est donc amère pour le Dr Guy Sandjon qui entame son 4e mandat. « Connaissez-vous beaucoup de pays où on organise une élection on la perd ? Les films où l’acteur du film meurt ? C’est ce qui s’est passé hier », lâche le Président manifestement dépité par les résultats des urnes. « Ils ont sacrifié beaucoup de choses et je tiens à les remercier », dit-il, « Avec un pincement au cœur. Parce que vous savez quand on est habitué à quelqu’un, on souhaite que la personne soit toujours là ». Sauf que la page est tournée pour le Pr Tetanye Ekoe et le Dr Bidzogo Atangana. Du moins pour les trois prochaines années de mandat. Rien ne laissait pourtant présager la chute de ces cadres au matin du 22 mars, jour des élections. Le Dr Guy Sadjon et ses alliés c’étaient même accordés un petit repos pendant le déroulement du processus. Et même si la volonté d’en découdre avec des caciques du bureau sortant était perceptible chez les médecins, le tsunami des urnes n’était pas véritablement envisagé. La veille, le Pr Tetanye Ekoe a même écourté une mission pour assister à ces élections. Ceci, après avoir battu campagne électorale dans les villes comme Douala. « Mais il a été battu. C’est difficile », regrette Guy Sandjon. Surtout qu’« Il fait partie de ceux qui m’ont permis de tenir. Il apportait une touche à la formation. La commission académique c’est la meilleure des commissions et c’est grâce à lui », avoue le gynécologue.

Tête pensante

Bien plus. Le Pr Tetanye Ekoe était la tête pensante de la stratégie implémentée par l’Ordre pour lutter contre les formations médicales illégales, souffle une source. « Mais chacun a son temps. Les médecins pensent qu’il a fait son temps, ils ont voté, c’était transparent. Nous étions en poste. La plupart des votants étaient ses étudiants », commente le nouveau président de l’ONMC. Le cas du secrétaire général laisse davantage songeur, fort de ses états de services mais faible de sa rigidité. Quoi qu’il en soit, leur compagnon de ces années adresse un « Sentiment de gratitude vis-à-vis de mes camarades qui ne sont pas dans ce bureau, dans ce conseil parce qu’ils m’ont accompagné depuis près dix ans en toute citoyenneté. Mais, vous savez, c’est une démocratie et on doit respecter la volonté des médecins qui se sont exprimés dans les urnes et qui ont choisi leurs dirigeants dans les trois années à venir ».

Processus  houleux

Le renouvellement du bureau et du conseil de l’ONMC s’est donc fait à plus de 60%. « C’est la première fois que c’est aussi important. Il y avait un peu de tension, qui traduisait la vitalité de notre démocratie. Entre médecins, on se comprend bien, on doit rester correct pour que les patients puissent nous respecter », souligne le Président. D’après lui, ce fut une élection transparente, difficile, « très discutée qui témoigne de la vitalité des médecins. Impossible de tricher ». Tout au long de ce processus, la commission électorale a dû faire face aux jeunes médecins désireux de faire valoir leur droit de vote. Ceux-ci ont opposé une fin de non-recevoir à la requête de l’un des membres de la commission électorale, de voter par acclamation. Ce n’est qu’au petit matin, que le processus électoral s’est achevé. « C’était tellement dur que même le Pr Kaptué n’a pas pu voter. Il est dans le privé mais il n’avait pas apporté son autorisation d’exercer en clientèle privé », explique le Dr Roger Tchamfong.  Lazare Kaptué est en fait le premier camerounais à avoir créé une école de formation privée au Cameroun, le premier hématologue du Cameroun, le résident du comité éthique du Cameroun, l’ancien directeur de la santé. « Mais il n’a pas pu voter, parce qu’on a voulu être clair », se justifie le Président de l’Ordre.

Yaoundé. Le sermon du Minsanté aux journalistes

0

Manaouda Malachie s’insurge contre une presse qu’il qualifie de sensationnelle.

Lundi 11 mars 2019. Il est environ 14h à Yaoundé. Le téléphone du Président de l’Association des journalistes et Communicateurs pour la Promotion de la Santé (AJC-Prosanté) crépite. Au bout de la ligne, le cabinet du ministre de la Santé publique (Minsanté) qui convoque (en urgence), le bureau de cette association à une audience avec Manaouda Malachie. L’information est soudaine, même si une demande avait été introduite par l’AJC-Prosanté à la mi-janvier. Pris à l’improviste, Joseph Mbeng Boum, se saisit tout de même du bâton de pèlerin pour mobiliser les membres disponibles. Une délégation de quatre personnes se constitue rapidement et prend la direction du lieu de rencontre avec l’autorité tutélaire du secteur de la santé au Cameroun. Sur place, les choses se déroulent avec une célérité (rare dans les usages habituels). L’installation des invités au Cabinet est assurée par le chef du protocole du ministre. Dans cette pièce qui fait office de salle d’attente du cabinet, l’ambiance est quelque peu conviviale en compagnie du directeur de la Coopération, le Dr Hamadou Ba.

Sur ces entrefaites, Manaouda Malachie fait son entrée. Sanglé dans un luxueux costume-croisé bleu nuit, le membre du gouvernement a la mine grave, le visage serré. Quelques civilités d’usage, puis le maitre de céans prend place. L’échange peut alors commencer. Les pistes d’un partenariat entre l’AJC-Prosanté et le Minsanté sont évoquées. Quid de l’accès aux sources d’informations, en passant par le rôle des journalistes sur les questions de santé… « Notre challenge aujourd’hui c’est de pouvoir changer les choses. A travers notre association, nous voulons nous placer comme partenaire des institutions sanitaires et avoir accès à une bonne information afin de la relayer au public », dira en guise de plaidoyer, Joseph Mbeng Boum, Président de l’AJC-Prosanté.

Sermon sévère

Cette doléance est accueillie « avec intérêt », selon les termes de Manaouda Malachie. Mais l’échange vire aussitôt à un sermon. « Les questions de santé ne peuvent pas être traitées comme les questions de football. C’est un secteur assez sensible. Les informations que vous diffusez doivent être analysées avec soin. Il ne s’agit pas de faire du sensationnel, mais plutôt d’avoir de la mesure et diffuser des informations responsables », s’indigne Manaouda Malachie. Sévère. Et si pour lui, l’« objectif commun est que les choses marchent mieux », le Minsanté subodore que les journalistes ne font pas toujours leur job. « Au lieu de rappeler à la population que vous n’avez pas telle chose ou qu’ailleurs ça se fait mieux qu’ici, il faudrait plutôt travailler à leur donner espoir », recadre-t-il avant de monter d’un ton.

