1605 personnels de santé sont infectés par le Covid-19 depuis mars 2020. 31 de ces soldats en première dans la lutte contre le virus mortel y ont laissé la vie. Le chapelet des plaintes égrené par ceux impliqués dans la lutte contre le Coronavirus est presque sans fin. Non-paiement des primes depuis 7 mois pour certains et 3 mois pour d’autres, non-paiement des salaires depuis novembre 2020 (Pour le Centre de Orca notamment), plus de repas, frustration, démotivation et burn-out sont quelques-unes de ces misères.

En effet, « Les ressources humaines qui contribuent réellement aux premiers plans pour lutter contre cette pandémie n’ont pas de rétribution qu’elles attendent : salaires et primes impayés, pas de protection physique assurée, etc. Tout ceci va induire une perte de motivation », prévient une source à l’administration centrale. Ce d’autant plus que « Leur rétribution n’est pas équitable au regard de leur contribution qui induit même qu’ils s’exposent aux maladies professionnelles telles que le stress, le burn-out », poursuit celle-ci.

En réalité, ces personnels cumulent « entre 5 et 7 mois d’arriérés soit de salaire, soit de primes », confirme Sylvain Nga Onana, président du Syndicat Cap/Santé. Selon nos informations, il s’agit de Yassa, l’hôpital Laquintinie, celui général de Douala, Jamot, Central de Yaoundé, le Centre Orca et « tous les autres centres de prises en charge disséminés dans le pays ». A Yassa et Laquintinie par exemple, les primes de ces médecins en cours d’intégration (ECI) n’ont pas été payées depuis 7 mois. « Ça devient intenable », dit l’un d’eux. Dépité.

Ce d’autant plus qu’ils subissent des menaces d’affectations disciplinaire dans les coins les plus enclavés du pays, en cas de grève. Ce sont entre 30 et 35 médecins qui sont concernés. Avec les infirmières, personnels d’hygiène, vigiles, ce sont entre 100 et 150 personnes. « Le premier mois, nous avons reçu 150 000 Fcfa. Le 2e, 75 000 Fcfa et depuis 7 mois, plus rien », confie ce dernier. « Nous avons des médecins qui travaillent encore sans salaire après trois ans de la fin de leur formation. Bénéficier des avancements, des primes et quote-part relève d’un parcours de combattant. Tout ceci épuise les personnels qui n’ont plus l’énergie pour se consacrer entièrement à leur travail », regrette un spécialiste des ressources humaines.

Plus grave, « Nous sommes sous pression. 1 médecin et 2 infirmières pour 40 patients, vu qu’il y a 6 médecins par jour pour une capacité de 200 lits. Si tu veux te plaindre, on te dit que si tu n’es pas content tu démissionnes. Il n’y a pas les tests pour le personnel. En cas de symptômes, vous devez aller vous faire tester à l’extérieur. Pour les femmes, si tu tombes enceinte, on te renvoie », énumère l’un de ces jeunes médecins en service à Orca.

Selon lui, ce personnel en première ligne de la riposte cumule 5 mois sans prime. Laquelle gratification dépend soit de l’indice, soit de la catégorie professionnelle et peut varier de 5000F par jour à 25 000F pour les hauts responsables et selon les programmes de travail, d’après les explications d’une source médicale. « Il faut que leurs droits soient rétablis ; Qu’on leur restitue ce qu’on leur doit », prescrit notre source.

A ce propos, « Nous avons eu une réunion au Minsanté jeudi dernier et avons posé le problème. Jusqu’à cette date, ces personnels n’avaient encore rien reçu », informe Sylvain Nga Onana. D’après nos informations, le personnel de Orca a reçu deux mois de salaire après dénonciation, la semaine dernière. Promesse a été faite de régler le reste sous peu. « Je connais très bien les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19 et des autres missions qui sont dévolues à notre département ministériel », déclarait Manaouda Malachie, le 28 janvier 2021 à Yaoundé.

En tout cas, une conférence de presse a lieu ce jour au siège de l’Ordre des médecins du Cameroun. Celle qui va réunir les ordres professionnels et les syndicats a pour objet, riposte contre le Covid-19 : contaminations et décès du personnel soignant au front.

 

Le vaccin ne sera pas obligatoire

Vaccin. La difficile équation de la marque idéale

Alors que plusieurs pays d’Afrique poursuivent leur campagne de vaccination contre le Covid-19 et que d’autres l’ont achevé, la question du vaccin idéal pour le Cameroun taraude les esprits et peine à être résolue. En effet, à ce jour, les officiels sanitaires camerounais n’ont toujours pas communiqué sur la marque du vaccin qui sera utilisé comme solution thérapeutique supplémentaire pour lutter contre le virus mortel à l’origine officiellement, de 721 décès déjà. « Il n’y a pas un seul vaccin qui ait été adopté », a réitéré Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique. Néanmoins, des sources proches du dossiers annoncent que les premières doses de deux marques arrivent au pays d’ici quelques jours. Mais l’opinion n’en sait pas plus.

Entre temps, dans son avis du 25 février 2021, le Conseil scientifique des urgences de santé publique (Csusp) a recommandé quatre vaccins au gouvernement. Il s’agit de Johnson and Johnson, Spoutnik-V, Sinovac et AstraZeneca. Lequel devait d’ailleurs être réceptionné le 20 mars 2021. Sauf que ce sérum du laboratoire anglo-suédois a été suspendu dans plusieurs pays européens par principe de précaution, pour cause d’effets secondaires indésirables graves sur des patients, survenus après son administration.

Certes, l’Agence européenne des médicaments (EMA) l’a jugé « sur et efficace » jeudi dernier et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rassure que les bénéfices du vaccin l’emportent sur les risques. Mais, la Haute autorité de santé «estime que la possibilité de lien entre le vaccin et des cas de coagulation intravasculaire disséminée (trouble de la coagulation) et de thrombose veineuse cérébrale (formation de caillots dans des veines du cerveau, NDLR) ne peut être écarté à ce jour».

Au Cameroun, sollicité pour avis, le Csusp « recommande un délai supplémentaire d’observation avant son utilisation éventuelle au Cameroun » et prescrit la prévention et le respect strict des mesures barrières comme médicament idéal à ce stade de l’épidémie. Entre temps, la Russian Direct Investment Fund a annoncé le 19 mars dernier, que le Cameroun a autorisé l’utilisation du  vaccin Spoutnik V sur l’étendue de son territoire, devenant ainsi le 53e pays à enregistrer ce sérum. Sauf que du côté des officiels de la santé, il n’en est rien.

A en croire une source proche du dossier, le pays, dans le cadre des urgences de santé publique, a juste procédé à une dérogation d’importation pour AstraZeneca (dont l’arrivée était prévue le 20 mars dernier) et les trois autres vaccins retenus par le Conseil scientifique dont Spoutnik V.  En d’autres termes, le Cameroun a entrepris d’acheter les 4 vaccins sus-évoqués, y compris celui russe. « Il reste attendu que le vaccin annoncé ne sera pas utilisé », avait déclaré le ministre de la Santé publique. Il faisait référence à AstraZeneca, après sa suspension.

Pour le moment, le PEV réitère que le plan de vaccination ne prévoit pas de vaccination de masse « mais une vaccination ciblée, volontaire et non obligatoire». A noter Plan national de déploiement et de vaccination a déjà été élaboré. Le document en question fixe les orientations dans les principales composantes que sont la vaccination, la logistique, la surveillance, la communication et le suivi et évaluation.

*Prochains articles :

Solutions endogènes. Enfin la reconnaissance?

Communication. Brouillard sur les ondes

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