Manaouda Malachie: "Ne l'oubliez jamais: La vaccination sauve des vies"

Dans une lettre adressée au Président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), il invite plutôt les évêques à accompagner le gouvernement « comme par le passé » dans la sensibilisation des parents et communautés à propos de ce vaccin.

Manaouda Malachie fait les yeux doux à la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC). Dans la polémique actuelle de l’administration du vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans les écoles le 23 novembre prochain et au sujet de laquelle l’église catholique a publiquement exprimé « des doutes » et demandé « une profonde réflexion aussi bien scientifique qu’éthique », le ministre de la Santé publique (Minsanté) se veut conciliant. Conscient de la place d’acteur influent que représente l’église catholique dans les systèmes de santé et d’éducation du pays à travers son vaste réseau d’établissements scolaires et formations sanitaires, ce dernier manœuvre pour convaincre la CENC de soutenir le gouvernement dans ce processus.

Dans une lettre adressée à Mgr Abraham Kome, président de la CENC, Manaouda Malachie l’invite plutôt à accompagner « comme par le passé », ce processus à travers la sensibilisation des parents et communautés au regard de la polémique en cours. Ceci, non sans rappeler à ce dernier que ce vaccin n’est pas nouveau au Cameroun. En effet, entre 2010 et 2012, il a été administré « avec succès à 6800 jeunes filles » et continue d’être offert. Ceci, dans le cadre du Cameroon Baptist Convention Health Services Gardasil Project, dans la région du Nord-Ouest.

L’autorité tutélaire de la Santé au Cameroun explique aussi qu’une phase de démonstration a été conduite entre 2014 et 2016 au cours de laquelle 14 365 jeunes filles ont été vaccinées. « Aucune manifestation secondaire ne nous a été signalée à ce jour », précise Manaouda Malachie. Par ailleurs, « les jeunes filles vaccinées peuvent être retrouvées à Edea et Foumban ou d’ailleurs certaines ont eu le bonheur d’enfanter », se veut rassurant le ministre, tentant par ricochet de battre en brèche l’argument de la stérilité avancés par les anti-vaccins.

Arguments scientifiques « absents »

Cette sortie du Minsanté, trois jours après celle de la CENC sera-t-elle suffisante pour convaincre les évêques et dissiper leurs doutes ? Pas en ce qui concerne le diocèse d’Obala selon nos sources crédibles. « Notre position n’a pas changé », confirme-t-on au vicariat général. C’est que, la lettre du Minsanté est « vide d’arguments scientifiques, tout celle de l’Ordre des médecins », argue un prêtre. A ses yeux comme à ceux des autres prêtres interrogés, au-delà des autres raisons « scientifiques et éthiques », il pense que « C’est une affaire de business. Ça saute aux yeux ». Aussi, « Le diocèse d’Obala n’est pas le premier à mettre en garde la population contre ce vaccin ». Du côté du Programme élargi de vaccination (PEV), la réserve est de mise.

En tout cas, les évêques dénoncent un vaccin à l’origine de « manière très récurrente », des « angoisses et les récriminations de nos populations ». Voilà ce qui justifie en partie son interdiction dans les diocèses d’Obala et de Nkongsamba. En rappel, après son interdiction dans ces deux diocèses, la CENC a reçu une délégation du Minsanté pour un moment d’échanges sur ce projet d’introduction dudit vaccin chez les jeunes filles de 9 ans. Les autorités sanitaires et l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) militent pour l’administration de ce dernier. Ce d’autant plus qu’au moins 40% des femmes sont susceptibles d’être atteintes par cette ce 2e cancer féminin au Cameroun et qu’environ 2500 cas sont enregistrés par an, avec près de 95% de décès.

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