Visiblement agacé au plus haut point par ces journalistes qui « jettent l’anathème sur le Cameroun », Manaouda Malachie s’insurge contre ces actes qu’il qualifie d’antipatriotique. « On ne peut pas être celui-là qui pourfend le Cameroun. Il faut aimer son pays parce que chacun, à son niveau, doit apporter son plus à l’édification de notre grande nation », soutient le Minsanté.

Dessous de l’audience

En réalité, cette audience spéciale accordée à la toute nouvelle association pour la promotion de la santé au Cameroun n’est pas anodine. Elle intervient au lendemain de deux sujets de santé traités la veille, par deux membres de l’AJC-Prosanté. L’un à travers un tweet, sur le silence des autorités sanitaires à la suite du drame des prématurés morts à la suite d’une négligence médicale à l’hôpital régional de Garoua le 23 février 2019 et l’autre, sur la réforme hospitalière. Des actualités brûlantes de ce secteur « sensible », qui ont provoqué l’ire du Minsanté.  « Quelqu’un m’a demandé hier dans un tweet de démissionner de mon poste de ministre en rapport avec les bébés qui sont morts à Garoua, faisant une comparaison avec la démission du ministre de la Santé de Tunisie après la mort suspecte de 11 prématurés dans un hôpital de Tunis. D’abord on n’est pas dans un état de comparaison. Nos réalités ne sont pas celles des autres pays », argue Manaouda Malachie. Toujours sévère.

L’ambiance est à couper au couteau. L’auditoire est confus. Impassible, l’élite du Mayo-Tsanaga poursuit : « Quand on a reçu la confiance du chef de l’Etat on ne démissionne pas. Nous sommes conscients que nous avons beaucoup de choses à faire pour améliorer la santé au Cameroun mais nous devons travailler à redonner l’espoir aux Camerounais ».  Face à cette avalanche de critiques sur ces professionnels de la presse, le Président de l’AJC-Prosanté se veut rassurant. « Notre challenge aujourd’hui est de pouvoir changer les choses », réagit M. Mbeng Boum. Quoi qu’il en soit, « Je voudrais m’inscrire dans une démarche qualité », renchérit Manaouda Malachie. C’est en cela que l’AJC-Prosante veut se placer comme partenaire du Minsanté. Mais, « Sans toutefois embrasser les journalistes, on n’est pas des ennemis », tente d’apaiser Manaouda Malachie, sous un ton quelque peu radouci. La fin de l’audience quelques minutes plus tard sera pourtant glaciale, réduite aux strictes civilités d’usage… dénuées de chaleur.

Couverture santé universelle. L’OMS fait pression sur le Cameroun

0
Dr Rebecca Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique
Dr Rebecca Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

A ce sujet, la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique conduit une mission de travail du 21 au 23 février 2019 en terre camerounaise.

Un séjour au pas de course. Ainsi pourrait-on qualifier la visite qu’effectue, dès ce 21 février 2019, la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, au Cameroun. Mais au-delà de son caractère éclair, cette mission de Dr Rebecca Matshidiso Moeti revêt un enjeu crucial pour le système sanitaire du pays. C’est du moins ce que confie le Représentant résident de l’OMS au Cameroun, le Dr Phanuel Habimana. Ainsi précise-t-il, la Couverture santé universelle (CSU), dont la mise en place est à la traine au Cameroun, est le sujet phare des échanges entre la délégation de l’OMS, les autorités camerounaises et les partenaires techniques et financiers du Cameroun en matière de Santé publique.

Pression au sommet

Pour dire le moins, le Cameroun se presse lentement sur le chemin de la CSU. L’arrivée de Rebecca Matshidiso Moeti à Yaoundé vise donc à exercer une pression supplémentaire sur l’État camerounais dans l’optique de catalyser les réformes nécessaires à mise à œuvre de la Couverture santé universelle au pays de Paul Biya. Pour Dr Phanuel Habimana « la Couverture santé universelle est un chemin, une vision, un objectif. Ce qui veut dire qu’il y a des choses dans la réforme qu’on doit pouvoir faire comme les piliers du système de santé, les ressources humaines ; la disponibilité des médicaments, l’offre de service, la qualité des soins, les financements, la gouvernance, le système d’information, etc. C’est quand tous ces éléments s’améliorent et que la performance dans le système s’accroit, qu’on peut dire que le système s’oriente vers la couverture santé universelle », explique-t-il. Avant d’ajouter qu’ « à travers cette visite, on peut avoir des améliorations dans le sens de l’accélération de la CSU au Cameroun mais surtout que les populations aient accès aux services de santé de qualité ».

Communication spéciale

Toujours à ce sujet, une communication spéciale de l’illustre hôte est prévue le 22 février à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales (Fmsb) de l’Université de Yaoundé I. Dans le contexte camerounais, la CSU vise à rendre des services de santé de qualité aux populations sans que l’accès à ces services soit une charge (financière) lourde pour les populations. De l’avis du plénipotentiaire de l’OMS au Cameroun, « c’est un agenda extrêmement important sur le plan mondial, régional et des pays. L’Union Africaine le 9 février a eu le 32e sommet qui a discuté de cette question d’un meilleur financement, d’un meilleur investissement des secteurs de la santé pour apporter la santé aux populations de nos pays. Ils pourront discuter, comment la mise en place de la couverture santé universelle peut s’accélérer au Cameroun et aller vraiment dans le sens d’offrir ces services aux populations », détaille Dr Phanuel Habimana.

Urgence humanitaire

Au Cameroun, les populations sont aux prises avec plusieurs crises humanitaires. Notamment à l’Extrême-Nord avec les attaques Boko haram, à l’Est avec les réfugiés centrafricains, sans oublier les déplacés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Autant dire que beaucoup de concitoyens en souffrance n’ont pas accès aux services de santé. « La Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique aura des discussions avec les autorités politiques et les partenaires, pour voir comment ces populations peuvent, malgré la situation, avoir accès aux services de santé de qualité. Pensez à une maman qui est en brousse et qui est enceinte, ou à un enfant qui a la fièvre. Comment peut-on accéder à ces populations pour leur offrir des services de santé qui conviennent « , explique le Dr Phanuel Habimana.

Covid-19. 303 050 doses du vaccin Johnson & Johnson pour renforcer le stock disponible au Cameroun

0

Ce don des Etats-Unis permettra d’immuniser plus de 300 mille camerounais.

Le Cameroun a réceptionné 303 mille 050 doses du vaccin Johnson & Johnson le 21 juillet 2021. Il s’agit d’«un don des États-Unis d’Amérique », précise le Programme élargi de vaccination (PEV) dans un communiqué rendu public le même jour. Des doses qui permettront d’immuniser plus de 300 mille camerounais et font partie « de notre engagement de partager les stocks de vaccins américains avec le monde entier », indique dans un communiqué, l’Ambassade des Etats-Unis au Cameroun.

