Plusieurs solutions à base de plantes ont vu le jour depuis le début de cette pandémie au Cameroun en mars 2020. Les cas des personnes ayant eu recours aux solutions endogènes pour se soigner du Covid-19 et affirmant par la suite ayant recouvré la guérison sont légion. Or ces solutions bien qu’ayant la côte auprès des populations, ont été ignorées, mal aimées. Une frange du corps médical affirme qu’elles sont à l’origine de plusieurs complications et décès. En effet, d’après un membre du Csusp, plus de la moitié des décès suite au covid-19 sont liés aux complications pour inefficacité des thérapies endogènes nationales.

« A ceux qui ne font pas attention aux mesures de protection anti Covid sous prétexte que nous avons des solutions endogènes efficaces ou que les médicaments anti Covid sont connus : plus de la moitié des personnes décédées au Cameroun ont reçu au moins deux types de traitements (je m’abstiens de les citer pour éviter les polémiques stériles) », a affirmé ce dernier le 14 mars 2021. Pour lui, ces patients ayant « reçu les traitements miracles sont quand même morts », tout comme « ceux qui ont quitté in extremis les centres de soins miracles pour décéder moins de 6 heures après admission dans un hôpital ».

Un avis que ne partage pas totalement l’autorité tutélaire de la santé au Cameroun. « Depuis mars 2020, nous avons tous ensemble contribué à maitriser la pandémie. L’apport de la médecine traditionnelle a été important. C’est une contribution significative. C’est important que nous reconnaissions tous les efforts qui sont fait par ci, par-là», a déclaré Manaouda Malachie. C’était le 18 mars dernier à Yaoundé, au cours d’une rencontre à huis clos entre les promoteurs de la médecine traditionnelle et les responsables du ministère de la Santé publique. Désormais, « Il va falloir, lorsque nous avons un produit, que nous testons tout au moins l’innocuité du produit », plaide l’élite de Mokolo, membre du parti au pouvoir, non sans nier qu’il consomme ces solutions endogènes.

Sauf que « Jusque-là, nous consommons en nous faisant simplement confiance parce que nous ne savons pas si ça aura des effets secondaires à long et à moyen terme. Or il y a ceux qui ne nous font pas confiance. Et donc, il est bon dans cette démarche là que nous ayons tout au moins un avis d’un expert qui peut dire c’est consommable, sans effets secondaires », poursuit Manaouda Maladie.

A l’issue de cette réunion, il a été entre autres recommandé l’autorisation de l’admission dans les formations sanitaires sous leur forme première, des recettes et médicaments de la médecine traditionnelle à la demande du patient, la mise à disposition de Lanacome d’une subvention permettant l’analyse de tous les traitements traditionnels présumés efficaces. En rappel, dans son discours à la nation le 19 mai 2020, le chef de l’Etat Paul Biya, avait demandé d’explorer les solutions endogènes dans la riposte. « J’encourage également tous les efforts visant à mettre au point un traitement endogène du Covid-19. Consacrons toutes nos énergies à la lutte de cet ennemie commun », préconisait le Président de la République.

René Sadi: « Il nous semble plus qu’urgent et impérieux d’en appeler au sens de responsabilité de nos concitoyens »

Communication. Brouillard sur les ondes

Au Cameroun, difficile pour l’heure, de dire quelle est la stratégie de Communication qui accompagne les mesures restrictives de riposte du gouvernement depuis le début de cette 2e phase. Il y a quelques semaines, l’on a vu le ministre de la Santé publique sur tous les fronts: Interviews, tweets et passage dans des émissions. En dehors de ces actions isolées, le constat fait état de ce qu’aucune campagne de communication Oudoor (affichage, banderole) n’a été mise en œuvre, ni de sensibilisation, dans le but de faire adhérer les camerounais à cette guerre commune. Par ailleurs, les populations n’ont plus droit aux points de presse (d’abord quotidien puis devenus hebdomadaire) depuis quelques temps.

Or, « Seule la pro-activité nous sauvera. Cette pro-activité doit être le fil rouge de toutes les actions», indique Jean Paul Tchomdou, expert en Communication. De l’avis de celui qui est par ailleurs Président de l’Association Camerounaise des Professionnels du Marketing et de la Communication (ACPMC), il urge de déterminer comment communiquer efficacement pour faire adhérer les camerounais à la riposte nationale. Il faut notamment, fournir aux animateurs des matinales et autres émissions télés et radios, des « abcédaires » ou petits guides sur le Corona virus ainsi que les messages-clés à diffuser; produire des « story-telling »/reportages sur le personnel médical qui se sacrifie pour les autres; concevoir une identité visuelle et sonore sur la pandémie et la distribuer dans tous les médias audio-visuels ainsi qu’à la presse écrite; mobiliser et utiliser les relais et leaders d’opinions pour amplifier les messages et faire instituer dans tous les médias audiovisuels un « Flash Corona Virus » toutes les heures ou deux heures, liste ce professionnel de la Communication.

 

Et ce n’est pas tout. Il préconise de concevoir des animatiques pour la télévision, sur les gestes ou comportements à adopter, avec des déclinaisons en radio et presse écrite et être fortement diffusées dans les médias sociaux ; concevoir et animer un site Internet ainsi qu’une application Corona Virus Cameroun pour donner toutes les informations liées à la gestion de la maladie et répondre aux questions ou préoccupations des populations et susciter et encourager sur les réseaux sociaux les challenges #jeluttecontrelecoronavirus (par exemple ou #stopcoranaviruscameroon).

« La lutte contre le Corona virus est l’affaire de tous. L’Etat seul, ne pourra gagner le combat. Il est donc urgent et capital que chaque camerounais apporte sa contribution. Cela peut commencer par la mise de son expertise au service de tous, par l’adoption du comportement qui sauve et la diffusion autour de nous des bonnes pratiques à adopter », indique Jean Paul Tchomdou. Surtout, « Soyons prudents, évitons les rassemblements inutiles et mettons le masque », prescrit le Pr Eugène Sobngwi, directeur médical à l’hôpital Central.

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