13 à 15% de la population adulte souffre de la migraine.

Une douleur particulière qui enserre la moitié du crane. Carine la connait un peu trop bien. « Je ne sais pas si je fais deux semaines sans avoir la migraine », confie la jeune maman de 28 ans. Estelle, cadre d’administration, avoue-t-elle aussi en souffrir « souvent. Elles durent 4 à 5 jours ». Elles confirment ainsi et à la lumière du petit sondage effectué sur une tranche de personnes de 25-38 ans des régions du Centre et du Sud, que la migraine, forme de mal de tête plus intense et plus douloureuse, voire handicapante, concerne les femmes dans trois cas sur quatre. Mais seulement, « Dans notre contexte, tout le monde dit j’ai mal à la tête. Quand on a mal à la tête, ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et surtout quand ces douleurs reviennent de manière fréquentes », a expliqué au cours d’une émission sur la Radio France Internationale (RFI), le Dr Benjamin Tchaleu, neurologue.

Maladie devenue fréquente, 13% à 15% de la population adulte en souffre. « Je les ai eu lors de mes maternités. Les enfants ne faisaient pas leur nuit et ils pleuraient beaucoup à cause des coliques ». A l’évidence, chacun à un moment donné de sa vie en souffre pour différentes raisons. « Lorsqu’il y a la pression au bureau, et que la pression est à son pic, j’ai également des migraines », explique Davine. A sa suite, Rolande, chef d’entreprise, dit aussi en avoir eu au moment où elle suivait une formation qui nécessitait une grande capacité de concentration. « En fait, la douleur est plus concentrée sur mes tempes à un seul endroit. Parfois, ça commence comme un petit choc électrique et m’inconforte assez. Lorsque ça perdure, mes yeux deviennent larmoyants », détaille Davine.

Cependant, même si ces douleurs gênent parfois leur vie quotidienne, très peu se font consulter. «Je n’ai jamais consulté surtout que je ne savais pas que c’était grave. J’appelais juste ça maux de tête. C’est une amie qui m’a dit que ce n’est pas normal d’en avoir pendant trop de temps et m’a conseillé de consulter. Ce que je n’ai pas encore fait. Surtout que je n’en ai plus vraiment. Ça vient rarement et préfère ne rien prendre. Ça passe seul », explique Estelle.

Automédication comme solution

Un avis qui confirme le fait que « La plupart des patients ne viennent pas directement à l’hôpital. Ils viennent le plus souvent lorsqu’ils ont pris tellement de médicaments et que ça ne marche pas finalement », tel que l’indique notre neurologue. Pourtant, « la migraine peut indirectement entrainer la mort », prévient le Dr Gams Massi Daniel, neurologue à l’hôpital général de Douala. En réalité, les personnes souffrant de migraine optent pour la plupart, pour l’automédication. « Le paracétamol me soulageait au départ mais ce n’est plus le cas. J’ai donc dû opter pour le doliprane en sachet ou l’ail », indique Carine. Oriane, enseignante, confie elle, ne prendre qu’un calmant. De temps en temps qu’elle se procure en pharmacie.

Astuces thérapeutiques

En réalité, chacun y va de sa petite méthode pour soulager ses migraines. « Je ne prends jamais rien quand j’ai mal à la tête. J’essaie juste de comprendre ce qui crée le mal. Si c’est organique, je dors. Si c’est lié à une situation extérieure, je réfléchis aux solutions qui vont m’aider à évacuer le stress et apparemment ça marche », fait savoir notre chef d’entreprise. « On m’a conseillé de faire une infusion de feuilles de corossolier mais je ne l’ai jamais fait. Je dors beaucoup. Après un bon bain tiède et ça passe progressivement », se satisfait Davine.

Carine, un peu lasse des médicaments, a jeté son dévolu sur « une poudre faite à base de je ne sais quoi qui me soulage aussi en une minute. On aspire juste un peu et ça pique ». Non sans préciser qu’elle a eu recours à un médecin généraliste en consultation. Celle-ci s’est soldée par une batterie d’examens sur le paludisme, la typhoïde et bien d’autres. Davine elle, « a fait un check up et le médecin m’a dit de dormir un peu plus et de manger plus de fruits et légumes. Donc visiblement, mes migraines sont liées à un manque de sommeil. Comme je connais la cause, je me ménage ».

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