En fait, les vaccins donnés par les Etats-Unis font partie de la promesse de ce pays de fournir à l’Afrique au moins 25 millions de doses sur un total de 80 millions. L’Ambassade des Etats Unis au Cameroun informe aussi que depuis l’apparition de la maladie en mars 2020, les agences du gouvernement américain ont contribué à hauteur de près de 12 milliards de Fcfa pour aider le Cameroun à combattre le Covid-19 et son impact. Selon le PEV, ce don « viendra renforcer le dispositif d’offre en vaccins contre le Covid-19 au Cameroun pour répondre à la demande croissante des populations ». 

Ce vaccin de la firme pharmaceutique américaine sera disponible dès les prochains jours dans les centres de vaccination au compte des populations éligibles « qui pourront se le procurer au même titre que les autres vaccins acquis par le pays », fait savoir le PEV. Non sans préciser que de son côté, le gouvernement a commandé 5 millions de doses du même vaccin. En réalité, ce don arrive au moment où le Cameroun a organisé du 7 au 16 juillet dernier, une campagne intensive de vaccination pour écouler les 320 mille doses des vaccins AstraZeneca et Sinopharm disponibles et atteindre au moins 3% de couverture vaccinale.

A l’issue de celle-ci, 318 mille 384 camerounais ont été injectés. Soit 269 mille 243 personnes ayant reçu la première dose et 49 mille 141, la 2e dose. Ce qui fait qu’au 21 juillet 2021, le pays était à la 31ième position sur 51 pays classés avec une consommation des vaccins estimée à 53%. Or, au 14 juillet 2021, il était à la 44ième position sur 51 pays classés avec une consommation des vaccins estimée à 28%. Cependant, l’hésitation vaccinale reste forte. En effet, selon les données officielles, le taux de couverture vaccinale à la première dose est de 1,7% contre 0,3% à la deuxième dose. Pourtant, l’objectif du Cameroun est de vacciner au moins 20% de sa population totale (soit 5 millions de personnes) avant la Coupe d’Afrique des nations (CAN) que le pays organise dès janvier 2022.

A noter que c’est un vaccin qui se prend en injection unique et moins efficace au variant Delta, à en croire selon les résultats préliminaires d’une étude américaine récente. Entre temps, le Covid-19 a déjà infecté 82 mille 003 personnes et tué 1334 personnes au Cameroun selon les chiffres officiels du 20 juillet 2021.

 

Cameroun. La région de l’Adamaoua ne compte qu’un seul pédiatre

0

Après le plaidoyer des pédiatres du Septentrion en début du mois, cette question sera sans doute au centre des échanges entre Manaouda Malachie en visite de travail dans la région dès ce jour, et les autorités sanitaires régionales.

Les pédiatres ne courent pas les rues dans l’Adamaoua. Depuis plus de 5 ans, la région de plus d’un million d’âmes ne compte qu’un seul pédiatre, en service à l’hôpital régional de Ngaoundéré. C’est ce médecin en service au sein de cette formation sanitaire publique depuis 2016 qui couvre toutes les activités médicales y relatives dans cette région et parfois même, les villes des régions et pays voisins. Sa moyenne de consultations est de 200 à 250 patients par mois. Le tableau est loin d’être reluisant dans les deux autres régions de la partie septentrionale du Cameroun.

En effet, dans la région du Nord, les populations ne peuvent compter que sur deux pédiatres pour soigner les pathologies de leurs enfants. Soit un en clientèle privée et un seul « récemment affecté à l’hôpital régional ». A l’Extrême-Nord, 4 y officient, répartis ainsi qu’il suit : 3 à l’hôpital régional de Maroua et un seul à l’hôpital régional annexe de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Ce qui fait un total de 7 pédiatres pour tout le Grand-Nord.

Conséquence, pour le pédiatre du septentrion, le volume du travail est impressionnant. C’est d’ailleurs la principale difficulté. « Nous sommes très peu nombreux pour une grande population d’enfant. Ce qui fait que nous sommes sollicités permanemment et épuisés dans la majorité des cas. C’est difficile de faire face à une population qui exige de plus en plus la présence d’un pédiatre au chevet de leurs enfants », indique le Dr Hélène Kamo Sélengai Doka dans les colonnes du journal L’œil du Sahel. Cette question sera sans doute au centre des échanges entre le ministre de la Santé publique et les autorités sanitaires régionales ces prochains jours. Manaouda Malachie est en visite de travail dans cette région dès ce 21 juillet 2021.

Plaidoyer

D’ailleurs, au cours de la Journée Pédiatrique du Septentrion (JPS) tenue les 9 et 10 juillet 2021, les prestataires de pédiatrie du Grand-Nord (tous ceux qui s’occupent de la santé des enfants c’est à dire les aides-soignants, infirmiers, médecins généralistes et Pédiatres) ont adressé un plaidoyer au ministère de la Santé publique, en vue de la dotation supplémentaire de ces spécialistes dans cette partie du pays. « Nous souhaitons que l’équipe des pédiatres du septentrion soit renforcée, que les pédiatres soient affectés surtout dans les régions de l’Adamaoua et du Nord », a plaidé le Dr Selengai Doka.

Leur plaidoyer s’adresse aussi aux délégations régionales de la santé publique. Les pédiatres du Septentrion souhaitent que les moyens soient mis pour l’application effective de la Prise en Charge Intégrée de la Maladie de l’Enfant et du Nouveau-né (Pcimne). « Cela limiterait et réduirait considérablement la mortalité et la morbidité infantile », soutient le Dr Selengai Doka.  En fait, la Pcimne est un outil incontournable pour l’amélioration de la sante de l’enfant. Malheureusement, « Cet outil est sous utilisé », regrette ce pédiatre. Or, « En absence du pédiatre, un personnel soignant quel que soit son niveau et son plateau technique peut sauver beaucoup d’enfants en appliquant seulement la Pcimne », explique cette dernière.

Les directeurs des formations sanitaires de la partie septentrionale ne sont pas en reste. « Que le plateau technique des services de pédiatrie du septentrion soit amélioré », poursuit-t-elle. Enfin, elle rappelle aux prestataires de pédiatrie du septentrion, que « Nous avons commencé une belle œuvre pour la santé de nos enfants. Continuons à avancer ensemble ainsi nous seront plus efficace ». De sources proches du dossier, la Société camerounaise de pédiatrie (Socaped) est à pied d’œuvre pour un aboutissement de ce plaidoyer auprès des officiels de la santé.

En réalité, le Cameroun compte environ 170 pédiatres, avec la cuvée sortie en 2020 (Ils étaient environ 160 en 2019). Les villes de Yaoundé et Douala ont à elles seules, plus de 100 pédiatres. Soit 80% de pédiatres concentrés dans ces deux métropoles. A noter que pour être pédiatre au pays, il faut compter au minimum 11 ans. Soit 7 années de médecine générale et 4 ans de spécialisation. Un pédiatre gagne environ 260 mille Fcfa au Cameroun, contre 4 millions de Fcfa à l’étranger. Voilà pourquoi la majorité opte pour l’Europe.

