Huit cliniques des villes de Yaoundé, Douala et Bafoussam d’ores et déjà sélectionnées.

Au Cameroun, les capacités d’accueil des formations sanitaires publiques ne répondent plus à la demande sans cesse croissante des patients souffrants de Coronavirus. Les 1394 lits disposés dans les centres de traitement agréés des 10 régions du Cameroun sont tous occupés par les malades. Le taux d’occupation affiche d’ailleurs 100%, selon le rapport de situation de la riposte du 25 mai 2020. Face à ces aptitudes dépassées des Fosa publiques, les autorités sanitaires envisagent d’impliquer le sous secteur privé dans cette prise en charge des patients.

Surtout rendu à cette phase de contamination communautaire de la pandémie, avec une explosion des contaminations et les faibles capacités d’accueil du public. « Il est impératif que le sous-secteur privé soit impliqué dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19 », soutient une source médicale. Voilà pourquoi huit Fosa privées ont été retenues. Soit 5 à Douala, 2 à Yaoundé et une à Bafoussam. « Nous sommes encore en négociations avec elles et l’information sera rendue publique en temps opportun. Mais il fallait se rassurer qu’elles remplissent les critères », indique notre source proche du dossier.

Ce que prévoit l’Etat

En fait, lesdits critères de sélection se sont faits sur la base du plateau technique, du nombre de place, du matériel de réanimation, du profil du personnel soignant et des capacités d’accueil. Coté gouvernement, notre source explique que l’Etat se chargera de mettre à la disposition de ces cliniques privées les médicaments, l’oxygène et les équipements pour le personnel soignant.  Le patient lui, aura à sa charge les frais d’hospitalisation.

De sources crédibles, une réunion s’est tenue le 26 mai dernier au ministère de la Santé publique, entre les ordres professionnels (ONMC), les syndicats des médecins (Symec, Synamec et MedCamer) et certains responsables de l’administration centrale. Notamment le Dr Zoa Nanga, Inspecteur général des services médicaux et paramédicaux et le Dr Etoundi Mballa, Coordonnateur du Cousp. Au centre des échanges (outre les conclusions du rapport d’enquête sur la clinique Marie O), cette nécessité d’impliquer les cliniques privées.

Controverse

Au sein du corps médical, la question fait débat. Pour certains, c’est un coup d’épée dans l’eau, au regard des contaminations à venir. En effet, les implications prévues sur 52 semaines de la transmission communautaire généralisée dû au Coronavirus par pays dans la région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne sont guère  reluisantes.

C’est du moins ce que soutient un rapport de la BMJ Global Health qui traite des effets potentiels d’une transmission communautaire à l’infection dans la région Afrique de l’OMS. Selon donc le document de 13 pages, le nombre total estimé des infections au Cameroun se situe à 8 millions 640 mille 261. Le nombre d’infections bénignes sera de 687 117, tandis que celles sévères seront de 4791 et 2990 celles des infections critiques, pour un total de décès 5074 décès. et donc, « Ça ne sert à rien d’impliquer ce sous-secteur. Il faut plutôt décentraliser cette riposte vers les districts de santé », soutient un médecin de santé publique.

Aussi, le conflit d’intérêt est grand entre ces cliniques privées dont les promoteurs travaillent tout aussi dans le public. D’autres proposent l’instauration d’une convention entre ces Fosa privée et le gouvernement. Aussi, « il faut isoler le secteur Covid des autres bâtiments dédiés à la prise en charge des autres pathologies », plaide un médecin.

Quoi qu’il en soit, le Cameroun occupe le premier rang en Afrique Centrale en termes de cas et de décès. Bien plus, il est classé parmi les pays où la transmission et la croissance de la courbe sont les plus importantes, 7è pays en Afrique en terme de décès. Hier 27 mai, la situation épidémiologique faisait état de 5436 cas confirmés, 177 décès, 2860 cas actifs et 1997 guérisons.

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