(Lurgentiste.com) – L’offensive de la Polyclinique Marie. O ne s’est pas faite attendre. Le 3 septembre 2021, le Dr Roger Ngoulla, Directeur général de cette structure hospitalière privée partenaire du Port Autonome de Douala (PAD) jusqu’au 30 août 2021, a adressé une lettre à Cyrus Ngo’o, Directeur général (DG) du PAD.
Dans cette correspondance, le Dr Roger Ngoulla s’insurge contre les accusations « de mauvaise qualité de service, cas de fraudes et surfacturations », contenues dans la note de service signé de Cyrus Ngo’o quelque jours plus tôt. « Le Dr Etoa Roger, médecin-chef, a effectué trois contrôles inopinés sans nous envoyer en retour, la notification d’un moindre reproche sur un éventuel manquement à ces obligations », rétorque le promoteur de cette Polyclinique. Pour lui, les allégations du PAD n’auraient aucun fondement.
La goutte d’eau
Tout serait parti des plaintes et dénonciations des assurés du PAD, informe une source interne à l’entreprise portuaire. « Plus de quatre personnels se sont plaint ces derniers mois de la qualité approximative de la prise en charge dans cette clinique, avec des factures exorbitantes », précise-t-on au Centre Médico-social (CMS) du PAD.  Mais, c’est deux cas qui mettent le feu aux poudres : « Ils (Policlinique Marie O: Ndlr) ont sorti une facture de 800 mille FCFA pour un paludisme après 3 jours d’hospitalisation de mon enfant. Plus tard, j’ai eu droit à une facture de 2 millions 700 mille FCFA en une semaine d’hospitalisation », confie le cadre du PAD bénéficiaire des deux factures à problème.
Contacté par l’urgentiste, le directeur général de la polyclinique conteste ces accusations. « Personne n’a vu cette facture. C’est impossible de soigner un paludisme à 800 mille FCFA. C’est maximum 300 mille FCFA », se défend le promoteur de la clinique. Ce dernier insiste que la tarification appliquée dans sa clinique est encadrée par l’accord-cadre liant les deux structures depuis 2019. D’ailleurs, à sa sortie d’hôpital, le malade signe sa facture après vérification si tout est conforme. Bien plus, « Le médecin chef du Port a la possibilité de contrôler et de refuser de payer une facture qu’il juge élevée. Donc, il n’y a pas moyen de frauder ni de faire de la surfacturation », poursuit le gastro-entérologue.
Conspiration ?
Comment le PAD a-t-il constaté les cas de surfacturation et de fraudes ? A cette question, le Dr Roger Etoa, médecin-chef du CMS du PAD explique qu’à la date du 16 juillet 2021, les médecins du CMS ont effectué un contrôle à la Polyclinique Marie. O. Ils ont constaté « plusieurs irrégularités entre certaines factures de soins et les éléments des dossiers des patients », fait savoir le médecin-chef. Ce rapport, venu « s’ajouter à d’autres plaintes des assurés bien archivées au CMS » a été adressé au DG du PAD. Cyrus Ngo’o « a donc pris une mesure conservatoire pour régler ce problème », précise le Dr Etoa, médecin du travail.
Pour le Dr Ngoulla qui dit avoir appris la suspension de sa clinique à travers les réseaux sociaux, cette démarche du médecin-chef du CMS du PAD n’est pas conforme. Car, le PAD n’a pas notifié à la clinique les manquements relevés lors de la mission de contrôle. Le Dr Roger Etoa qui reconnaît cet état de chose, relativise tout de même. «Des observations et avertissements verbaux ont été régulièrement émis à la clinique pendant les échanges avec les représentants cette année et bien avant. Il est surtout récidiviste », se défend-il.
Mais de l’avis de Roger Ngoulla, le problème est ailleurs. Le patron de la Polyclinique Marie. O soupçonne le médecin chef du CMS du PAD d’être à l’origine de ses malheurs pour avoir refusé de se « plier à certaines pratiques » de son confrère du PAD. Ce n’est pas tout. Le Dr Roger Ngoulla soupçonne le Dr Roger Etoa de lui faire payer le fait d’avoir dénoncé les retards « dans le traitement des factures » des officines agréées au PAD. « Toutes structures médicales, les laboratoires, les centres de radiologie sont asphyxiés du fait de la rétention non justifiée des factures par le centre médico-social », charge-t-il dans sa lettre du 3 septembre.
Commission d’enquêtes
Face à cet imbroglio, le Directeur de la polyclinique Marie. O demande la mise sur pied d’une commission d’enquête intégrant des représentants de l’Ordre national des médecins (Onmc) et du Syndicat national des médecins du Cameroun (Synamec). Cette commission permettra de faire la contre-expertise des factures querellées, faisant ainsi la lumière sur les accusations qui pèsent contre sa formation sanitaire et qui « portent atteinte à l’honneur » de son promoteur. L’affaire est dont loin d’avoir livré tous ses secrets.

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