Covid-19. Près de 310 mille personnes vaccinées en 10 jours au Cameroun

0
Manaouda Malachie: "Quand on se vaccine c’est pour échapper à la forme grave de la maladie, à la mort".

Cependant, le pays court encore après son objectif de vacciner 20% de la population d’ici décembre 2021.

Environ 111 mille personnes seulement étaient vaccinées contre le Covid-19 au Cameroun, avant la campagne intensive de vaccination organisée du 7 au 16 juillet 2021. Mais grâce à celle-ci, près de 310 mille personnes ont pu être injectées contre le virus mortel en 10 jours. C’est du moins ce que soutient le ministre de la santé publique. Soit 254 mille personnes ayant reçu la première dose de l’un des deux vaccins disponibles et 56 mille, la 2e dose. Par conséquent, les officiels de la santé affirment avoir atteint les objectifs fixés pour cette opération d’envergure et même au-delà.

« Quand on voyait la lenteur au début, nous nous sommes dit si on pouvait vacciner plus de 10 mille personnes c’est déjà quelque chose. Or nous sommes allés au-delà de nos objectifs requis », a déclaré Manaouda Malachie au micro de nos confrères de la chaine de télévision privée Canal2 International. Satisfait. En effet, les officiels de la Santé voulaient vacciner 200 mille personnes de 18 ans et plus en 5 jours au départ (du 7 au 11 juillet), puis en 10 jours (du 7 au 16 juillet).

En fait, il fallait non seulement atteindre « rapidement » une couverture vaccinale « d’au moins 3% », mais aussi et surtout, écouler les 320 mille doses de vaccins dont disposait le pays avant la péremption du premier lot de l’un de ces vaccins le 29 juillet prochain et un autre le 23 août 2021. « Au regard des résultats que nous avons obtenus pendant la campagne de vaccination, nous n’avons plus de risque que nous ayons des vaccins qui soient périmés en fin août 2021. Nous sommes beaucoup plus sereins dans la conduite de notre campagne », fait savoir Manaouda Malachie.

D’ailleurs, « Nous pensons plutôt que nous allons demander à nos partenaires de faire vite pour précipiter la réception des vaccins pour faire face à la demande qui est forte sur l’étendue du territoire. Nous sommes entrain de travailler pour qu’on fasse avancer les dates de réception des doses venant de la facilité Covax ou de l’Union Africaine », précise l’autorité tutélaire de la santé.

Entre engouement et réticence

C’est que, durant cette campagne, les équipes du ministère de la santé déployées sur le terrain ont manifestement agréablement été surprises de constater un engouement des populations à se faire vacciner sur l’ensemble du territoire. « Nous avons d’ailleurs eu des ruptures de stocks de vaccins dans certaines régions. Nous avons dû prendre dans certaines zones pour pouvoir ravitailler celles des zones qui étaient en rupture », explique Manaouda Malachie.

Cependant, des réticences font encore de la résistance dans certains centres urbains du pays. Il s’agit notamment de Yaoundé, Douala et Bafoussam. « Et c’est regrettable parce que ce sont les villes les plus touchées également », déclare le Minsanté. Mais, « dans l’arrière-pays, la vaccination marche très bien et nous sommes même entrain d’accélérer le processus de réception de d’autres doses pour pouvoir tenir la demande qui est forte en ce moment », poursuit ce dernier.

Ce d’autant plus que le Cameroun poursuit toujours son objectif global déterminé par le plan national de déploiement de la vaccination qui fixe à près de 20% le taux de couverture vaccinale d’ici décembre 2021. C’est-à-dire vacciner 5 millions de camerounais. « Nous sommes entrain de courir derrière cet objectif. Tant qu’on n’a pas atteint cet objectif d’une couverture minimale de 80% pour pouvoir garantir une immunité collective aux populations camerounaises, il faut aller se faire vacciner », indique le Minsanté.

Et d’insister que : « La campagne est finie mais la vaccination continue. Nous allons continuer à faire vacciner nos compatriotes dans nos différents centres de vaccination, dans les différentes formations sanitaires. Le gouvernement encourage fortement les populations à se faire vacciner ». Non sans insister sur la nécessité de continuer à respecter les mesures. « Il faut que nous évitions la 3e vague qui est entrain de sévir ailleurs », dixit Manaouda Malachie. A noter que les derniers chiffres officiels font état de 81 467 cas positifs confirmés et 1 338 décès enregistrés depuis mars 2020.

Cameroun. Les chiffres du Covid-19 sont en baisse

0
Le Minsanté face à la presse hier à Yaoundé.

Seulement deux décès enregistrés en sept jour d’après la situation épidémiologique du 14 juillet 2021.

La pandémie de Covid-19 est maitrisée au Cameroun. C’est du moins ce qu’atteste la situation épidémiologique du pays présentée hier par les autorités sanitaires. En effet, après une 2e vague plus meurtrière entre mars et avril 2021, les chiffres sont relativement à la baisse depuis quelques semaines. Par exemple en sept jours, seulement deux décès ont été enregistrés. Le cumul des personnes décédées depuis mars 2020 est de 1332, pour 81 mille 871 cas confirmés. Au 14 juillet 2021, 235 cas sont actifs (contre 312 au 7 juillet), 17 internés dans les formations sanitaires (contre 44 il y’a 7 jours) et quatre sous oxygène.

Le taux de sévérité est évalué à 0,2% (contre 1,6% le 7 juillet) tandis que celui d’occupation des lits est de 0, 5% (1,3% il y’a une semaine) et de létalité lui, de 1,6%. Un chiffre d’ailleurs « moins élevé que les moyennes mondiale et africaine », a précisé Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique. C’était au cours du point de presse en rapport avec l’évaluation de la riposte au Covid-19 au Cameroun organisé hier dans son département ministériel. Cette situation relativement stable arrive au moment où la campagne intensive de vaccination lancée le 7 juillet dernier s’achève ce jour.

En 9 jours, plus de 250 mille personnes ont donc été injectées, pour une couverture vaccinale de 28% au 14 juillet. L’objectif de départ était d’atteindre 200 mille personnes en 5 jours (du 7 au 11 juillet). La campagne a donc été prorogée jusqu’à ce jour. Ainsi, « Sur la base de la remontée des données de terrain », « les demandes de vaccination affluent de partout dans certaines régions. En ce moment, nous sommes surpris par le rythme d’absorption du vaccin par certaines régions, notamment celles de l’Extrême-Nord, de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et du Sud », s’est réjoui Manaouda Malachie.

