C’est l’histoire d’un commerçant très populaire au « petit marché » de la ville de Ngaoundéré décédé lundi dernier de Coronavirus. Le premier décès lié au virus mortel dans cette ville, plus de deux mois après la survenue de la pandémie dans cette partie du pays. Il était âgé de 54 ans et souffrait aussi d’asthme. « Sa maladie a commencé comme une fièvre et il m’avait dit qu’il ne se sentait pas bien, il avait l’impression qu’il avait le palu (Paludisme: Ndlr). Plus tard, il me confiera qu’il a mal à la poitrine et qu’il ne respirait pas bien. Il faut souligner qu’il était d’abord asthmatique », précise dans les colonnes du journal L’œil du Sahel, Aboubakar Garga, chef du quartier par intérim à Bali, par ailleurs ami du défunt.

Il sera plus tard d’abord hospitalisé pendant trois jours, dans une clinique de la ville. Le diagnostic d’après son ami, indiquera qu’il avait une infection pulmonaire. Par la suite, ce commerçant décédera de se rendre à l’hôpital régional où il sera interné dans une chambre, en attendant le test du Covid-19. Lequel se révélera positif quatre jours après son arrivée.  Les responsables en charge de la gestion du Covid-19 à Ngaoundéré décident alors de le confiner à domicile.

Il y passera sept jours de confinement dans sa maison. Malheureusement, son état s’est dégradé et aux premières heures de lundi, la nouvelle de son décès à l’hôpital régional de Ngaoundéré tombera comme un couperet. « Selon le témoignage que j’ai eu de sa femme, dès qu’on l’a ramené à l’hôpital régional samedi, à peine il a avalé le comprimé qu’on lui a donné, son cas s’est aggravé », précise Aboubakar Garga.

L’hôpital régional au banc des accusés

Selon certaines indiscrétions, les conditions d’hospitalisation de ce grand commerçant aurait anticipé sa mort. « Pour quelqu’un qui était asthmatique et souffrant du Covid-19, le lieu où il a été confiné à l’hôpital régional n’était pas adéquat pour lui. Je puis vous dire que dans cette pièce, il n’y a aucune ouverture et il fait très froid », confie un personnel soignant de cette formation sanitaire publique.

Au niveau de la direction de cette Fosa, l’un des responsables contactés par nos soins reconnait que « l’asthme est un facteur de comorbidité qui a précipité le mort de ce monsieur ». Plus grave, l’hôpital ne dispose ni d’un service de pneumologie, ni d’un pneumologue. « Où est-ce qu’on devait garder ce malade ? », s’interroge ce dernier. Dépité. En plus, « Ce qu’il faudrait également savoir c’est que ce patient est arrivé dans notre formation sanitaire un peu tard tout simplement parce qu’il s’était d’abord rendu dans une clinique de la place, et c’est lorsque sa situation s’est aggravée qu’on l’a conduit à l’hôpital central », se défend le Dr Yaou Alhadji Zakari, délégué régional de la santé publique pour l’Adamaoua.

Et ce dernier de poursuivre : « Au départ on ne savait pas qu’il était atteint du Covid-19. C’est après le résultat de son prélèvement qu’on a confirmé son cas. On a fait ce qu’on pouvait, malheureusement il est décédé ». En rappel, la région de l’Adamaoua compte au 25 juin 2020, 83 cas confirmés, quatre personnels de santé infectés et deux décès. Le 2e survenue dans la nuit du 24 juin est aussi un commerçant.

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