(Lurgentiste.com) – Le VIH/Sida reste une maladie des femmes au Cameroun. Selon les chiffres de 2021 du Comité national de lutte contre le Sida (CNLS), le taux de prévalence chez elles est toujours plus élevé, comparé à celui des hommes. En effet, sur les 496 mille 506 personnes vivant avec le VIH (Pvvih) au Cameroun, 329 mille sont des femmes (4,03%), contre 167 mille hommes seulement (1,89%). En d’autres termes, trois cas d’infection au VIH sur quatre concernent les femmes.

Pour l’année 2021, le Cameroun a déjà enregistré 15 mille 038 nouvelles infections. La palme d’or est détenue par les femmes avec 9766 cas, contre 5272 hommes. Même son de cloche au niveau des décès enregistrés. 7545 femmes sont ainsi décédées du VIH, contre 6595 décès chez les hommes. Soit un total de 14 140 morts. Environ trois femmes sur 100 qui sont enceintes sont séropositives et le taux de transmission de la mère à l’enfant est d’environ 4,3%.

Vulnérabilités… sociologiques

Une situation qui se justifie par plusieurs facteurs. D’abord, « biologiquement, elles sont un réceptacle et le virus a plus de chance de trouver le passage », explique le Dr Billong Serge Clotaire, Secrétaire permanent adjoint (SPA) du CNLS. D’autre part, « les femmes présentent plus de vulnérabilités sociologiques (pauvreté, travail du sexe », poursuit-il.

Au Cameroun, le taux de prévalence du VIH/Sida est de 2,9%, selon les estimations de 2021 du CNLS. Parti de 4,3% en 2011, à 2,7% en 2018 (EDS 2018) en passant par 3, 4% et 2019, la courbe de prévalence du pays suit une tendance baissière au moment où se célèbre la 34e journée mondiale de lutte contre le VIH-SIDA.

Au niveau régional, le Sud fait office de région la plus touchée par le VIH avec une prévalence affichée de 5,8 %. Arrive ensuite la région de l’Est avec une prévalence de 5,6%; l’Adamaoua (4,1%); le Nord-Ouest (4%); le Centre (3,5%), le Sud-Ouest (3,2%); le Littoral (2,4%). Le Nord, l’Ouest et et l’Extrême-Nord occupent les dernières places de ce classement régional, avec respectivement 1,7%, 1,6% et 1,1%.

Cap sur l’objectif 95-95-95

A ce jour, 374 mille 483 personnes sont sous Antirétroviraux (ARV) au Cameroun. Mais « Nous devons être capables en Afrique d’atteindre notre autosuffisance en termes de production locale des antirétroviraux et des médicaments », plaide Chantal Biya, Présidente de l’ONG Synergies Africaines contre le Sida et les souffrances dans son message à l’occasion de cette journée. Après 41 ans de lutte,

« la marche vers l’éradication du Sida en tant que menace de santé publique d’ici 2030 est encore longue », a martelé Chantal Biya. En effet, malgré de nombreuses initiatives qui ont permis de réduire « très considérablement l’impact de la maladie au sein de la population, le pays reste toujours dans une situation d’épidémie mixte », ajoute Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique (Minsanté).

Aussi, le Cameroun n’a pas atteint les objectifs 90–90–90. Ceux-ci prévoyaient qu’en 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaîtraient leur état sérologique, que 90 % de ces personnes seraient sous traitement, mais aussi que 90 % des personnes sous traitement présenteraient une charge virale indétectable. Le cap est désormais tourné par l’atteinte des objectifs mondiaux des trois 95 par le Cameroun, fixé en 2030. Selon le Dr Billong, c’est l’une des priorités du CNLS. « La marche vers l’éradication du Sida en tant que menace de santé publique d’ici 2030 est encore longue », reconnait Chantal Biya.

Selon le Plan Stratégique national (PSN) 2021-2023 adopté en septembre dernier, le Cameroun veut d’ici 2023, réduire de 60 % les nouvelles infections, de 70 % la mortalité liée au VIH, améliorer de 50 % la qualité de vie des personnes infectées et/ou affectées par le VIH et augmenter de 50 % la qualité de la gouvernance de la réponse nationale.

Nouvelles orientations

A cet effet, le ministre de la Santé a fixé de nouvelles orientations dans le cadre des interventions prioritaires à mener sur le terrain de la riposte. Il s’agit notamment de l’augmentation de la couverture en antirétroviraux chez les enfants, les jeunes et les adolescents ; de la promotion de l’Auto dépistage comme stratégie complémentaire visant à accroître les connaissances sérologiques du VIH ; de la réduction de l’incidence de l’infection à VIH chez la jeune fille dont l’âge est compris entre 15 et 24 ans.

L’accent sur le dépistage des enfants et de leur soutien psychologique ne sont pas en reste. « Nous devons intensifier nos efforts de sensibilisation et d’éducation de notre jeunesse », prescrit Chantal Biya, ambassadrice spéciale de l’Onusida. En 2019, le Minsanté a signé une décision rendant tous les services liés au Vih/Sida gratuits. Ainsi, les tests, les ARV et les réalisations de la charge virale sont gratuits. « La clé de la réussite repose désormais sur notre capacité à agir ensemble, dans une approche multisectorielle », soutient Manaouda Malachie. A noter que la 34e édition de la journée mondiale de lutte contre le Sida s’est célébrée le 1er décembre dernier sous le thème : « Mettre fin aux inégalités. Mettre fin au Sida. Mettre fin aux pandémies ».

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