Entre temps, le Programme élargi de vaccination (PEV) annonce l’arrivée de 65 000 doses du vaccin Johnson & Johnson. Il sera administré à dose unique. De plus, des doses supplémentaires de Sinopharm et Spoutnik ont été commandées. « La première cargaison est prévue au plus tard au début du mois d’août prochain », a indiqué le Minsanté. Néanmoins, le Cameroun n’est pas à l’abri d’une 3e vague du virus mortel. C’est que, « Les chiffres baissent mais nous avons peur. Entre novembre et décembre, l’épidémie peut reprendre de plus belle et le niveau de risque pour la population va s’accroitre en fin d’année», prévient l’un des acteurs impliqués dans la riposte gouvernemental.

D’ailleurs, les autorités sanitaires prédisent son arrivée « dès novembre » prochain au Cameroun tel que l’a indiqué le ministre de la Santé publique le 12 juillet dernier. « Nous continuons à mettre la pression pour que nous ne relâchions pas comme la dernière fois, que nous continuons à respecter les mesures barrières. Mais davantage que nous allions vers la vaccination qui est un moyen sûr pour nous de pouvoir résister mieux à une éventuelle troisième vague que nous ne souhaitons pas, mais qui risque d’arriver au Cameroun », a déclaré Manaouda Malachie à la radio publique.

Innovation. Le Cameroun homologue 5 traitements de Covid-19 à base de plantes naturelles

0
Deux des cinq traitements homologués.

CoroCur, Adsak Covid, Elixir Covid, Palubek’s et Soudicov plus. Tels sont les cinq traitements à base de plantes naturelles homologués par la Commission nationale du médicament du ministère de la Santé publique au Cameroun à l’issue de sa session tenue du 17 au 19 mai 2021. Ils viennent de recevoir une autorisation de mise sur le marché (AMM) d’une durée de trois ans par l’autorité tutélaire de la santé au Cameroun. Ils ont respectivement été mis au point par le Dr Euloge Yiagnigni Mfopou, cardiologue, Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, Christine Bekono et les établissements Bobbo Soudi et Frères. Dans une correspondance datée du 8 juillet 2021, Manaouda Malachie informe à chacun des responsables de ces produits qu’ils ont été retenus comme « adjuvant au traitement du Covid-19 ».

En d’autres termes, ils viennent en appui au protocole de soins basé sur l’association hydroxychloroquine-azithromycine administré aux malades de Covid-19 depuis le début de l’épidémie au Cameroun le 6 mars 2020. Dans le détail, CoroCur est une poudre sèche de Thymus vulgaris de 50gn flacon de 60ml. « Le principe actif se retrouve uniquement dans une plante. C’est ce principe actif qui est immuno-modulateur et qui est antiviral », a déclaré le Dr Yiagnigni. Pour ce dernier qui dit avoir soigné 1500 personnes, l’efficacité de son produit et sa bonne tolérance ont été démontré. « Cela veut dire que le produit marche et n’a pratiquement aucun effet indésirable », a-t-il déclaré.

Adsak Covid lui, est une variété d’Aloe vera tandis que Elixir Covid a pour principal élément le Trichilia emetica, communément appelé « Mafura ». Il s’agit d’un arbre de la savane présent dans les zones septentrionales, notamment dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, très prisé en pharmacopée traditionnelle, expliquait Mgr Kleda lors d’une conférence de presse à Douala en fin janvier 2021. L’archevêque avait alors affirmé avoir soigné plus de 10 000 patients grâce à ces deux solutions thérapeutiques. Elles sont d’ailleurs exportées désormais.

Palubek’s quant à lui est une poudre sèche contenu dans des sachet de 18g. C’est un antipaludéen mis au point par le naturopathe Junior Christian Bekono Meyong, qui n’aura pas malheureusement vécu pour voir l’aboutissement de ce processus d’homologation. Car, décédé en fin d’année dernière après un accident domestique à son domicile à Mbalmayo. Néanmoins, avant sa mort, le lauréat du prix de la pharmacopée traditionnelle du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi) pour la lutte contre la Covid-19 avait mis sur le marché « Immunibek’s ». Une décoction de plantes traditionnelles pouvant être administrée à titre préventif et curatif en association avec Palubek’s.

Soudicov Plus est à la fois un antibiotique, un antipaludéen et un anti-inflammatoire et peut-être pris à titre préventif et curative contre le Covid-19. Il est contenu dans un flacon de 100ml. « À base des plantes qui ont des vertus thérapeutiques, surtout dans le traitement efficace de l’angine, du paludisme, etc., j’ai expérimenté en y ajoutant d’autres plantes pour obtenir le résultat de ce que j’ai nommé Soudicov Plus », a déclaré son promoteur, Modibbo Bobbo Soudi, imam de la mosquée centrale n°2 de Douala, dans une correspondance adressée le 20 mai 2020 au ministre de la Santé publique (Minsanté). Et « Depuis la sortie de ce produit, plusieurs personnes testées auparavant positives du Covid-19 ont pris ce remède et (…) ont retrouvé leur santé, notamment à Douala, Yaoundé, Garoua, Maroua, Guider et Foumban », affirme ce dernier.

A noter que ces médicaments seront vendus dans les points de vente agréés sur « prescription médicale » en accompagnement du traitement principal, apprend-on. « Le pas amorcé avec l’homologation récente de [ces] cinq produits adjuvants est encourageant et dénote de la volonté du gouvernement de trouver des solutions locales » à la lutte contre le Covid-19, affirme Manaouda Malachie.

En rappel, dans son discours à la nation le 19 mai 2020, le président de la République Paul Biya, avait donné son onction à la pharmacopée en encourageant « tous les efforts visant à mettre au point un traitement endogène du Covid-19 ». C’est dans ce sillage que lors de la réunion hebdomadaire de suivi de la stratégie gouvernementale de riposte contre la pandémie de Covid-19 tenue le 18 mars dernier, il a été recommandé l’admission dans les formations sanitaires sous leur forme initiale des médicaments issus de la médecine traditionnelle à la demande du patient.

Covid-19. Le spectre d’une troisième vague plane sur le Cameroun

0

 

C’est un peu l’accalmie depuis plusieurs semaines déjà au Cameroun. Une sorte de « calme suspect », d’après des acteurs impliqués dans la riposte nationale au Covid-19. En effet, « Les chiffres baissent mais nous avons peur. Entre novembre et décembre, l’épidémie peut reprendre de plus belle et le niveau de risque pour la population va s’accroître en fin d’année», prévient l’un d’eux. D’ailleurs, les autorités sanitaires craignent une troisième vague de l’épidémie de Covid-19 « dès novembre » prochain au Cameroun tel que l’a indiqué le ministre de la Santé publique ce 12 juillet 2021.

