Le médecin humaniste dont le l'assassinat avait ému la communauté médicale.

La justice congolaise a rendu près de 2 ans après, son verdict dans l’affaire de l’assassinat en 2019, du Dr Richard Valery Mouzoku Kiboung, un médecin camerounais engagé dans la lutte contre Ebola en RDC. Il faisait partie des centaines d’experts en maladies virales que de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait recrutés pour aider à enrayer l’épidémie d’Ebola en RDC et dirigeait une équipe d’intervention contre Ebola dans la ville de Butembo.

16 « fugitifs » dont un médecin, ont ainsi été « condamnés à la peine capitale » par contumace, d’après le verdict de la Cour Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu en RDC rendu lundi 8 mars 2021, rapporte l’AFP. Ceci, malgré le fait que la peine capitale n’est plus appliquée en République démocratique du Congo. Ils étaient poursuivis pour terrorisme et association des malfaiteurs.

Le Dr Jean-Paul Mundama Witende est l’un des principaux suspects dans cette affaire. Le prestataire de santé et professeur d’universités originaire de la République Démocratique du Congo a été reconnu coupable d’association des malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel et terrorisme par assassinat.

Mobile du crime

Le Dr Mouzoko avait été tué le 19 avril (environ quatre semaines après son arrivée), par balles dans une attaque d’hommes armés contre l’hôpital universitaire de Butembo où il présidait une réunion avec les membres de l’équipe de riposte contre Ebola. Il aurait été victime d’un plan monté par des médecins locaux pour « faire peur et faire fuir » leurs collègues étrangers, d’après un avocat-chercheur qui a suivi l’affaire, Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira joint par l’AFP.

En effet, la frustration est née de ce que les médecins locaux « gagnaient une prime de 20 dollars par jour, alors que les expatriés touchaient plus de 20.000 dollars par mois », selon l’avocat général Jean-Baptiste Kumbu cité dans l’enquête. Jaloux, le Dr Mundama et d’autres médecins se sont réunis en décembre 2018 et janvier 2019, à en croire les enquêteurs.

Ils ont alors envisagé de confier l’exécution de leur plan à des hommes de main. Le plan consistait alors à répéter des attaques pour fragiliser la riposte contre Ebola. Le mouvement qui au début n’était qu’une machination des médecins locaux s’est allié à des groupes armés.  Ces derniers accusant l’OMS et ses médecins d’avoir « créé » Ebola, pour s’enrichir sur le dos de la population locale. Raison pour laquelle ils ont multiplié les raids contre les centres de traitement et autres structures de la riposte l’épidémie.

Médecin humaniste

En tout cas, l’assassinat du Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung avait choqué et ému la communauté médicale nationale et internationale. Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait fait le déplacement à Bafia, au Cameroun, où il avait prononcé l’eulogie du médecin qui après une formation au pays, s’était envolé pour la Belgique. Il y avait étudié à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et y avait obtenu une maîtrise, un doctorat et poursuivi des études post-doctorales.

« Il était très préoccupé par les groupes de population vulnérables…. Il a toujours été désireux d’apprendre de nouvelles méthodes et de les appliquer dans la lutte contre les maladies qui sévissent sur son continent », témoignait le Dr Veerle Vanlerberghe, directeur de thèse du défunt à Anvers.

Il avait servi les communautés vulnérables (réfugiés, personnes déplacées à l’intérieur du pays et groupes nomades) et enquêté sur maintes maladies dont la fièvre jaune, la rougeole, la polio, la méningite, le tétanos néonatal et Ebola. Le Dr Richard Valery Mouzoko a mené de nombreuses campagnes de vaccination dans plusieurs pays. Enseignant engagé, le Dr Mouzoko dirigeait des formations pour des centaines de jeunes médecins et agents de santé. Multilingue, il parlait le français, l’anglais et plusieurs langues camerounaises dont le Haoussa, le Douala, l’Ewondo, le bassa, entre autres.

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