« Nous continuons à mettre la pression pour que nous ne relâchions pas comme la dernière fois, que nous continuons à respecter les mesures barrières. Mais davantage que nous allions vers la vaccination qui est un moyen sûr pour nous de pouvoir mieux résister à une éventuelle troisième vague que nous ne souhaitons pas, mais qui risque d’arriver au Cameroun », a déclaré Manaouda Malachie à la radio publique.

La campagne nationale de vaccination intensive lancée le 7 juillet dernier et qui devait initialement s’achever hier 11 juillet a ainsi été prolongée à vendredi prochain. 122 000 doses du vaccin Astrazeneca et 50 000 doses du vaccin Sinopharm sont encore disponibles. L’Extrême-Nord, le Centre, l’Ouest, le Nord et le Littoral sont les régions en tête de la vaccination. « Il y a des régions qui sont actuellement en rupture de stocks et qui attendent d’honorer leurs rendez-vous avec les communautés qui demandent la vaccination », indique le Dr Tchokfe Shalom Ndoula, Secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination (PEV).

Ce dernier précise que 68% des équipes sur le terrain ont fourni leurs données tandis que 32% étaient encore en attente. Le PEV annonce l’arrivée, « dans les tout prochains jours », de 65 000 doses du vaccin Johnson & Johnson. Il sera administré à dose unique. Entre-temps, de sources officielles, 220 776 personnes ont reçu la première dose du vaccin à ce jour. Cependant, 27 975 seulement ont reçu la deuxième injection.

A ce jour, la situation épidémiologique fait état de 81 467 cas positifs confirmés et 1 338 décès enregistrés. Soit 28 nouveaux décès et 1 377 nouvelles contaminations notifiées en un mois selon les chiffres communiqués ce jour au cours de la réunion d’évaluation de la riposte contre la pandémie à Yaoundé. Le gouvernement lui, réitère que la vaccination est la clé pour sortir de cette crise sanitaire qui sévit au pays depuis le 6 mars 2020.

Campagne de vaccination Covid-19. Pourquoi le gouvernement joue les prolongations

0
Joseph Dion Ngute: "J'encourage les populations à se faire vacciner"

Initialement prévue pour s’achever hier 11 juillet, la campagne intensive s’étendra jusqu’au 16 juillet dernier.

106 mille 044 personnes vaccinées en 4 jours. Soit 97 mille 663 pour la première dose et 8 mille 381 pour la deuxième. Telles sont les données partielles que le compteur de la campagne intensive de vaccination anti Covid-19 affichait au 10 juillet 2021 au Cameroun. Des chiffres qui traduisent l’engouement des populations pour cette opération lancée le 7 juillet dernier à en croire les officiels de la Santé. D’ailleurs, certaines régions comme l’Extrême-Nord se trouvent actuellement en rupture de stock, affirment les équipes du PEV.

« Il y a des régions qui sont actuellement en rupture de stocks et qui attendent d’honorer leurs rendez-vous avec les communautés qui demandent la vaccination », confirme le Dr Tchokfe Shalom Ndoula, Secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination (PEV). L’Extrême-Nord, le Centre, l’Ouest, le Nord et le Littoral sont les régions en tête de la vaccination.

Cet engouement a ainsi poussé le ministère de la santé publique à proroger cette campagne jusqu’au 16 juillet prochain, alors qu’elle devait s’achever ce 11 juillet. Soit 5 jours supplémentaires pour atteindre la cible initiale de 200 mille personnes injectées entre le 7 et ce jour. D’ores et déjà, certains acteurs du domaine de la santé et des médecins voient en cette prorogation « une course à la péremption ». Selon eux, c’est la véritable raison de cette prolongation décidée le 9 juillet dernier par Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique. Ils en veulent pour preuve, le fait que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 180 mille doses du premier lot du vaccin AstraZeneca seront frappées de péremption le 23 août prochain.

Des arguments que bat en brèche Manaouda Malachie. Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins que de l’adhésion des populations à cette opération vaccinale d’envergure. Et l’autorité tutélaire de la santé au Cameroun de réitérer que les vaccins sont disponibles dans les formations sanitaires du Cameroun pour toute personne âgée de 18 ans et plus sur toute l’étendue du territoire. « L’administration du vaccin sera accompagnée d’une large action de sensibilisation et d’explication aux populations », fait savoir le Minsanté.

Par ailleurs, les agents vaccinateurs des équipes mobiles qui sillonnent les communautés et font du porte à porte sont chargés de proposer les deux types de vaccins (AstraZeneca et Synopharm) aux citoyens désireux de se faire vacciner autant dans les lieux de rassemblements comme les marchés, que ceux de culte en passant par les entreprises et les administrations publiques. « Les populations sont invitées à adhérer massivement à la vaccination contre le Covid-19 pour mettre fin à la pandémie », a martelé Manaouda Malachie.

Covid-19. L’indisponibilité des ressources financières plombe le déploiement des équipes de vaccination

0
Des équipes prêtes à descendre sur le terrain.

District de santé (DS) d’Ayos dans le département du Nyong et Mfoumou, région du Centre. Au troisième jour de la campagne de vaccination intensive anti Covid-19 lancée le 7 juillet dernier, aucune des deux réunions d’information et d’engagement communautaire prévues n’a été tenue. Pour ces réunions qui garantissent une meilleure implication des autorités administratives, des élus locaux, des leaders religieux et des associations en faveur de la vaccination, le budget prévisionnel se chiffre à 943 000 FCFA, selon le budget arrêté par le ministère de la Santé publique dont lurgentiste.com a eu copie.

Mais ce DS qui couvre 11 aires de santé dans les arrondissements d’Ayos et de Nyakokombo, ne dispose pas d’argent pour préfinancer cette activité. « C’est difficile de mobiliser en si peu de temps ces montants. Lors de la réunion de briefing régional samedi dernier (3 juillet : ndlr), ils avaient promis de financer au moins ces réunions mais jusqu’ici, aucun financement n’est arrivé », déplore une source au sein de ce DS.

Charges lourdes

La situation est loin d’être plus reluisante dans les districts de santé d’Akonolinga, Esse et Nanga Eboko qui doivent respectivement mobiliser 1 million 172 mille, 922 mille et 1 million 451 mille FCFA pour ces mêmes besoins. Précisons que pour chaque réunion d’information et d’engagement communautaire au niveau des arrondissements, le sous-préfet a droit à 25 000 FCFA, le maire 10 000 FCFA et 5 000 FCFA pour les autres participants à savoir 5 leaders religieux, 5 leaders communautaires et membres d’associations, 5 personnels de service apparentés. Ces montants sont appliqués dans toutes les unités administratives du pays, renseigne une source au Minsanté.

En plus de ces dépenses, les DS doivent également préfinancer la prise en charge des équipes de vaccination. Cette prise en charge intègre le versement d’une indemnité journalière de transport de 5000 FCFA pour chaque agent vaccinateur et une ration alimentaire de 2000 FCFA. Soit 35 000 FCFA à verser à chaque agent vaccinateur impliqué dans cette campagne qui s’étale sur cinq jours. Pour le cas du DS d’Ayos où 24 personnes réparties en six équipes ont été mobilisées, la facture va chercher dans les 840 000 FCFA. Là aussi, la note est salée pour le DS d’Ayos dont les ressources financières sont pour le moins limitées. C’est également le cas de la plupart des districts de santé situés dans des zones reculées.

Démotivation

Sur le terrain, ces difficultés d’ordre financier impactent négativement le déroulement de la campagne de vaccination. Faute de moyens, les districts de santé peinent à déployer leurs équipes. A Yaoundé, dans le DS de la Cité Verte, chaque Aire ne bénéficie que d’une seule équipe. « Pour les autres campagnes de vaccination coordonnée par le PEV, ce district mobilise souvent entre 8 et 9 équipes par aire de santé », explique un médecin. A Ayos, sur 6 équipes prévues, seules deux équipes (fixe et mobile) ont déjà été déployées. Conséquence, après deux jours de campagne, seulement 60 personnes ont été vaccinées. Ce résultat est très en deçà de l’objectif prévisionnel de 600 personnes que devaient vacciner les équipes. « Ça ne représente que 10% de notre objectif », regrette un responsable au sein de ce DS.

Outre la faible mobilisation des équipes, cette campagne de vaccination intensive anti Covid-19 bute également sur le faible engagement des autorités administratives et surtout des mairies. « Ça aurait eu à mon avis plus d’impact sur les populations qu’un sous-préfet fasse une campagne de sensibilisation mais nous peinons à réunir les autorités pour les réunions d’engagements sans mesures d’accompagnements véritables. On devait donner les moyens aux autorités locales de se mettre en avant des équipes de vaccination », avance un chef de district

Task force

Généralement dans le cadre des campagnes de vaccinations, les DS bénéficient d’une avance de financement pour lancer les activités. « Mais avec les fonds Covid-19 c’est devenu compliqué parce que c’est la task force mise sur pied par le Secrétariat général de la Présidence de la République qui gère les ressources », explique un sous-directeur au Minsanté. Des propos que nuance un CDS dans la région de l’Extrême-Nord. « Toutes les campagnes de masse se déroulent de la même façon. Vous menez l’activité, présentez les pièces justificatives et vous êtes payés. C’est la règle », précise-t-il. Au Programme Elargi de vaccination (PEV), le sujet embarrasse. Les responsables contactés évitent de se prononcer sur la question.

Echos du terrain

Après 48 heures de déploiement, la campagne de vaccination évolue à géométrie variable d’une région à une autre. Dans le Centre la quasi majorité des équipes déployées peinent à atteindre l’objectif de 50 personnes par jour. Dans l’Adamaoua par contre, l’adhésion massive de la population a entraîné des ruptures de vaccins dans certains DS. « C’est le Nord qui a ravitaillé l’Adamaoua et malgré cet apport supplémentaire de doses de vaccins, il y a environ 6 formations sanitaires qui n’ont pas engagé la vaccination à cause de cette rupture pourtant les populations sont mobilisées », confie un responsable en service à la délégation régionale de santé publique pour l’Adamaoua.

A l’Extrême-Nord, « Fille ainée du Renouveaux », l’engouement des populations a provoqué une rupture des vaccins. « J’ai reçu 1000 doses en plus des 600 que j’avais en stock. Tout est fini et presque tous les DS de l’Extrême-Nord en cherchent », informe l’un d’eux. Pour gérer ces cas de rupture, « Nous faisons juste des redéploiements d’une zone où le taux de consommation est faible pour les zones où les ruptures sont annoncées », rassure Jean Claude Napani, chef de la section Communication PEV.

En rappel, 200 000 personnes sont ciblées par cette 2e campagne de vaccination intensive qui s’achève le 11 juillet prochain. L’objectif est d’atteindre une couverture vaccinale d’au moins 70% de la cible initiale. Au 9 juillet, les données partielles des deux premiers jours font état de plus de 43 mille personnes vaccinées. A noter qu’au Cameroun, 38% des personnes décédées de Covid-19 souffraient d’hypertension artérielle et maladies cardiaques ; 24% de diabète ; 13% d’obésité ; 73% des personnes de plus de 50 ans et 5% de maladies respiratoires.

 

Lire aussi:

Cameroun. 320 mille doses de vaccin anti Covid-19 à écouler en 5 jours

Kondengui. Les « prisonniers de luxe » et le vaccin anti Covid-19

Cameroun. 1,2 milliard de Fcfa pour financer la campagne de vaccination anti Covid-19

Centre hospitalier régional de Bafoussam. L’affectation des médecins oppose Manaouda Malachie au gouverneur Awa Fonka

0

Le ministre de la Santé publique vient d’annuler les nominations effectuées par le patron administratif de la région de l’Ouest.

Coup de théâtre au Centre hospitalier régional de Bafoussam (CHR), une formation sanitaire de 2e catégorie nouvellement construite dans le chef-lieu de la région de l’Ouest. Alors que cet hôpital attend d’être réceptionné (provisoirement le 15 juillet 2021), il vient de connaître en 14 jours, deux décisions y affectant des personnels de santé. La première date du 22 juin 2021 et porte l’estampille du gouverneur de la région, Awa Fonka Augustine. Elle ampute l’hôpital régional de Bafoussam de 22 personnels de santé dont 8 médecins spécialistes, au profit du CHR.

Sauf que hier 7 juillet, une nouvelle décision du ministre de la Santé publique (Minsanté) abroge l’acte d’affectation du gouverneur. Le texte ministériel y affecte 7 spécialistes (dont 3 issus de l’hôpital régional), 6 médecins généralistes, un pharmacien, 3 infirmiers spécialistes tous en provenance de l’HRB, 4 infirmiers (dont 3 de l’hôpital régional), 2 techniciens médico-sanitaires (1 de l’HR) et un personnel administratif. De ces affectations, 10 proviennent de l’hôpital régional de Bafoussam.

Malaise

Ce qu’il faut savoir c’est que les affectations entérinées le 22 juin par le gouverneur ont créé un malaise au sein de l’hôpital régional. Et pour cause, cette décision a privé l’hôpital régional de certains spécialistes indispensables à son bon fonctionnement. La mutation des uniques pédiatre, urologue, anesthésiste réanimateur, rhumatologue et endocrinologue dont disposait cette Fosa, a par exemple handicapé la qualité des soins. Ce d’autant plus que les services de gynécologie, de chirurgie et de cardiologie qui avaient chacun deux médecins spécialistes ont vu cet effectif diminuer de moitié. « Un hôpital de référence sans spécialiste n’en est plus un. Nous ne sommes plus différents d’un hôpital de District », commentait alors un cadre de cette Fosa. Déçu.

Sur le plan administratif, la décision de Awa Fonka a également été critiquée dans les milieux sanitaires. Certains y voient un abus : « Le gouverneur n’a pas qualité pour affecter du personnel dans un hôpital de 2e catégorie. C’est une compétence du ministre », explique par exemple un administrateur de santé publique en service à Yaoundé. D’ailleurs, « En son temps, l’ancien ministre André Mama Fouda avait saisi le Minat pour que les gouverneurs et préfets cessent de muter le personnel du Minsanté », poursuit ce fonctionnaire en service au Minsanté.

Mais ces avis sont contestés par des proches du gouverneur Awa Fonka. A sa décharge, ils évoquent entre autres, le fait que les affections ont été faites sur propositions du délégué régional de la Santé publique de l’Ouest, le Dr Chinmoun Daouda, et sur la base du décret de novembre 2008 fixant les attributions des chefs des circonscriptions administratives et des organisations et portant organisation et fonctionnement de leurs services.

Dans tous les cas, l’intervention du Minsanté ramène la sérénité au sein de l’hôpital régional de Bafoussam. D’abord parce qu’elle restitue à cet hôpital régional une partie de ses spécialistes. Ensuite, Manaouda Malachie est allé prendre les personnels autant au niveau de l’administration centrale (Direction des ressources humaines) que dans d’autres Fosa pour renflouer les effectifs du nouvel hôpital. Enfin, en lieu et place de 22 personnels de santé, l’hôpital dirigé par le Pr Georges Enow Orock ne perdra finalement que 10 médecins. « Le ministre a juste poliment fait comprendre au gouverneur qu’il ne doit pas muter son personnel », commente un responsable au sein de cette formation sanitaire publique.

D’un coût évalué à plus de 13 milliards de Fcfa, le Centre hospitalier régional de Bafoussam devrait accueillir ses premiers patients le 16 juillet prochain. Construit sur une superficie de 02 hectares, ce complexe constitué de 14 bâtiments de type R+1 est doté d’une capacité d’accueil de 150 lits. Disposant entre autres d’un service de laboratoire, de chirurgie, maternité, d’imagerie, d’une morgue, son inauguration officielle interviendra plus tard.

Cameroun. 320 mille doses de vaccin anti Covid-19 à écouler en 5 jours

0

C’est à la faveur de la campagne intensive de vaccination qui démarre ce jour et cible 200 mille personnes.

En trois mois, le Cameroun n’a consommé que 120 mille doses de vaccin anti Covid-19 sur les 591 mille 200 doses reçues en avril 2021. Au 30 juin, le taux de consommation global était de 19% seulement pour une couverture vaccinale de 1,6%. D’après le ministre de la Santé publique, le pays dispose encore d’environ 320 milles doses. Raison pour laquelle « Nous pensons que nous devons densifier la consommation », précise Manaouda Malachie. En d’autres termes, il faut écouler ces doses encore disponibles avant leur péremption dans quelques semaines. D’où le démarrage ce 7 juillet, de la 2e campagne d’intensification de la vaccination contre ce virus mortel.

Jusqu’au 11 juillet prochain donc, elle va se dérouler sur toute l’étendue du territoire national avec pour objectif d’atteindre une couverture vaccinale d’au moins 70% de la cible initiale. C’est-à-dire les personnes âgées de plus de 60 ans, celles vivants avec les comorbidités, les personnels de santé et ceux de sécurité. Soit 200 000 personnes ciblées pendant ces 5 jours. Toutes les personnes de plus de 18 ans désireuses de se faire vacciner ne sont pas en reste. 244 centres de vaccination repartis dans les 191 Districts de Santé du Pays ont été mobilisées à cet effet. Un déploiement des équipes spéciales additionnelles a aussi été fait. En plus donc des 331 équipes mobiles déjà formées et qui « n’étaient pas véritablement déployées », 300 autres équipes supplémentaires ont été mises à contribution.

En prélude à ces 5 jours de vaccination intensive, le Programme élargi de vaccination (PEV) a multiplié des activités telles qu’une série de café politique avec les Ordres professionnels, les sociétés savantes, les médias et influenceurs, a densifié les passages de ses personnes ressources dans les médias depuis deux semaines, procédé à la diffusion des spots télé et messages dans les radios (nationale et communautaires) et à la sensibilisation des mobilisateurs. « Nous avons observé de petits changements et l’engagement de certains acteurs a fait que nous puissions changer un tout petit peu la donne », confie notre source.

Inquiétudes

Malgré cette batterie d’outils, des responsables du PEV sont conscients de ce que la tâche ne sera pas aisée pour leurs équipes déployées sur le terrain pour atteindre ses objectifs. Surtout dans les villes de Yaoundé et Douala. « C’est difficile. Les fakes news sur les réseaux sociaux ne nous ont pas aidé. Nous nous sommes pris un peu tard sur certains aspects », reconnait l’un d’eux. Néanmoins, « Nous allons essayer de rattraper ce qui peut l’être », dit-il. Déterminé.

En fait, « Si on veut avoir un impact rapide sur la mortalité et la morbidité, il faut avoir une couverture vaccinale d’au moins 3% très rapidement. Jusqu’à présent, le bénéfice de la vaccination ne profite qu’à ceux qui sont vaccinés. Pour que cela commence à avoir un effet sur la libération des services de santé ou sur l’économie, il faut au moins monter à 3%», explique le Dr Tchokfe Shalom Ndoula, SP du PEV.

Par ailleurs, les autorités sanitaires camerounaises espèrent accélérer le rythme de la vaccination et atteindre 5000 personnes vaccinées par jour. L’ambition est de vacciner 5 millions de camerounais d’ici la fin de l’année. « Nous voulons encourager nos compatriotes à vaincre la peur, à s’éloigner des suspicions, des idées préconçues qui sont véhiculées ici et là contre le vaccin », dixit René Emmanuel Sadi, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement. Selon les derniers chiffres officiels, le virus mortel a déjà affecté 81 mille 318 personnes (contre 80 mille 953 le 30 juin dernier) et tué 1339 camerounais (contre 1325 il y’a une semaine).

A noter que le vaccin covid-19 est contre-indiqué en cas d’allergie connue à l’un des constituants du vacciné et de maladie fébrile grave. Le vaccin covid-19 n’est pas encore recommandé chez les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 18 ans. Les effets secondaires les plus courants sont les maux de tête, la fatigue, les douleurs musculaires, les vertiges, la somnolence, les douleurs abdominales, une perte d’appétit, le rhume, la faiblesse musculaire, l’anxiété, les difficultés respiratoires, la rougeur et douleur au point d’injection, l’évanouissement, les démangeaisons et vomissements.

20,829FansLike
2,684FollowersFollow
2,507FollowersFollow
16,700SubscribersSubscribe
- Advertisement -

Recent Posts